Etat_SarkoLe 25 octobre dernier, Yves Daoudal écrivait un article intitulé " 61 traitres " en parlant des députés UMP qui font partie du " Groupe des Européens ", un nouveau groupe de pression ( s'il on peut dire ) qui travaille dans l'optique voulu par Nicolas Sarkozy d'une ratification rapide du traité européen. A ces soixante et un députés de " droite " auquels s'adjoindront certainement le reste des troupes sarkozystes , il nous faut désormais en ajouter quelques centaines de plus provenant de la gauche et du centre. A l'image des dirigeants du Parti socialistes qui se sont réunis hier pour un Conseil national où ils ont évités de parler " Europe " et où seulement François Hollande à indiqué que le PS " ne s'opposera pas à la ratification " par les parlementaires, c'est un fort sentiment de traitrise, d'abandon et de porte-à-faux des politiques par rapport aux choix des Français qui se fait sentir.

Mieux, hier soir, sur TF1 ( bien sûr ! ) le désormais " presque sarkozyste " Jack Lang, l'ancien ministre et monteur de colline de François Mitterrand, a appelé clairement les Français et plus particulièrement ses camarades socialistes à accepter sans discussion la mort de la démocratie et plus certainement celle de la France en tant que nation souveraine. C'est vrai que ce spécialiste en revirement et en détournement des idées qu'est le député Lang n'en est pas à une traitrise près.

Mais c'est donc un parlement composé à une majorité écrasante d'élus du peuple, totalement résigné et contrôlés par une président de la République qui en fait est plus à présent un gouverneur désigné par Bruxelles, que l'on trouve désormais le plus de traitres... Normal ?

J'en profite pour écrire quelques mots sur la proposition de la Commission Balladur de faire élire une trentaine de députés à la proportionnelle : de qui se moque t-on sinon, encore et toujours, du peuple ? Sur 577 élus à l'Assemblée nationale, seuls trente pourront donc représenter les formations qui font de la France une démocratie ! Certes, trente c'est déjà plus que zéro, mais quand même c'est vraiment une proposition gadget faite pour donner l'impression que refonder les institutions est l'un des objectifs de Nicolas Sarkozy. C'est pas une dose de proportionnelle, c'est une seule goutte d'un produit placébo !

La Commission présidée par l'ancien Premier-ministre Édouard Balladur a également souhaité la fin des parrainages d'élus pour les candidatures à la présidentielle qui seraient remplacés par un collège de 100.000 élus... Ce qui, finalement, revient au même ! Bref, en ce qui concerne la démocratie directe, les propositions faites par les membres de cette Commission sur la réforme des institutions se réduisent à...zéro !

Yann Redekker