CIhttp://www.les-identitaires.com

Article de Philippe Vardon publié le 2 mai 2007

La prise de conscience identitaire naît le plus souvent de la confrontation avec l’altérité
. Après tout, au sein d’une société homogène, l’identité s’impose d’elle-même, de manière naturelle, et la conscience de celle-ci n’est finalement pas évidente. Les Grecs ne se sont-ils pas découverts peuple et nation lorsqu’ils ont, ensemble, affronté et vaincu les Perses pour défendre l’Hellade ? Tout aussi intéressant, c’est dans une chronique d’Isidore de Séville relatant la bataille de Poitiers qu’est utilisé pour la première fois le terme d’Européens pour désigner les guerriers de Charles Martel ! Denis de Rougemont, dans son ouvrage « Vingt-huit siècles d’Europe » en fait d’ailleurs l’acte de naissance de l’Europe historique.

Ainsi, face à l’Autre, le Nous prend toute sa vigueur. Nos identités historiques et charnelles ont été meurtries, assassinées ou parasitées. Régions, nations et même civilisation (la notion d’Occident étant fourvoyée pour être réduite à la démocratie libérale et au règne du Marché) se sont peu à peu effacées face au rouleau compresseur mondial. Et chacun de nous se réveille amnésique, essayant de recomposer un puzzle des origines auquel on aurait volontairement dérobé des pièces, voire des parties entières…

Et si… Et si aujourd’hui l’immigration massive, le déferlement migratoire que subissent Les pays d’Europe et en particulier la France, était une chance ? Si c’était à travers cette nouvelle confrontation historique que chacun se trouvait sommer par le chaos multiracial de chercher à savoir qui il est ? Avec tout d’abord, comme première étape, comme premier choc, le plus visible : notre couleur de peau. Cette couleur de peau qui, à nos yeux mais aussi à ceux de nos invités immigrés, semble parfois apparaître comme notre dernière frontière.

À vrai dire, ma prise de conscience personnelle ne fut pas si éloignée de ce schéma. « Petit blanc » de cité, ma différence (eh oui, nous en sommes là aujourd’hui, et cela s’est même passé il y a vingt ans…) m’est rapidement apparue. Elle sautait aux yeux… Seule famille « de souche » (et pour le coup réellement de souche, enracinés dans le Pays Niçois depuis le XIIème siècle !) d’un immeuble de cinq étages, rien ou bien peu me reliait à mes petits voisins. « Petit blanc », je m’éveillais peu à peu, à travers mes lectures et mon goût pour l’Histoire, à la réalité de l’Europe éternelle, en particulier à travers ses mythes et légendes (d’Ulysse à Perceval, de Siegfried à Cucchulain). Mon engagement politique prit ses racines dans cette conscience européenne. Il m’apparaissait clairement que la citadelle était assiégée et qu’il fallait la défendre. Puis, la quête des origines me mena jusqu’à mon identité nissarde. Là encore, mémoire, lectures mais aussi rencontres me montrèrent la voix sur laquelle je chemine encore.

Un nombre croisant de nos compatriotes va se retrouver face à ce fameux « Qui suis-je ? » qui est au fondement même de notre engagement et notre action. À nous, fils de la mémoire, d’être les éveilleurs de peuple capable de renouer, avec eux, ce lien qui doit nous unir à nos ancêtres et nos descendants.