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Editorial de Pierre Chatov publié le 16 mai 2006 sur le site des Identitaires

Jamais, depuis la fin des années 60, la situation politique française n’a paru aussi bloquée. Le gouvernement chiraquien, après avoir fait une énième démonstration de son incurie et de sa lâcheté sur le dossier du CPE, s’enfonce maintenant dans la tragi-comédie barbouzarde la plus grotesque et la plus nauséeuse.

Face à cela, l’opposition rosâtre des ex-socialistes néo-libéraux s’entretue sur la question, éminemment cruciale comme chacun en conviendra, du nom de leur futur candidat avant même d’avoir cherché à établir la moindre base d’une véritable alternance politico-idéologique dont elle est, il est vrai, depuis longtemps incapable.

Il est ainsi particulièrement risible de voir que la nouvelle égérie médiatique Ségolène Royal est, du simple fait qu’elle soit une femme, annoncée en tête de tous les sondages alors même que personne ne connaît le début du commencement de son hypothétique programme présidentiel. On peut douter que le fait de rebaptiser, comme elle l’a fait dans sa région Poitou-Charentes, les inutiles et coûteux « emplois jeunes » en « emplois tremplins » suffise à redresser la dramatique situation du pays… L’extrême gauche histrionnesque quant à elle, toujours prête à rejoindre le système dès lors qu’une véritable rupture est envisageable (voir le lendemain du 21 avril…), continue à jouer son petit rôle d’épouvantail dogmatique.

Les Verts pour leur part se montrent toujours plus soucieux de marier les invertis et de régulariser les clandestins que de sauvegarder la planète et de promouvoir la décroissance.

Reste alors la Droite Nationale qui, avec toutes ses insuffisances et ses défauts, reste la seule mouvance politique à vocation électoraliste à ne pas avoir de responsabilité directe dans la déliquescence du pays. Mais plus encore, c’est la solution identitaire qui brille à l’horizon avec une intensité qui ne cesse de croître. Car les identitaires ont la lucidité de voir et le courage de dire qu’aucune solution miracle ne sortira des urnes et que ce n’est pas en se limitant à son bulletin de vote, si important et utile soit-il ponctuellement, que l’on peut espérer bâtir un avenir arraché à cette boue d’égoïsme à la fois jouisseur et dépressif, d’atomisation sociale et de ruine culturelle qui nous étouffe.

Bien sûr il y a des problèmes structurels et fonctionnels dont il ne faut surtout pas minimiser l’importance (retraites, emploi, sécurité sociale, politique de la ville…) mais il convient de se souvenir que la crise que nous traversons dépasse très largement ce cadre et que ce n’est qu’en redonnant aux cœurs et aux âmes des européens la flamme des liens communautaires et des projets collectifs que l’on pourra espérer voir émerger un véritable renouveau. C’est d’abord en dépassant chacun en son propre sein l’individualisme matérialiste et étriqué, en retrouvant le goût de l’altruisme, du don, du dépassement de soi, de la générosité et de la charité, en renouant le lien de la transmission (au travers de la famille en premier en lieu1), en réapprenant la fierté de son histoire dans sa complexité et de sa culture dans sa richesse et en revenant à la simplicité et à la frugalité volontaires que pourront s’établir les bases d’une vraie révolution.

Face à la petitesse et à la médiocrité des préoccupations des politicards professionnels, face à la prégnance chaque jour plus insupportable de la violence ethnique, de plus en plus de nos compatriotes se montrent sensibles au discours à la fois radical et raisonnable (car face au gouffre et à l’anéantissement programmé seule la radicalité est raisonnable…) des Identitaires.

A nous de les aider à franchir le pas de l’engagement, à transformer un ras-le-bol en prise de conscience, à changer un rejet épidermique d’un système en décomposition en construction idéologique d’une véritable alternative politique, de muer une peur de l’avenir en espoir d’un futur différent, de métamorphoser un désespoir en une soif révolutionnaire ! C’est le rôle impérieux des cadres et militants du mouvement identitaire.

Pour ce faire, il est crucial de ne pas cantonner l’engagement identitaire à une posture purement protestataire et réactive, même si bien entendu c’est souvent là l’étincelle qui suscite les vocations politiques.

Mais si cet élan rebelle n’est pas canalisé par une solide formation militante et doctrinale, il disparaîtra aussi vite qu’il est apparu lorsque les circonstances de sa naissance se seront elles aussi transformées. En clair, il est indispensable que les engagements « contre » (contre la racaille, contre le libéralisme, contre le désordre, contre l’homofolie, contre le porno-laxisme…) se muent peu à peu en engagements « pour » (pour la justice sociale, pour une économie relocalisée et soumise au politique, pour un syndicalisme organique, pour une Europe régénérée par une vraie subsidiarité, pour la famille, pour une décroissance supportable…). Car, sur le long terme, on ne combat jamais efficacement que par amour.

Pierre Chatov

1. Voir le dossier d’ID Magazine numéro 5