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Article publié le 9 juillet 2007

L’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, inaugure assurément un nouveau style de politique. S’il faut se féliciter qu’il mette un terme à des décennies de langue de bois idéologique que la gauche post-soixante-huitarde a imprimé à la vie politique française, il est difficile de discerner la cohérence de cette nouvelle politique qui se veut pragmatique.

Cette arrivée, qu’on le veuille ou non, correspond à un besoin et à une aspiration d’un certain nombre de compatriotes. L’individualisme ambiant et la perte du sens du bien commun aboutit à une situation où chaque électeur entendra ce qu’il veut bien entendre, autrement dit, ce qui correspond à ses aspirations partielles.

Le militant gay se sentira entendu lorsque Monsieur Sarkozy rassurera l’Inter gay lesbien trans sur l’évolution à terme de la reconnaissance juridique de l’union homosexuelle. Le catholique vibrera sur un discours sur les racines chrétiennes prononcé au Mont Saint Michel, pendant qu’il confiera des attributions à l’UOIF et qu’il participera au banquet annuel du Bnai Brith.. L’émigré fiscal sera sensible à la perspective d’une plus grande clémence de l’administration fiscale et l’ouvrier qui se lève tôt, sera sécurisé sur la politique d’ordre dans la cité dans laquelle il habite, faute pour un pauvre d’habiter à Paris dans les quartiers sécurisés des bobos gays du Marais. Chacun y trouvera son compte et zappera ce que ce discours peut avoir d’incohérent et de contradictoire.

Ce clientélisme a fonctionné. Il s’agit maintenant de gouverner et la nouvelle stratégie se situe dans le prolongement de la même démarche commerciale où l’on veut un gouvernement représentatif. On peut cependant se demander, sans vouloir faire de mauvais esprit, si cette ouverture notamment à gauche ne vise pas à neutraliser toutes les forces politiques de l’opposition.

Quelle était  l’arrière pensée de Nicolas Sarkozy lorsqu’il a proposé le poste de ministre des affaires étrangères à Hubert Védrine alors que ses positions sur la politique étrangère sont diamétralement à l’opposée de l’atlantisme forcené du Président de la République ? Surtout quand quelques jours après, ce même poste est proposé à Kouchner dont les positions interventionnistes et pro-américaines sont connues. On est en droit d’imaginer que le Président a fait cette proposition à Monsieur Védrine pour neutraliser le partisan d’une politique de souveraineté nationale et européenne. On peut aussi en déduire que si un homme aussi fin et avisé qu’Hubert Védrine a refusé le poste, c’est qu’il a flairé le cadeau empoisonné. Tel n’est pas le cas de Christine Boutin qui a accepté. L’ancienne président de l’Alliance pour les droits de la Vie se retrouve donc flanquée de Fadela Amara, président de ni putes ni soumises, proche de SOS RACISME et militante pro-IVG qui, il y a à peine quelques jours, manifestait contre le gouvernement polonais en raison de sa politique anti-IVG.

C’est ce que faisait remarquer des lecteurs du journal « MARIANNE » qui considéraient que cette promotion de Madame Amara coupait l’herbe sous le pied à toute velléité de contestation de la politique gouvernementale dés lors que l’un des leurs en faisait partie.

Monsieur Sarkozy a donné au cynisme en politique une dimension plus chaleureuse
car il intègre les désiderata de l’adversaire, non par respect pour lui mais pour mieux l’absorber.


Nous croyons pour notre part, que seule la vérité rend libre. Si la politique est un art difficile qui implique parfois la ruse et souvent qu’on se salisse les mains, elle suppose une référence à des fondamentaux incontournables, à des points non négociables. La confusion idéologique qui entoure le nouveau gouvernement ne nous permet pas de signer un chèque en blanc. Seul l’avenir le dira. Continuons plus que jamais à occuper le terrain des idées afin qu’elles imprègnent les esprits et les cœurs en cette époque désorientée…