02-02-08
Serbie: l'Union européenne s'ingère dans le processus électoral
Europae Gentes
édition du 2 février 2008
En Serbie, à la suite du premier tour des élections présidentielles qui ont été marquées par le succès du candidat nationaliste Tomislav Nikolic, l'Union européenne tente de faire pression pour obtenir un candidat selon ses critères.
Pour favoriser l'élection de Boris Tadic, plus favorable à l'union européenne, elle a proposé un accord d'association avec la Serbie, accord dont la signature pourrait intervenir le 7 février prochain.
A la réunion des ministres européens des Affaires étrangères
lundi dernier à Bruxelles, les représentants néerlandais avaient opposé
leur veto à cette signature. Ils estimaient que Belgrade ne coopérait pas suffisamment avec le tribunal de La Haye.
« Le peuple serbe, insiste le commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn, va
devoir choisir entre un futur européen et un passé nationaliste. Nous
devrions lui envoyer un signal très fort en décidant de signer l'accord
d'association ». En réalité, le signal, n'est pas autre chose qu'un coup de pouce au Président Boris Tadic jugé pro-européen mais surtout une ingérence dans le processus électoral et dans le choix souverain du peuple serbe.
La contrepartie de cet accord qui comporterait notamment des facilités de visas, serait, on s'en serait douté, la reconnaissance par la Serbie de l'indépendance du Kosovo.
D'ores et déjà au Kosovo, les indépendantistes attendent la fin de
l'élection présidentielle serbe pour faire une proclamation unilatérale
d'indépendance. Et l'élection du candidat pro-européen Tadic, pourrait
accélérer ce processus.
Alors que par ailleurs en Europe, les dirigeants évitent
soigneusement de soumettre le traité européen à un référendum
populaire, en Serbie, l'Union européenne n'hésite pas à dicter au peuple le candidat de son choix.
Vous avez dit « démocratie » ?
Vendez !
Novopress
Article de LeBerlioz publié le 2 février 2008
Voilà ce que font tous les spéculateurs, et qu’ils vous invitent à
ne pas faire. Ils vendent des actions par milliers, car le vent du
merveilleux capitalisme est en train de tourner.
La crise des
« subprime » est révélatrice d’une financiarisation excessive de
l’économie et d’un système boursier devenu totalement fou.
Rappelez-vous
: on vous avez rassuré lorsque la crise a commencé. On vous a raconté
que seules les banques américaines étaient touchées. Banques qui
d’ailleurs ont dû faire appel aux fonds souverains des pays du golfe
persique pour se recapitaliser… et perdre ainsi de leur indépendance.
L’Europe était soit disant à l’abri, jusqu’à la faillite de la banque britannique Northern Rock, actuellement en passe d’être vendue au groupe Virgin, qui peine à trouver les 40 milliards d’euros nécessaires. La banque risquerait d’être nationalisée, ce que le gouvernement britannique veut éviter pour deux raisons. Tout d’abord, cela donnerait un mauvais signe aux marchés financiers, et ensuite parce que les pays anglo-saxons, chantres de la privatisation de l’économie et du laisser faire des marchés financiers se contrediraient dans les faits.
Puis les banques françaises, qui selon tous
les analystes et Madame le ministre de l’économie, étaient à l’abri de
cette crise, se sont vues touchées de plein fouet, et ont perdu
plusieurs milliards d’euros en quelques semaines. Cela n’était rien face au nouveau scandale qui touche la France : celui
de la Société Générale, dont le titre a perdu presque 30 %.
On
ne présente plus le désormais nationalement connu Jérôme Kerviel, jeune
trader qui, après avoir fait gagner 1,7 milliard d’euros à la banque en
2006, lui en a fait perdre 4,9 en 2007. Cet homme devenu immédiatement
le bouc émissaire de ce scandale, a ensuite été dédouané par ses pairs
et tous les experts financiers. Il a, de l’avis de tous, été couvert
par sa hiérarchie dans ses agissements. En effet, pour perdre près de 5
milliards d’euros, il fait en jouer plus ou moins 50, soit 15 de plus
que toute la capitalisation boursière de la banque. Cette dernière se
vantait d’avoir le meilleur système de contrôle interne… Daniel Bouton (auteur d’un rapport sur la bonne gouvernance des
entreprises…), son PDG, à la différence de ses homologues américains,
n’a pas démissionné de son poste. Lionel Jospin avait eu au moins le
mérite de tirer les conséquences de son échec…
Mais le vrai problème de ce scandale, c’est la spéculation. Les banques
ont oublié leur métier de base : le dépôt et le crédit, et sont allées
vers la solution de facilité : la spéculation boursière, qui a été à
l’origine de la crise de 1929. Une crise plus ou moins égale se profile à plus ou moins long terme.
Dans l’immédiat, la société générale, facilement opéable, risque de
l’être. Deux cas de figurent existent :
- soit une banque étrangère la rachète, et la France perdra un de ses fleurons économiques.
- soit elle est rachetée par la BNP, qui a ce projet dans les cartons
depuis quelques années, et alors le consommateur verra la concurrence
au sein du secteur bancaire se réduire comme peau de chagrin, après de
rachat du crédit lyonnais par le crédit agricole, et suite à la fusion
entre les banques populaires et les caisses d’épargne.
Au
final, le système financier a perdu auprès des Français le peu de
crédibilité qu’il lui restait. Ceux-ci sont parmi les européens les
plus méfiants et les moins acheteurs d’action. Ceux qui en possèdent
encore feraient mieux de les vendre…
Les étrangers fuient le Tchad
JDD
Article de Marianne Enault publié le 2 février 2008
L'évacuation des ressortissants étrangers souhaitant
quitter le Tchad, en proie à d'intenses combats entre les rebelles et
l'armée, a commencé samedi soir. Environ 200 personnes, sur les 900
étrangers rassemblés à N'Djamena, vont être rapatriées. Paris, qui
organise cette évacuation, rappelle que la France, liée au Tchad par un
accord de coopération, reste "neutre dans ce combat".
Toute la journée, les ressortissants étrangers se sont rendus dans les
trois points de rassemblement mis en place par les autorités françaises
à N'Djamena. Objectif: fuir les combats qui opposent les rebelles,
entrés samedi matin dans la capitale tchadienne, aux forces régulières.
Invité samedi soir sur France 3, le ministre de la Défense, Hervé
Morin, a indiqué qu'environ 900 ressortissants français et étrangers
avaient rejoint ces points de regroupement. "Pour l'instant nous estimons qu'il y a environ 200 personnes qui souhaitent être évacuées",
a-t-il dit. Vers 21h, un premier avion, à bord duquel se trouvaient 75
étrangers, a décollé à destination de Libreville, au Gabon. Toute la
nuit, quatre avions vont se relayer entre les deux villes africaines.
Le ministre français a souligné qu'il n'y avait "aucun sentiment de panique" parmi les Français sur place. "Les rebelles indiquent qu'il n'est pas question de porter atteinte à la sécurité de nos concitoyens", a-t-il assuré. Quelque 1 500 Français résident au Tchad, en majorité à N'Djamena.
"Nous les excommunierons de l'Union africaine"
Dans la capitale, les combats se poursuivent samedi soir, mais la
situation demeure confuse. Selon plusieurs sources, les rebelles
encerclent désormais le palais présidentiel, où Idriss Déby a trouvé
refuge. Interrogé sur RFI, Abderamane Koullamalah, le porte-parole du
commandement unifié des rebelles, a assuré que ses troupes étaient en
train de "sécuriser la ville".
Un porte-parole des insurgés a par ailleurs annoncé que ceux-ci étaient
prêts à laisser l'armée française évacuer le président tchadien, si
celui-ci en faisait la demande.
Un état de fait démenti par les autorités tchadiennes. "Les forces de défense et de sécurité tchadiennes contrôlent la capitale",
a ainsi assuré le ministre d'Etat Mahamat Ali Abdallah Nassour, sur
RFI. Selon l'ambassadeur du Tchad en Ethiopie, Cherif Mahamat Zene, "la situation est sous contrôle". "Le
chef de l'Etat va bien, dans son palais (...) Il est vrai qu'il y a des
rebelles qui sont entrés dans la ville, mais dire que la ville est
tombée est faux", a-t-il encore précisé, citant le ministre de la Défense.
Réunie à Addis-Abeba (Ethiopie), l'Union africaine (UA) a condamné l'entrée des rebelles dans la capitale tchadienne. "En cas de victoire de la rébellion, nous les excommunierons de l'Union africaine",
a prévenu son tout nouveau président, le Tanzanien Jakaya Kikwete.
Soucieuse d'apaiser les tensions, l'UA a mandaté le leader libyen,
Mouammar Kadhafi, et le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou
Nguesso, afin de mener à bien une médiation. Le président libyen a
qualifié l'attaque de "violation flagrante".
Paris soutient Déby mais reste "neutre"
Le président Idriss Déby a également reçu le soutien de Paris. Nicolas
Sarkozy a longuement parlé avec lui par téléphone samedi matin. Un peu
plus tard, le Quai d'Orsay a condamné, dans un communiqué, "une tentative de prise de pouvoir par la force par des groupes armés venus de l'extérieur". Et d'appeler à "l'apaisement et à la réconciliation".
Des déclarations prises comme un soutien affiché au président Déby,
alors que les relations entre la France et le Tchad ne sont pas
vraiment au beau fixe, notamment depuis l'affaire de l'Arche de Zoé.
Idriss Déby avait notamment peu goûté les déclarations de Nicolas
Sarkozy quant à son intention d'aller "chercher ceux qui restent [les six humanitaires, ndlr]" au Tchad, prises comme autant de marques d'ingérence dans les affaires intérieures tchadiennes.
La situation est d'autant plus complexe que la France est présente
militairement au Tchad. Et ce depuis 1986 et le déploiement des 1 100
soldats du dispositif Epervier. Et Paris est lié par un accord de
défense bilatéral avec le gouvernement tchadien. Un nouveau contingent
de 150 soldats français, en provenance du Gabon, est d'ailleurs arrivé
samedi sur place.
Justifiant le soutien de la France, le ministre de la Défense, Hervé
Morin, a expliqué sur France Info que Paris mettait en oeuvre "l'accord de coopération". "Cet
accord de coopération notamment nous amène à leur apporter un soutien
logistique, un soutien en terme de carburants par exemple, à leur
apporter quelques éléments aussi sur le renseignement et sur la
situation sur le théâtre", a-t-il précisé, avant d'ajouter : "Le
président Déby est le président du Tchad et donc, bien entendu, pour
les autorités françaises, nous faisons en sorte que le pouvoir légitime
du Tchad soit pour l'instant assuré de pouvoir continuer à garantir le
bon fonctionnement des pouvoirs publics."
A ce titre, la France s'est engagée à fournir plus de la moitié des 3
700 soldats de l'Eufor, la force européenne déployée au Tchad et en
Centrafrique afin de protéger les réfugiés du Darfour voisin. Le
déploiement de la force européenne, qui devait débuter ces jours-ci, a
été retardé en raison de la situation. Soldats français dans le cadre
du dispositif Epervier ou soldats européens, les règles d'engagement
sont claires : en cas d'attaque, ils riposteront. Samedi soir, Hervé
Morin a toutefois tenu à rappeler que la France conservait sa position
de neutralité. Et d'insister: " Nous continuons à rester neutre dans ce combat." Un terme que Bernard Kouchner a préféré ne pas reprendre un peu plus tard, déclarant sur France 2 : "Je n'emploierais pas le mot 'neutre'. Nous soutenons le pouvoir, la légalité." Des divergences qui reflètent bien la position difficile de la France dans ce dossier.
Note YR : Va t-on bientôt se poser la question : " mourir pour N'Djamena ? "
L’emprise globalitaire et l’agonie de l’Europe
Article de Philippe Forget publié le 2 février 2008
S’abritant
derrière une rationalité économique, les idéologues du démocratisme
final ne cessent de pontifier sur la nécessaire advenue de la
« globalisation » du monde. Comme ils prennent prétexte de la
disparition de l’U.R.S.S. et du système des blocs, qu’ils se targuent
d’avoir vaincu le « totalitarisme » et d’en empêcher désormais la
renaissance sous d’autres formes, ils chantent les bienfaits de la
« gouvernance » globale qui réconcilierait enfin l’humanité avec
elle-même et lui permettrait de résoudre rationnellement ses problèmes,
dans « la paix », « la démocratie » et le « développement durable ».
Mais pour cela, il faut supprimer un type d’hommes, celui des visages
historiques, politiques et culturelles — ou du moins, que ceux-ci ne
subsistent qu’à titre de divertissement ou de mémoires coupables. Telle
est l’idéologie qui nourrit les technocrates (les technocrates de la
finance, de l’Etat et des médias étant intrinsèquement liés) de tous
poils dont le pouvoir sévit aux dépens des peuples du monde, et au
premier chef des Européens.
La stratégie essentielle de ces hommes machinaux est de
rendre informe toute politique d’un être-en-commun et de flatter les
populations à toujours s’identifier davantage au bourbeux mélange de la
« société civile ». Ainsi enivrées de « tolérance » et de « respect »,
les masses petites-bourgeoises ne consentent que mieux à nier leurs
pères et enfants, et à s’enfouir sous les matrices socio-techniques du
bonheur global. À travers le processus de la globalisation, s’érige une
nouvelle forme de domination : celle du globalitarisme
qu’il faut bien nommer ainsi pour la distinguer du totalitarisme. Le
total n’est pas le global ; et les pathologies politiques qui peuvent
en procéder n’offrent pas le même aspect.
Une totalité est un ensemble qui relie et dépasse ses
parties tout en les maintenant ; la globalité recouvre êtres, éléments
et choses, tout en les plongeant dans l’indifférence. Tandis que le
concept de totalité s’applique à toutes les sortes de figure, celui de
globalité désigne la seule forme de la sphère dont l’aspect lisse et la
rotondité la disposent au tournoiement illimité. La totalité peut être
fermée ou ouverte sur un extérieur ; la globalité ne connaît pas de
bords et se clôt toujours sur elle-même. La différence conceptuelle de
ces deux ensembles détermine la définition des phénomènes du
totalitarisme et du globalitarisme.
Totalitarisme et globalitarisme constituent deux sortes
d’étouffement de la vie humaine. Mais alors que le premier réside dans
l’obnubilation d’un sens dont la forme historique et politique ne
parvient pas à se transformer au fil de ses expériences, à surmonter
ses contradictions et à intégrer le jeu des contraires, et qui se
traduit politiquement par l’application totale et brutale d’une vérité
dogmatique et unilatérale, à toutes les dimensions de la vie humaine ;
le second programme l’annulation des formes du sens, en procédant
méthodiquement au lissage de leurs reliefs et frontières. D’où s’ensuit
la confusion des signes, des langues et des jugements ; bref, la
diffusion universelle du non-sens, à un point tel que chacun admet de
survivre aveuglément dans la globalité circulatoire des exécutions
fonctionnelles et de leur reproduction illimitée.
Le régime totalitaire se prévaut d’un dessein à
accomplir, d’une totalité qu’il souhaite finir au plus vite et par tous
les moyens ; et on peut encore en désigner l’appareil politique, lequel
entend bien d’ailleurs se différencier et affirmer son élection
historique. Le dispositif globalitaire est au contraire agencé par des
technocraties calculatrices de leur seule reproduction qui est
organiquement liée à la spirale infinie du capitalisme entièrement
socialisé ; et caché dans ses machineries, ce pouvoir anonyme répugne à
être distingué.
Le totalitarisme, c’est l’accouchement forcené d’un
monde, et donc son avortement de durée plus ou moins longue. Le
globalitarisme, c’est au contraire l’usure indéfinie des mondes humains
par l’ingénierie de leur décomposition radicale et de leur
recomposition abstraite. Instance d’oppression invisible, il meut un
processus normatif par lequel la Terre des hommes se fait transformer
en globe hermétique de la productivité fonctionnelle. Sous ce globe qui
annule toutes les directions de l’existence, peuples, communautés et
personnes sont rompus, puis reproduits médiatiquement, socialisés,
réglés et mis sous contrôle par l’arsenal des normes (éthiques,
sociales et ethniques, économiques, financières, policières,
écologiques, prophylactiques, sexuelles, alimentaires, ludiques, etc.)
que secrète la technocratie globalitaire.
Alors que la normalisation totalitaire veut forcer la
naissance d’un homme nouveau et qu’elle exclut ou élimine les déviants
de son projet, la normativité globalitaire, comme elle programme des
comportements et leurs effets, connaît, pour sa part, seulement des
déchets qu’il faut traiter ou des cibles qu’il faut neutraliser. Si le
totalitarisme somme les existences dans la production violente d’une humanité unique, le globalitarisme consomme
les vies, desquelles il abstraie leur humanité diverse pour ensuite la
virtualiser dans son appareillage signalétique et numérique. L’un
n’admet d’humanité que celle qu’il produit, l’autre l’aliène dans une
virtualité fonctionnelle. À la différence de la coercition totalitaire,
la séduction globalitaire semble irrésistiblement fasciner les sociétés
européennes. Pourquoi l’emprise globalitaire se resserre-t-elle donc si
aisément sur l’Occident ?
Sans rencontrer de grande résistance, le globalitarisme
convainc progressivement les peuples européens de dissoudre leurs
paysages d’histoire et d’esprit dans le mélange universel autant qu’il
les persuade de ne pas se donner une nouvelle figure. Gros de la
moraline humanitaire qu’il ne cesse d’ingurgiter depuis des décennies,
le consommateur consent d’autant mieux à son éviction civique qu’il
s’était déjà politiquement perdu entre son incessante digestion
d’objets et événements, et les spasmes de sa plainte sociale. Fuyant
toute discipline d’une existence civique, il croit gagner quelque
vertèbre morale par le culte de l’Humanité médiatique. Le
globalitarisme tire donc son efficace de l’étroite conjonction qui lie
les stratagèmes du technocrate et les aspirations oisives du
consommateur. Tous deux conspirent à la régression vers l’informe, à l’amorphogénèse
générale. Toutefois, pensant abolir les formes des peuples, ils ne font
que les user. Technocratie globalitaire et masses amorphes espèrent
s’alléger des fardeaux de l’esprit et de ses travaux historiques, hors
que leur salut tant souhaité patine dans l’impuissance face aux forces
virulentes de l’époque.
Pour vouloir sa propre décomposition, il faut se haïr. Un tropisme sotériologique hante le globalitarisme, celui du dépouillement de soi. L’enjeu du procès globalitaire n’est pas de se métamorphoser, de se révolutionner, mais de s’achever, et même d’être infiniment achevé. L’agonie de soi, perpétuée, célébrée et instituée : voici le ressort secret du pouvoir globalitaire et de sa piété « démocratique ». Par l’agonie offerte à l’Autre (et pratiquement aux autres) et la négation des siens, s’élève la rédemption de l’humanité occidentale dans l’humanité globalisée. Et cette oblation démente qui ne figure rien s’adresse à tous les peuples de l’univers ! Il n’échappera pas cependant aux esprits sains que la transfiguration de l’humanité en cette humanité abstraite qu’appellent les fanatiques du hors-sol finit dans la défiguration des humanités concrètes. Sur le plan politique, ce retour du salut nourrit pleinement l’idéologie dominante, à savoir l’inversion de la réalité vécue dans la publicité des idées, images, slogans et mots d’ordre. Au moment même où l’humanité globalisée se voit spectaculairement produite par le dispositif normatif et médiatique, jamais les liens anthropologiques qui tissent l’unité, accordante et discordante, des peuples et de leur existence proprement humaine, n’ont été si précaires. Au total, l’obnubilation globalitaire débouche à la fois sur la ruine de tout sens commun et sur les gesticulations grotesques d’une humanité postiche. Mais derrière ce spectacle hideux, s’effondre la verticalité créatrice de l’homme occidental.
L’épisode de la destruction des Bouddhas géants par les Talibans peut illustrer la différence entre pouvoir totalitaire et emprise globalitaire, comme il démontre la tartufferie civilisatrice de l’actuel Occident. Pouvoir quasi-totalitaire, les Talibans virent dans ces idoles la trace monumentale d’un sens qu’ils ne pouvaient ni inclure ni côtoyer ; aussi détruisirent-ils ces figures trop lourdes de mauvais sens. L’obnubilation du sens qu’éprouvaient les Talibans se traduisit par la surévaluation négative d’un sens autre, déposé dans ces figures de pierre. Le trop-de-sens s’affrontait ici au trop-de-contre-sens. L’Occident, soi-disant civilisé, n’eut que quelques mots de regret pour la disparition de ces œuvres de l’esprit. Certains de ses journalistes globalitaires eurent même l’idée bizarre de balancer cette destruction avec le sort des femmes afghanes. Il fallait montrer le non-sens d’un héritage spirituel par rapport à la valeur médiatique des icones « victimaires ». Lors de cet événement barbare, le dispositif globalitaire a bien témoigné de son économie insensée : les Bouddhas, hors d’atteinte du tourisme, n’étaient riches d’aucune virtualité fonctionnelle et ne méritaient donc de ne bénéficier d’aucune forte pression politique, voire armée, sur les Talibans. En revanche, cette icone « victimaire » qu’est la femme afghane mobilisait de la virtualité productive, et elle renforça par la suite l’alimentation médiatique de l’invasion fonctionnelle de l’Afghanistan, déclenchée par le signal du 11 septembre.
Imposteur publicitaire, le pouvoir globalitaire parodie
la civilisation pendant qu’il l’évacue, car l’indifférence à toute
verticalité sensible le constitue par principe. Aussi peut-on penser
que tous les monuments et œuvres de l’Europe ne signifient rien pour
les consommateurs et les technocrates européens. Quand ils seraient
détruits, cela n’aurait pas de sens historique et politique et
n’induirait aucune politique extérieure souveraine ; évidemment, le
dispositif sécuritaire serait encore plus verrouillé et spectaculaire.
Les monastères orthodoxes du Kosovo connaissent aussi la ruine, sans
grande réaction des peuples orthodoxes : malgré bien des rodomontades,
ceux-ci participent déjà, eux aussi, au processus globalitaire.
Ainsi épurée de ses formes langagières, historiques et
politiques, ainsi formatée par la technicité et ses codes, l’Humanité
globale jouira de l’insignifiante perfection d’un moteur. Tel est le
blême horizon de la technocratie globalitaire. Quand le totalitarisme
veut finir l’Histoire par la politique, le globalitarisme veut en finir
avec l’Histoire et la politique, par l’ingénierie des normes. En
matière humaine, il est aussi de pures lèpres de l’esprit qui ne
tardent point à décomposer les corps historiques et politiques. À n’en
point douter, l’Europe lépreuse du traité de Lisbonne est à la pointe
du processus globalitaire.
Histoire de l'Algérie française
Les 4 Vérités
Article de Pierre Barrucand publié le 30 janvier 2008
D’étranges campagnes tendent à imposer une vision erronée de l’Algérie française et même à faire disparaître jusqu’à son souvenir dans la « mémoire », conservant uniquement des légendes mensongères ou exagérées de prétendus crimes.
En 1962, un million de Français furent obligés de quitter, dans les pires conditions, leur province natale devant la menace : « la valise ou le cercueil ». Ce qui s’était passé ou se passera au XXe siècle montre que des massacres de masse, perpétrés par peu d’exécuteurs, sont possibles et très efficaces ; la crainte était donc plus que justifiée ! Or, si de nombreux autres déplacements de populations entières eurent lieu au XXe siècle, ils ne sont pas oubliés sauf quand il s’agit des « Européens d’Algérie ».
Tout se passe comme si un peuple entier avait disparu sans qu’on en ait aucun souvenir. A-t-il existé ? En son sein une importante colonie juive dont une partie d’entre eux descendait d’immigrants venus bien avant le début de l’ère chrétienne. Ajoutons à cela la page la plus honteuse de l’Histoire de France, l’abandon au massacre des harkis par les autorités françaises qui firent tout pour empêcher leur embarquement, ce qui fut heureusement neutralisé en partie par le courage de certains, surtout des officiers. Dans « Le courrier de la colère », en 1958, parut un article « Le mal jaune » qui exposait la douleur des officiers français contraints (par la force des choses, non par une volonté d’État) à l’abandon des Indochinois combattant avec les Français. Le directeur de ce journal s’appelait Michel Debré, celui-ci même qui, en 1962…
Que penser alors des déclarations de certains « historiens » français et de M. Boutéflika ? Tout d’abord, lors de la conquête en 1830, il n’y a eu pratiquement aucune résistance à Alger et rigoureusement aucune à Oran et dans le Titteri ou les deys cédèrent sans combat, seul le Constantinois luttant quelques années. Plus tard, la révolte d’Abd el Kader amena à un conflit général. Mais ce dernier, après sa défaite, ne reprocha jamais des atrocités quelconques à la France. Et pour montrer son désir de paix, adhéra à la Franc-maçonnerie non touchée alors par l’anticléricalisme de la fin du XIXe siècle. De fait, l’armée française se comporta en Algérie comme elle l’avait fait ailleurs en Europe sous Napoléon, ni plus ni moins, n’en déplaise à B.H. Lévy.
Quant à la guerre d’Algérie (1954-1962), on oublie trop vite que le FLN se livra à des atrocités bien pires que la France contre la population musulmane, voire contre ses propres partisans et cela même après la capitulation française. Ainsi, le dirigeant FLN kabyle Krim Belkacem, qui souhaitait, après celle-ci, une entente avec la France et les Français d’Algérie, fut assassiné. Je crois que Jean-Marie Le Pen connaît certains détails sur cette affaire.
Que furent certaines réalisations de la France en Algérie ?
Dès 1830, fut mis fin à la condition atroce des Juifs et à l’esclavage,
et en 1870, ces « Juifs indigènes » furent naturalisés en bloc,
devenant ainsi composante essentielle de la nation. Surtout, sous la
IIIe République, on considérait que l’Algérie devait devenir une
colonie de peuplement, d’où l’appel à diverses émigrations. En général,
une telle colonisation entraîne une politique cruelle contre les
populations indigènes d’où leur déclin démographique, voire leur
disparition. Tel fut le cas en Amérique du Nord, en Australie et
ailleurs. Or, en Algérie, ce fut exactement le contraire ! Ce pays, en
1830, était fort peu peuplé à cause des maladies et des luttes
permanentes. Le considérer comme terre de peuplement était donc
logique. Or la progression démographique fut foudroyante grâce
notamment à un effort sanitaire et médical très grand. Ce qui est
exactement le contraire d’un génocide.
De même, il fut tenu le plus grand compte des us et coutumes locales
(trop peut-être) et aucune conversion religieuse ne fut tentée. Le
culte musulman fut même protégé.
Il n’en reste pas moins que l’effort éducatif fut insuffisant, tout
comme les contacts entre les deux populations, que l’Algérie était
sous-administrée, et qu’avant 1945, aucun effort ne fut fait pour
remédier à une situation politique absurde et injuste. Que
l’administration était souvent aveugle…
En 1958, pour montrer leur volonté de s’émanciper grâce à la France, à
Alger, de nombreuses femmes musulmanes enlevèrent leur voile.
Aujourd’hui, elles sont soumises à l’infâme « Code de la famille » ! Un
symbole des illusions perdues.
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se sont mariés samedi matin à l'Elysée
Le Monde
édition du 2 février 2008
L'Elysée a confirmé, samedi 2 février dans l'après-midi, le mariage dans
la matinée du président de la République avec Carla Bruni dans un
communiqué d'une phrase : "Madame Carla Bruni-Tedeschi et monsieur Nicolas Sarkozy annoncent
qu'ils se sont mariés ce matin en présence de leurs familles dans la
plus stricte intimité." C'est François Lebel, le maire du 8e arrondissement de Paris qui les a mariés, qui avait confirmé un peu plus tôt l'information.
"La mariée était en blanc et le président en costume
cravate comme il se doit dans n'importe quel mariage civil, a-t-il raconté M. Lebel, précisant les avoir mariés à 11 heures. Il
y a eu un échange d'alliances et la traditionnelle bise. Il n'y a rien
d'exceptionnel, si ce n'est que ça s'est passé au premier étage de
l'Elysée." Informé "depuis une dizaine de jours" de la date du mariage présidentiel, le maire du 8e
a précisé que les bans n'ont pas été publiés car le président a obtenu une dispense du procureur de la République de Paris, "ce qui a été consigné dans l'acte de mariage".
Une vingtaine de personnes, "parents très proches et amis", ont assisté à la cérémonie, a ajouté le maire du 8e. Témoins peu nombreux puisque même Isabelle Balkany, l'épouse du maire
de Levallois (Hauts-de-Seine), l'un et l'autre très proches de Nicolas
Sarkozy, n'était pas là. "S'il y avait eu des invités et une réception, je vois déjà certains
de vos confrères l'accuser d'instrumentaliser son mariage. Je n'arrête
pas d'entendre cette accusation débile" sur sa vie privée, a-t-elle ajouté. L'étalage de la vie privée du président explique en partie selon les
analystes la baisse sensible et continue, ces dernières semaines, de sa
cote de popularité dans les sondages.
Il s'agit du troisième mariage du président, qui a été le premier divorcé élu à l'Elysée. Il a eu deux enfants de son premier mariage et un fils avec son ex-épouse Cécilia Ciganer-Albeniz, dont il a divorcé en octobre, après onze ans de mariage, devenant là encore le premier chef d'Etat à divorcer en fonctions. De son côté, Carla Bruni, 40 ans, a eu un fils, Aurélien, aujourd'hui âgé de 6 ans, avec le professeur de philosophie Raphaël Enthoven. Fille d'un riche industriel italien, elle s'est reconvertie avec succès dans la chanson après avoir mené une carrière internationale de mannequin pendant les années 1990.
M. Sarkozy, 53 ans, s'était affiché depuis décembre en compagnie de Carla Bruni, l'emmenant par deux fois pour des vacances très médiatisées, en Egypte puis en Jordanie. Et lors de sa conférence de presse de rentrée le 8 janvier, le chef de l'Etat avait affirmé qu'"avec Carla, c'est du sérieux", assurant même aux journalistes qu'il y avait toutes les chances pour qu'ils "n'apprennent [un mariage] que le lendemain". Depuis lors, des rumeurs de mariage circulaient. L'Est Républicain avait annoncé que l'union avait eu lieu le 10 janvier. Le Journal du Dimanche l'avait annoncée pour le 9 février. Finalement, c'est la radio RTL qui a la première révélé l'information samedi à la mi-journée, citant "des témoins".
La nouvelle madame Irma pour nous endormir
Le patrimoine des chefs d'Etat africains en France
Le Monde
Article de Philippe Bernard publié le 31 janvier 2008
C'est un monde enchanté où l'on vogue d'une villa de 9 pièces avec
piscine à Nice à un hôtel particulier de l'Ouest parisien. Un univers
surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d'euros. Un
microcosme constellé d'une myriade de comptes bancaires. Oligarques
russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d'Hollywood ? Non : chefs
d'Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les
populations comptent parmi les plus pauvres de la planète.
Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans
l'immobilier en France, qu'ils séjournent à Paris dans un luxe inouï,
que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus
grande opacité n'est pas une révélation. Mais, cette fois, l'inventaire
de ce patrimoine vertigineux n'est pas dressé par des militants
tiers-mondistes en lutte contre la "Françafrique".
Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre
2007 par les policiers de l'Office central pour la répression de la
grande délinquance financière (OCRGDF).
Cette enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une plainte pour "recel de détournement d'argent public"
déposée en mars par trois associations françaises, visant cinq chefs
d'Etat : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou
Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l'Angolais Eduardo Dos Santos,
et le Guinéen Teodoro Obiang.
Au fil des centaines de pages du
dossier se dessine une singulière carte du Paris africain, sorte de
Monopoly où les présidents auraient jeté leur dévolu sur les artères
les plus huppées. Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est
surtout localisé "dans des quartiers à forte valeur marchande, soulignent les policiers. Paris 16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar Bongo et son épouse, Paris 16e et Neuilly-sur-Seine pour Jeff Bongo [un des fils d'Omar Bongo], Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou Nguesso, Courbevoie pour Wilfrid Nguesso [neveu du président du Congo] ou Paris 16e pour Chantal Compaoré [épouse du président burkinabé]".
La
découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et
la plaine Monceau, dans le 8earrondissement de la capitale. Là, un
hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875
millions d'euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci
associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et
Yacine Queenie, 16ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du
président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier,
Edgar Nguesso, 40 ans.
Au total, sont répertoriés 33 biens
(appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais
Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et
ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant
concerne M.Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17
propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété "est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d'une piscine", précise le procès-verbal. "Un
chef d'Etat, en fonctions depuis quarante ans dans un pays pétrolier et
qui a des revenus officiels importants, peut économiser suffisamment
d'argent pour acheter plusieurs appartements à Paris, explique Me
François Meyer, avocat d'Omar Bongo et de sa famille. Surtout avec les
prix très bas de l'immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans."
Selon
les policiers, le président Bongo dispose de quatre adresses distinctes
à Paris. Ali Bongo, qui est son fils et aussi son ministre de la
défense depuis 1999, est également propriétaire avenue Foch tandis que
son épouse Edith possède deux immenses logements dans le
7earrondissement, non loin de la tour Eiffel. De Nice à
Neuilly-sur-Seine en passant – souvent – par le 16e
arrondissement parisien, l'enquête recense aussi les propriétés de Jean
Ping, ex-gendre d'Omar Bongo et actuel ministre des affaires
étrangères, et d'autres fils du président gabonais comme Omar-Denis
junior et Jeff, ainsi que de filles comme Audrey, Yacine Queenie, ou
petite-fille comme Nesta Shakita.
En comparaison de ce petit
empire immobilier, les autres chefs d'Etat visés apparaissent comme de
petits propriétaires. Discret, le président congolais Denis Sassou
Nguesso ne fait qu'"utiliser", selon les policiers, la Villa Suzette du Vésinet (Yvelines). Cette coquette demeure de 485 m2
était juridiquement la propriété de son frère Valentin, jusqu'à ce que,
quelques semaines avant le décès de ce dernier à la fin 2004, elle soit
cédée à une société de droit luxembourgeois aux actionnaires anonymes.
Les enquêteurs ont également répertorié un appartement de 9 pièces acheté à Paris (17e)
en 2007 pour 2470000 euros par l'épouse du président congolais
Antoinette Sassou Nguesso. Ils mentionnent aussi le logement de 10
pièces à 1 600 000 euros acquis en 2005 à Paris par leur fils Denis
Christel, ainsi que l'hôtel particulier de 7 pièces avec piscine
intérieure à Neuilly-sur-Seine acheté 3,15 millions d'euros en 2006 par
Julienne, leur fille cadette.
Les mêmes policiers n'ont découvert
aucun bien immobilier appartenant au président angolais Dos Santos ni
au Burkinabé Blaise Compaoré. Seule la déclaration d'impôt sur la
fortune de Chantal, l'épouse de ce dernier, a montré qu'elle possède
deux biens immobiliers à titre personnel dans le 16e
arrondissement. Dans le même quartier, le président guinéen Teodoro
Obiang est propriétaire d'un appartement. Epluchant les fichiers
fiscaux et bancaires, les enquêteurs de l'OCRGDF ont non seulement
dressé la liste des biens immobiliers, mais aussi des comptes bancaires
accueillant en France les avoirs de dirigeants africains et de leur
famille.
Ainsi, Edgar Nguesso ne possède pas moins de 12
comptes dont 7 courants. Mais aucun n'apparaît au nom de son oncle, le
président du Congo. Son homologue gabonais, lui, est titulaire de 11
comptes ouverts à Paris, Nice ou Créteil dont 6 comptes courants.
Dans
leur élan, visiblement ébahis par leurs découvertes, les policiers ont
étendu leurs investigations au domaine des voitures de luxe, qui
n'était pas explicitement visé par la plainte. Chez les
concessionnaires Mercedes, Bugatti ou Aston Martin, ils ont retrouvé ce
qu'ils n'avaient pas obtenu pour les appartements : les chèques et les
virements ayant servi aux paiements.
"Le financement de certains véhicules apparaît pour le moins atypique", notent les enquêteurs, maniant l'euphémisme à propos de "ce parc automobile conséquent".
Les deux Ferrari acquises pour près de 400 000 euros par Ali Bongo, la
Maybach à 424 477 euros d'Edith Bongo, les trois Bugatti à 1 million
d'euros pièce fabriquées spécialement pour Teodoro Nguema Obiang, le
fils du président de Guinée équatoriale, ont été payés au moyen de
chèques tirés par des sociétés au profil opaque.
De même, notent les policiers, Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, "règle le solde d'achat d'un véhicule Aston Martin type DB9 par un virement émis par Matsip Consulting",
une société de droit luxembourgeois aux associés inconnus qui apparaît
également comme propriétaire de la Villa Suzette du Vésinet.
Le fils du président de la Guinée équatoriale a, lui, acheté au total en France "une quinzaine de véhicules pour un montant estimé de plus de 5,7 millions d'euros",
acquittés là encore par des virements de sociétés intermédiaires. Son
nom, Teodoro Nguema Obiang, a été cité en 2004 dans un rapport du Sénat
américain sur les transactions suspectes couvertes par la Riggs Bank
qui, à Washington, gérait alors plus de 60comptes au nom des
responsables de ce petit Etat pétrolier et de leur famille.
En fait de "financement atypique", les enquêteurs français se sont vivement intéressés au chèque de 390 795 euros tiré en février 2004 par la "paierie du Gabon en France" pour régler la "Maybach 57" (une marque allemande concurrente de Rolls-Royce) de couleur "bleu Côte d'Azur" destinée à "Madame la Présidente Edith-Lucie Bongo-Ondimba".
A en croire ce chèque, dont la copie figure au dossier, l'argent public
gabonais financerait le véhicule de grand luxe de la première dame du
pays, qui n'a pourtant aucune fonction officielle.
Le même compte de la "paierie du Gabon"
ouvert à la Banque de France et utilisé pour régler les frais de
fonctionnement de l'ambassade à Paris a servi à financer la moitié
d'une Mercedes à 75858euros dotée d'un "toit ouvrant panoramique"
achetée en septembre 2006 à Paris par Pascaline Bongo, la fille du
président, qui est aussi sa directrice de cabinet. Curieusement, le
reliquat de 41 370 euros a été acquitté par un chèque signé de Me François Meyer, avocat du président Bongo. "Cela peut étonner, admet Me Meyer. Mais je peux faire des cadeaux à la fille du président Bongo, que je connais depuis vingt ans."
D'où vient l'argent ? Au vu de ce somptueux état des patrimoines, la
question de l'origine des fonds s'impose. L'apparente disproportion
entre la richesse immobilière accumulée et les revenus publics des
propriétaires aurait pu suggérer de poursuivre des investigations dans
les comptes bancaires ayant permis pareilles transactions.
Le salaire mensuel officiellement versé par l'Etat gabonais au président Bongo ne se limite-t-il pas à 14 940 euros, selon l'hebdomadaire Jeune Afrique? Celui du président Sassou Nguesso n'est-il pas de 30 000 euros, comme l'indiquent d'autres sources? Quant à Teodoro Obiang, ministre de l'agriculture et des forêts de son père, ne perçoit-il pas officiellement 5 000 dollars (3 400euros) par mois, d'après des sources américaines? Des investigations plus approfondies auraient dépassé le cadre de l'enquête préliminaire de police. Elles supposeraient l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction. Une telle perspective a été écartée par la décision de classement, notifiée le 15 novembre par le parquet de Paris. Mais le dossier pourrait être rouvert si les associations parvenaient à déposer une nouvelle plainte, assortie cette fois d'une constitution de partie civile, comme elles en nourrissent le projet. Cette formule conduit automatiquement à la désignation d'un juge d'instruction, à condition que les plaignants prouvent leur "intérêt à agir".
Même si un juge d'instruction était désigné, de sérieux obstacles surgiraient immédiatement sur sa route. Outre l'immunité dont peuvent se prévaloir des chefs d'Etat en exercice – mais pas leurs familles –, la difficulté résiderait dans la mise au jour des opérations à l'origine d'éventuels détournements. Il faudrait enquêter en Afrique, où des infractions auraient été commises, notamment dans les comptes publics. "La preuve que l'argent public a financé des dépenses privées se trouve dans le pays que contrôle précisément… le bénéficiaire", résume un spécialiste du dossier.
Trois des cinq régimes concernés bénéficient du soutien indéfectible de Paris. Cet appui, renouvelé récemment par Nicolas Sarkozy, ne devrait pas fondamentalement être remis en cause par la récente sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la coopération, contre le "gaspillage des fonds publics" par certains Etats africains. Or une enquête destinée à faire la lumière sur d'éventuels "biens mal acquis" déborde rapidement les normes policières ou judiciaires. Elle suppose une véritable mise à nu de la relation franco-africaine.
Beigbeder arrêté en possession de cocaïne
édition du 2 février 2008
La séquence aurait mérité de figurer dans l'adaptation
cinématographique du best-seller de Beigbeder, « 99 F » : à 3 heures du matin, dans une rue
du très chic VIIIe
arrondissement de Paris, deux hommes se penchent bizarrement pour
renifler le capot d'une voiture. Leur attitude intrigue une patrouille de police qui passe par
là. Le duo prend la fuite à l'approche des fonctionnaires qui constatent que les deux individus
étaient en train de sniffer de la cocaïne sur l'avant du véhicule...
Une courte course-poursuite
s'engage. En quelques secondes, les fuyards sont rattrapés et interpellés. Mais, aussi surréaliste
que la scène puisse paraître, elle n'est pas tirée d'un film. Et le personnage central et bien
réel n'est autre que Fréderic Beigbeder lui-même.
L'auteur à succès a fini la nuit de mardi
dans les locaux du service d'investigation de la police urbaine de sécurité du VIIIe
arrondissement. Les enquêteurs ont découvert deux sachets de cocaïne sur l'écrivain qui a été
déféré mercredi devant un magistrat du parquet de Paris. Considéré par la justice comme un simple
consommateur, Beigbeder ne fera pas l'objet de poursuites devant un tribunal, mais s'est vu
prescrire une « injonction thérapeutique ». En clair, il devra suivre un traitement pour se
défaire de son addiction.
Cette triste péripétie vécue par l'ex-chroniqueur de Canal + rappelle
les mésaventures d'Octave, le héros de son roman « 99 F », porté à l'écran par le réalisateur
Jan Kounen et interprété par Jean Dujardin. L'histoire, inspirée de la propre expérience de
Frédéric Beigbeder dans le monde de la publicité, relatait la vie tumultueuse d'un jeune créateur
d'une grosse agence, couvert d'argent, de filles et de cocaïne.
Une image
de dandy déjanté
Aussi
connu pour son goût de la fête que pour ses talents littéraires, Beigbeder assurait récemment
qu'il était loin de l'image du dandy déjanté que le Tout-Paris lui prête depuis des années.
A l'occasion de sa séparation d'avec la comédienne Laura Smet, la fille de Johnny Hallyday,
il soutenait même dans un entretien paru dans « VSD » que sa volonté d'avoir une vie plus calme
était à l'origine de leur rupture : « Elle voulait qu'on sorte s'éclater toutes les nuits au
Baron
(NDLR : un établissement branché parisien).
J'en avais marre, j'ai mis le pied sur le
frein. Pour sauver notre couple, je lui ai proposé qu'on se reconstruise à la maison, qu'on
passe des soirées normales à regarder des DVD. Je l'ai larguée après lui avoir posé un ultimatum
qu'elle n'a pas respecté. On a du mal à croire cela venant de moi (...). Mais je comprends la
réaction de la majorité des gens : je suis le vieux play-boy cynique qui a fourvoyé une gamine
de 23 ans. Tant pis, (...) ma réputation est déjà faite. » Une réputation qui ne risque pas
de s'effacer après l'épisode judiciaire de cette semaine.
Note YR : Voici cher citoyens Français qui regardez chaque jour ce qui vous reste dans la poche la vie tumultueuse des " bobos " parisiens. C'est assez triste, non ?
Une claque qui fait grand bruit
La claque du professeur de technologie de Maubeuge en début de semaine dernière à un élève de 11ans qui l'insultait a pris des proportions telles que le professeur de 49 ans vit cloîtré à son domicile après avoir passé une journée en garde-à-vue. Premièrement, le voilà lâché par sa hiérarchie qui l'a suspendu jusqu'à son jugement et secondo il est donc désormais question de se demander comment dans l'état actuel il faut faire pour maintenir une discipline dans les établissements scolaires, puisque la moindre petite claque fait passer les enseignants pour des délinquants dangereux...
Ajoutons le fait que le père du jeune garçon , gendarme de profession, soit venu en tenue dans le but inavoué mais forcément intentionnel de marquer les esprits des élèves mais aussi des collègues de l'enseignant ce qui est , c'est un avis personnel, assez scandaleux.
Ok, on va me dire que le professeur ( qui aurait un problème avec l'alcool, ceci dit il n'a jamais eu de problème au niveau professionnel )n'a pas à donner un coup à un élève quel qu'il soit, mais mettez-vous une minute dans la peau d'un homme ou d'une femme confronté en permanence aux insultes, les cris etc. L'éducation des enfants en ce qui concerne les comportements, la politesse, toutes ces choses que nous avons appris gamins se ne sont pas les enseignants qui doivent les apporter mais bien les parents.
D'autre part, la réaction des élèves indisciplinés sera certainement celle de la victoire : ils vont pouvoir en toute impunité en faire encore plus qu'ils ne font puisqu'ils auront le sentiment d'être quelque part soutenus.
Voilà où en est notre société aujourd'hui...
Yann Redekker



