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Aricle de Pierre Graillard publié le 5 juin 2007

Il y a quelques jours une étude très intéressante du groupe Novatris/Harris Interactive est parue sur France 24 et dans l'International Herald Tribune [1]. Cette étude concernait la perception de l'immigration par les Européens (Français, Allemands, Italiens, Espagnols et Britanniques) et les Américains avec des questions aussi simples que "Y a-t-il trop d'immigrés en situation régulière dans votre pays?". Elle faisait écho à une étude anglo-américaine publiée fin 2006 sur le même thème [2]. Ces deux enquêtes d'opinion sont intéressantes, car bien qu'elles restent très subjectives en termes de résultats bruts (j'ai horreur des pourcentages), elles fournissent tout de même des tendances assez nettes et mettent les Français bien à part dans le paysage européen et même mondial.

En effet, en premier lieu, les Français sont les moins nombreux à considérer qu'il y a trop d'immigrés chez eux (32%), et ce, pour les deux études. Les Britanniques sont eux largement en tête, puisque 67 à 76% d'entre eux (selon les études) considèrent que les immigrés (en situation régulière) sont trop présents sur leur sol. Cela ne nous étonnera pas vraiment…

Ce qui est assez drôle, c'est que 56% des Français trouvent que ces immigrés ne sont pas ou peu intégrés ce qui les placent juste après les Allemands (58%). Ce problème d'intégration, 56% d'entre eux pensent que le pays devrait prendre de nouvelles mesures pour le résoudre, ce qui les positionnent loin devant les autres pays qui majoritairement pensent le contraire. L'exception française se dessine, auréolée du vieux mythe de l'intégration/assimilation rendue possible par le mirage républicain.
D'ailleurs, les Français sont les moins nombreux (seulement 28%) à penser que les immigrés ne devraient pas avoir le droit de vote aux élections. C'est là aussi significatif…

Résumons nous, les Français pensent donc que les immigrés ne sont pas si nombreux que ça mais qu'ils sont mal intégrés. Il faut donc les aider à s'intégrer, et à priori, le sondage le suggère, ils ne sont pas opposés à leur donner le droit de vote pour cela. Joli tableau.

Mais les deux études ne s'arrêtent pas là. A la question "Selon vous, est ce que l'immigration aide ou nuit à votre pays?" Les Français sont globalement ceux qui pensent le plus que l'immigration aide leur pays plutôt que l'inverse (l'Espagne est assez proche). Le constat est le même pour les deux études.


Je pourrais revenir sur toutes les questions de ces sondages et j'arriverais à chaque fois aux mêmes conclusions. Les Français sont les moins nombreux à considérer l'immigration régulière ou irrégulière comme un problème, les moins nombreux à trouver qu'il y a trop d'immigrés, les moins nombreux à être contre le vote des étrangers, les plus nombreux à considérer les contrôles aux frontières comme amplement suffisants, ou les plus nombreux à penser que l'immigration aide leur pays. Bref, les Français sont les plus "perméables" à l'immigration.

Ce qui est intéressant, c'est que si on regarde les chiffres officielles par pays, le nombre d'étrangers en situation régulière (de nationalité étrangère) est globalement similaire, autour de 8% par pays (les britanniques étant légèrement au dessus, et l'Italie bien en dessous). Par contre, les règles d'accession à la nationalité (le fameux "droit du sol- droit du sang") sont très différents selon les pays et, on le sait, très favorable aux étrangers en France. Ce qui signifie, en d'autres termes, que les Français sont certainement ceux qui sont le plus touchés par l'immigration massive et ce sont pourtant ceux qui s'en plaignent le moins…

J'ai tout de même dans l'idée que la nature humaine, sans distinctions d'ethnie ou d'origine géographique à une tendance naturelle à se méfier de l'étranger et à celui qui ne lui ressemble pas, ce qui globalement devrait se ressentir au niveau de ce sondage. Or, il est très clair, que les Français constituent une exception notable en Europe. Certains s'en réjouiront, candides admirateurs du métissage universel et autres prétendues Lumières. D'autres, comme moi, s'en inquiéteront. Car il est clair que cette exception immigrationniste française découle du lent empoisonnement intellectuel que subissent les Français et en particulier les plus jeunes générations. Elle provient de ce matraquage perpétuel, sur le bienfait de l'immigration, l'amour de l'immigré, sur la "Chance pour la France", sur le devoir d'accueil, sur le mythe de la vieille terre d'immigration…Cet endoctrinement fonctionne plutôt bien, ce genre d'études le montre.

La gravité de ce constat n'est pas tellement que le peuple Français, s’il a un jour existé, est en train de se suicider…mais bien qu'il risque d'entraîner dans sa déchéance (via un effet domino macabre) le reste de l'Europe vers son anéantissement. S'il est alors juste de représenter le problème de l'immigration en Europe comme celui d'un train qui roule à grande vitesse, sans pilote, sans lumière et dans le brouillard…alors il y a un Français dans le wagon de tête qui dit à ses voisins de compartiment qui sont un peu inquiets : "M'enfin, tout va bien !".

[1] http://www.novatris.com/news/pubs/Novatris_France24_2007_0525.pdf
[2] http://www.harrisinteractive.com/news/allnewsbydate.asp?NewsID=1107