Gentianehttp://www.les-identitaires.com

Article de Pierre Chatov publié le 4 juillet 2007


Plutôt que de s’escrimer, tels de gentils garnements redoutant d’être confondus avec de vrais voyous, à donner des gages de « bien pensance » en accompagnant chacun de leurs intéressants travaux de mises en garde inquiètes contre les « risques de dérive droitiste » ou « d’interprétation réactionnaire » de leur pensée ainsi que de touchants serments de fidélité aux « idéaux de gauche », les théoriciens et militants de l’écologie radicale et de la décroissance seraient mieux inspirés de se soucier de ne pas devenir les valets empressés et les idiots utiles d’un néo-totalitarisme mondialisé utilisant la dialectique écologique pour imposer une « gouvernance » planétaire sans légitimité démocratique.

En effet, en se réjouissant de l’actuelle « mode » écologiste (le bel enthousiasme sur ce sujet de personnalités aussi diverses et contestables qu’Al Gore ou Nicolas Sarkozy devraient pourtant les faire s’interroger…) et en articulant quasi exclusivement leur argumentaire autour de l’épouvantail du « réchauffement climatique », les écolos radicaux et autres objecteurs de croissance ne participent pas à une saine et nécessaire prise de conscience de l’impasse consuméro-individualiste occidentale mais à la propagation d’une nouvelle pensée magique qui s’apparente pour beaucoup aux vieilles peurs millénaristes.

Par là, ils s’exposent également à l’effondrement complet et définitif de toute leur construction doctrinale et idéologique en cas de (possible) démonstration scientifique de la faiblesse de la responsabilité humaine dans l’effet de serre (On peut fort bien imaginer que le « réchauffement » soit aussi vite et complètement oublié que le « trou dans la couche d’ozone »).

L’écologie ne doit donc pas être réduite à un catastrophisme hystérique aux bases scientifiques contestables qui invite les individus à déléguer encore plus de pouvoir à des instances supranationales composées de « spécialistes », de « techniciens » et autres « experts » souvent autoproclamés.

L’actuelle instrumentalisation de l’écologie et des peurs qui lui sont liées peut être rapprochée de celle du terrorisme international qui permet à des pouvoirs politiques corrompus et décrédibilisés de non seulement continuer à justifier leur existence mais aussi d’exiger davantage de moyens pour « faire face » à des problématiques qui dépassent « de très loin » les capacités des pauvres citoyens démunis et impuissants.

La véritable écologie ne peut se contenter de fondements ordonnés autour de calculs mathématiques plus ou moins sérieux et de modélisations de laboratoire. Elle doit s’appuyer sur une conception politique, éthique et spirituelle de l’homme.

Ce n’est pas (en tout cas pas seulement) parce que le climat se réchauffe (peut-être) ou que les matières premières vont bientôt être épuisées que l’homme doit rompre avec la course folle de la croissance et les névroses de la société du consumérisme et du gâchis, mais avant tout parce que ce mode de vie, privé de sens, l’abaisse et l’avilit. Parce qu’il rend égoïste, angoissé et dépressif. Parce qu’il enlaidit les paysages et déracine les communautés. Parce qu’il entretient de fausses valeurs et des torrents de frustration. Parce qu’il est porteur de violence, d’exploitation et d’injustice. Parce qu’il nivelle le goût, uniformise l’art, l’architecture, la gastronomie…

Si la décroissance est incontestablement un impératif de survie, c’est avant tout un impératif de survie mentale et culturelle.

Ainsi le souci écologique, cette primordiale préoccupation, ne doit pas aboutir à la multiplication des instances technocratiques internationales enfermant les nations, les peuples et les communautés dans un maillage toujours plus étroit de règles et de directives, refusant, sur la base d’un égalitarisme désincarné, l’existences de différences et de spécificités et n’ayant d’autre but que la prorogation, sous une nouvelle forme, de la domination d’une supra-classe cooptée qui tire déjà les avantages économiques de cette grande peur organisée et encadrée.

Bien au contraire, ce n’est que par la relocalisation, le retour à des valeurs traditionnelles et non-matérialistes, à la démocratie directe, l’acceptation du fait que peuples et civilisations ne sont ni identiques, ni interchangeables, ni « mélangeables » et donc nullement voués à se fondre dans un modèle unique, quel qu’il soit, que l’on parviendra à modifier la superstructure psychologique qui entraînera la transformation radicale de l’infrastructure économique et sociale. Non pas faire toujours moins d’enfants en espérant que ceux-ci aient le même « niveau de vie » et les mêmes « modes de consommation » que leurs parents mais en faire davantage pour leur apprendre à vivre et penser différemment, leur inculquer la valeur du don et du partage (inhérents au fonctionnement de toute famille nombreuse.à et leur donner le goût de la simplicité et des richesses non-marchandes (le temps, la réflexion, la beauté, l’art, la littérature, la solidarité, le sport, le dépassement de soi, la chant, la danse, les veillées…) Non pas culpabiliser l’homme en déifiant la nature mais le responsabiliser, même si cette responsabilisation passe sans doute par une phase d’autoritarisme encadrant de sanctions et d’amendes la nécesaire transition. Phase qui ne peut être supportable et acceptée que si elle provient d’institutions proches, identifiées, reconnues et légitimes et non de « golems » mondiaux à sièges sociaux new-yorkais.

Répétons le, la seule véritable alternative écologique est la rupture globale (sociale, morale, idéologique, esthétique, spirituelle…) avec la modernité et ses fondements intellectuels.