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Tribune libre de Pierre Le Vigan publiée le 26 juillet 2007

Il y a des sourires de femmes qui n’embrassent pas
. Et des sourires de bois que l’on n’aimerait pas rencontrer au coin d’un bois au cours d’une nuit sans lune comme disait Philippe Muray à propos du sourire de Ségolène Royal (Le sourire à visage humain, Manitaba-Les Belles Lettres, 2006). Ce sont les sourires d’un pays enfin apaisé, c’est-à-dire vraiment mort. C’est le sourire terminal du Dalaï Lama – et même du Dalaï Mama, le sourire de toutes les « Maman » – et surtout pas des putains. C’est le sourire niais de « juste l’ordre » – et non pas l’ « ordre juste ».

Au nom de ce sourire, tout devient possible. La tautologie (la Totologie : c’est Toto qui entre en politique) : il faut « libérer les libertés » dit Ségolène Royal (Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, La femme fatale, Albin Michel, 2007). D’autres veulent « ouvrir la voie à l’ouverture ». Et pourquoi pas « trouer le trou » comme dit encore Philippe Muray ? Ou « défricher la friche » ? On prête justement (à tort ou à raison) à Ségolène Royal l’idée, dans les années 80, de réunir les chefs des pays industrialisés dans une friche industrielle (La femme fatale, op. cit.). L’idée est bien – et c’est l’essentiel – dans l’esprit du temps, comme les défilés de mode place du Colonel Fabien.

Oui, tout devient possible. Le retour du Christ aussi. Ségolène Royal nous le dit : « Je suis habitée » (par les forces de l’esprit, et plus si affinités). À propos de ses supporters, elle précise : « Je les porte, je m’imprègne de cette force populaire », et poursuit : « Aidez-moi, portez-moi ». « Bon sang, mais c’est bien sûr » comme il est dit dans Les cinq dernières minutes. Nous savions que Jésus avait des frères, eh bien, voici leur mère, la mère de tous les petits jésus. Et c’est exactement de cela qu’il s’agit.

Le sourire de Ségolène, c’est le sourire que l’on voit deux heures moins le quart avant la fin de la France et avant la fin des peuples. Car il ne faut pas s’illusionner : la mort de la nation des nations sera la fin de toutes les nations. En attendant, l’esprit christique finit par des niaiseries scout. Ségolène Royal dit : « Venez. Serrons-nous les coudes ! Ensemble nous allons rendre le sourire à notre pays, ensemble nous allons conjurer les mauvais démons de la déprime et du déclin ! » (La femme fatale, op. cit.). Ségolène sourit, et la fatale sourieuse sourit même de se voir sourire. Ce sourire tuera notre pays et tuera toute joie de vivre et toute envie de lutter car c’est « un sourire qui se lève après la fin du deuil de tout » comme disait formidablement Philippe Muray.

Sauf si… sauf si nous y répondons par un rire libérateur.