Sarkozy_Royal_1http://tempsreel.nouvelobs.com édition du 27 juillet 2007

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont chacun dépensé environ 21 millions d'euros pour leur campagne présidentielle
, avec, tout de même, un léger "avantage" pour le vainqueur du scrutin, selon les comptes de campagne publiés vendredi 27 juillet au Journal officiel.

21.038.891 euros TTC, c'est le prix précis de la campagne de Nicolas Sarkozy, tandis que le montant de la campagne socialiste s'élève à 20.712.043 euros TTC. Les documents déposés par les équipes des candidats n'ont néanmoins pas été validés par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

Le plafond maximum autorisé par la loi était de 21,594 millions d'euros.

Les dépenses des deux finalistes du scrutin présidentiel de 2007 sont largement supérieures à celles de Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen en 2002. Les deux candidats de l'époque avaient respectivement dépensé 18 millions d'euros et 12 millions (le plafond était alors fixé 19,8 millions).
 
 Des dépenses variables pour les autres candidats

Les autres candidats ne déclarent, quant à eux, pas nécessairement des dépenses proportionnelles au nombre de voix qu'ils ont récolté. François Bayrou et Jean-Marie Le Pen ont ainsi déclaré le même montant de dépenses (9,7 millions d'euros), pour un résultat substantiellement différent : 18,57% pour le candidat UDF, 10,44% pour le candidat FN.

De même, Marie-George Buffet (4,8 millions d'euros) dépasse de loin Philippe de Villiers (3,1 millions d'euros), alors qu'elle est arrivée derrière lui à l'élection.

Viennent ensuite au classement des dépenses Arlette Laguiller (2,1 millions d'euros), Dominique Voynet (1,4 millions d'euros), José Bové (1,2 millions d'euros), Olivier Besancenot (900.000 euros), Frédéric Nihous (800.000 euros), Gérard Schivardi (700.000 euros), là encore avec une efficacité variable au regard du nombre de voix engrangé par chacun.

Des comptes à approuver

Les comptes doivent désormais être approuvés par la Commission, pour que les candidats puissent bénéficier du remboursement prévu par la loi.

Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen, qui ont obtenu plus de 5% des voix au premier tour, verront leurs dépenses remboursées jusqu'à un plafond de 10,8 millions pour les deux finalistes, et 8,3 millions pour les deux autres.

Les autres candidats, restés sous la barre des 5%, pourront prétendre à un remboursement allant jusqu'à 0,8 million d'euros.

Le contrôle des dépenses des candidats est particulièrement délicat, tant il est difficile de déterminer ce qui relève des dépenses à visée purement électorale - qui doivent être inclues dans le compte de campagne - et ce qui ressort du fonctionnement normal d'un parti... ou d'une activité politique d'élu ou de membre du gouvernement.

Le PS avait ainsi dénoncé pendant la campagne "la confusion totale" des genres de Nicolas Sarkozy, reprochant à celui qui était encore ministre de l'Intérieur d'utiliser "abondamment" policiers, voitures, préfets, ou avions.

La droite avait alors rappelé que Lionel Jospin avait été en 2002 à la fois Premier ministre et candidat.