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lundi 15 octobre 2007

Comment Marine tisse sa toile

Marine_campagnehttp://www.valeursactuelles.com

Article de Philippe Morgat publié le 12 octobre 2007 dans Valeurs Actuelles

Il suffit de cliquer sur le site In­ternet frontnational.com pour compren­dre certaines choses. En page d’accueil : « Turquie, Sarkozy a menti. Avec Marine Le Pen, signez la pétition nationale contre l’entrée de la Turquie en Europe. » Pourquoi elle et pas un autre ? Réponse de l’un de ses proches : « Il fallait bien que quelqu’un se remue. Marine l’a fait. Les autres n’avaient qu’à se bouger ! »

À un mois du congrès de Bordeaux (les 17 et 18 novembre), où Jean-Marie Le Pen devrait être réélu pour un dernier mandat de “tran­sition” de trois ans à la tête du parti, la vice-présidente du FN occupe plus que ja­mais le terrain. Ob­jectif : s’im­­poser dès le congrès comme l’héritière naturelle du vieux chef – et être la candidate du Front à la présidentielle de 2012.

Hostile à la vente du “Paquebot”, le siège du FN, afin d’apurer les dettes du parti (8 mil­lions d’euros), après son échec des législatives, Marine Le Pen ne l’exclut cependant pas. Ou plus.

« Nous tentons de contracter un emprunt bancaire pour cinq ans, explique-t-elle à Valeurs actuelles. Si nous n’y arrivons pas, on vendra le Paquebot. Si nous décrochons l’emprunt et qu’en 2012, nos résultats aux élections législatives sont bons, on le rembourse et on garde le Paquebot. S’ils sont mauvais, il ne nous restera plus qu’à vendre le Paquebot » - qu’elle estime à « 20 mil­lions d’euros au bas mot ».

Sans le dire publiquement, la benjamine de Le Pen et ses proches – heureusement plus bavards – sont, par ailleurs, favorables à la suppression de la direction bicéphale du mouvement (secrétariat général, délégation générale) – manière, à la fois, de réaliser des économies de fonctionnement et de… renforcer sa mainmise sur le parti. « La délégation générale avait été créée sur mesure pour Bruno Mégret, en 1988, afin de contrer la montée en puissance de Jean-Pierre Stirbois, alors secrétaire général. Or depuis la crise mégrétiste de 1998, cette dualité a perduré. Deux structures parallèles et parfois concurrentes, ça avait ses avantages. Plus aujourd’hui », confie un fidèle de Marine. C’est aussi, dit-on, ce que pense Le Pen.

En échange de la suppression, à terme, de “sa” délégation générale – qui devrait être proposée dans l’audit interne commandé par Le Pen –, Bruno Gollnisch pourrait se voir offrir un – très honorifique – lot de consolation : les rênes de l’international. La présidence du mouvement et la candidature à la présidentielle échouant à Marine. Se remettant d’une opération cardiovasculaire, Gollnish lui-même aurait renoncé, selon son entourage, à lui contester le leadership sur le parti. Carl Lang, en revanche a annoncé qu’il se présen­terait contre Marine Le Pen au moment de la succession de son père, dans trois ans. Mais sans réel espoir de l’emporter. Tout juste de peser. « Ma démarche est de prendre date pour l’avenir et de rassurer certains militants, cadres et élus qui craignaient de ne pas avoir, le jour venu, la possibilité d’un choix », a-t-il expliqué à l’hebdomadaire pro-FN Rivarol.

C’est un fait : en in­terne, le “front anti-Marine” a tendance à se dégonfler. Certes, Jean-François Touzé, partisan d’un « retour aux fondamentaux », doute de la capacité d’un FN « marinisé » à récupérer « mécaniquement » ses électeurs de droite passés chez Sarkozy. Certes,  encore,  le conseiller  régional Michel  Hubault,  à l’image de quelques autres, s’inquiète-t-il, en privé du « nouveau Front national qui ris­­que de naître, sous la hou­lette de Marine. Me reconnaîtrais-je dans ce mouvement ? interroge-t-il. Je ne sais pas. »

Reste que, alors que Lang comptait sur son soutien, l’un des chefs de file des chrétiens traditionalistes du FN, Jean Madiran, le fondateur de Présent, a rejoint Marine Le Pen. « Le plus vraisemblable est que Jean-Marie Le Pen installera Marine pour lui succéder. C’est aussi le plus raisonnable », affirme-t-il. Même son de cloche chez nombre d’autres “anciens”, ralliés à la vice-présidente du FN. Parmi eux : Alain Jamet et Roger Holeindre, tous deux cofondateurs du FN. Plus que des soutiens, des cautions.

Posté par Redekker à 07:41 - ├ Média - Commentaires [0] - Permalien [#]

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