cochon_21Source : http://www.les-identitaires.com

Tribune libre de Daniel Chardon paru dans le Libre Journal (N° 375 du 5 AVRIL 2006)

Panique chez les commerçants. Les plus inquiets sont les charcutiers. Voilà des gens qui font effrontément profession de discrimination : ne vendant que du porc, ils excluent de fait de leur clientèle, et de leur personnel, juifs et musulmans. Les établissements publics (écoles, cantines, hôpitaux…) ont été invités - il y a longtemps déjà - à observer à leur encontre un strict embargo. Les charcutiers, tétanisés par l’implacable fatoua (”Cachère ce saindoux que je ne saurais voir”) sont acculés à la reconversion (c’est le mot…). Les bouchers aussi. Les animaux qu’ils débitent, n’ayant pas connu l’agonie lente et douloureuse de regorgement, sont impurs aux yeux, à l’estomac, et au gros côlon de ceux qui - surmontant leur répulsion - daignent vivre parmi nous. Ou du moins à côté. En fait l’ensemble de notre société pressent sa nécessaire transformation : il va bien falloir ajuster notre façon de vivre à la diversité polymorphe, polychrome, et politiquement correcte, qui donne à notre pays un nouvel élan…

Si nos plats traditionnels “heurtent la sensibilité” de certains, nous devons manger autrement. Boire aussi. Le vin, que nous croyons indispensable avec le fromage, peut être remplacé par du Coca… Pour les repas de fête, nous sabrerons la limonade. Certains se rebiffent. L’association S.D.F. (Solidarité des Français) distribue aux sans-abri de Paris, Nice, Strasbourg et Nantes une copieuse soupe aux légumes rehaussée de cochon. En d’autres temps, cette initiative charitable et citoyenne eût été reconnue d’utilité publique, et bien sûr subventionnée. Seulement voilà ! Ce genre de nourriture est typiquement européen de souche. Elle ne peut pas accueillir tous les tabous du monde ; et les végétarians, par exemple - sont libres de rester sur leur faim.

Avec cette soupe, l’expression “plat de résistance” trouve tout son sens… L’écume aux lèvres, les policiers de la pensée trépignent dans leurs fauteuils : “II faut… il faut… leur casser la gueule… Discrimination… Racisme… ça va leur coûter cher et nous rapporter gros… partie civile, vite ! ” L’administration voudrait bien, mais elle est embarrassée : les distributions de porc ne sont pas plus illégales que les foires au vin. Tel préfet qui interdit un jour cette soupe populaire, l’ignore le lendemain. Il est désemparé ; il voudrait une loi liberticide ad hoc (une de plus ou de moins…). Depuis plus de deux ans la soupe en question, reste sur l’estomac de l’Establishment. C’est un modèle d’action concrète que méditerait avec profit la famille nationale.

Adresser tous les cinq ans des professions de foi par la voie officielle et dans la même enveloppe qu’une dizaine d’autres partis, c’est bien.
Faire des déclarations patriotiques dès que tel ou tel média nous tend le micro, de loin en loin et pour quelques minutes, c’est bien.
Se retrouver entre soi, pour une galette des rois ou un repas autour d’un orateur, c’est sympathique… Participer à un défilé rituel montre qu’on existe encore. Tout cela est bel et bon…
Mais nos organisations, même les mieux implantées, même aux moments où elles eurent le vent en poupe, n’ont jamais œuvré concrètement parmi notre peuple. Sauf - et ce n’est pas rien - la conquête, faite à visage découvert, d’une poignée de municipalités.
N’est-ce pas justement parce que certaines de ces conquêtes ne reposaient que sur les idées générales du mouvement national, et non sur des actions concrètes locales, qu’elles ont finalement fait long feu ? Manque d’implantation réelle, nous n’existons pas sur le terrain. Une usine peut fermer… Une femme être violée… Les viticulteurs se voir humiliés et ruinés… Un cloporte de presse peut nous cracher dessus… Un juge peut, contre nous, tourner le dos à la justice, et se comporter en larbin… On peut engager notre pays dans des conflits qui ne le concernent pas (Afghanistan, Côte d’Ivoire)… etc., etc. Nous nous contentons de “pousser un cri”. Brigitte Bardot aussi, de temps en temps, “pousse un cri”… Mais elle ne s’arrête pas là, dans son domaine. Elle sauve des milliers d’animaux. Nous, c’est les bras croisés que nous poussons des cris, nous ne nous sentons pas assez forts… nous craignons des représailles. Ou pire, nous pensons que tout est foutu…

Nous pourrions au moins nous investir dans les combats existants ; dans des associations existantes ou à créer (culturelles, comités de quartier…). La preuve que c’est possible ? Le Bloc identitaire, autant que ses petits moyens le lui permettent, réagit en actes.
A Bègles, il ridiculise le mariage “pédécolo”. Il en était vert Manière. A Bessan ou à Epinay, il donne tout son sens à la mort des victimes de la racaille, et flétrit les Tartuffes.
A Nice il inspire une très efficace association (avec local ouvert au public). A Paris, à Grenoble, il manifeste contre la Turquie dans l’U.E.

Dans la prolifération de la fameuse soupe au lard il est omniprésent. On le sait impliqué dans la revue culturelle “Montségur”, bien faite, centrée sur le patrimoine occitan, dans le magazine “ID” et son site internet. Voilà indubitablement un mouvement qui lie la pensée et l’action. Ses militants sont mille, deux mille qui font du bruit comme cent mille… Leur secret ? Ils interviennent à bon escient, en concentrant leurs forces sur un point précis, sans crier gare, à un moment choisi. Voilà pour la tactique. Concernant la stratégie, on peut reprocher au Bloc de négliger la géopolitique : le jeune militant gagnerait sûrement à comprendre que le mondialisme qui nous ruine à tous points de vue est le même qui menace et agresse quiconque, de par le monde, ne se plie pas à ses volontés. Concernant l’idéologie, il faudra que les défenseurs de l’identité se fassent à l’idée qu’Alexandre Dumas a sa place dans notre patrimoine quel que soit son génome. Ce qui importe, c’est la solidarité des dirigeants FN avec les militants identitaires même si ceux-ci ne se privent pas de critiquer les stratégies électoralistes. Ainsi, après l’interdiction de la soupe identitaire à Strasbourg, Thierry Gourlot (président du groupe FN Lorraine) et Patrick Binder (président du groupe FN Alsace) ont manifesté leur soutien auprès des instances préfectorales, et la distribution a repris. Le Bloc identitaire, en ce qu’il prône l’action de terrain est à un point focal du combat. Tous ceux qui, au FN, au MNR, au PP, au MPF, ou “dans la nature”, sont prêts à assumer leurs idées en dehors des isoloirs, peuvent trouver là - à la carte et selon motivations et possibilités - le cadre d’utiles travaux pratiques. Et sans rompre d’autres engagements. L’action est au moins aussi unificatrice que la discussion ; et les deux sont complémentaires.

Les initiatives identitaires ne peuvent qu’attirer la sympathie de tous les nationaux conscients de l’urgente nécessité» de ré-assembler les énergies dans une optique opérationnelle.