mercredi 13 février 2008
L'équipée de la famille royale saoudienne en TGV
Le Figaro
Article de Jerôme Bouin publié le 13 février 2008
Début février, certains passagers du train Bourg-Saint-Maurice/Paris ont du changer de wagon pour laisser leur place aux membres de la famille royale. La SNCF rejette toute suspicion de favoritisme.
Rarement sans doute un voyage en TGV n'aura autant fait parler de
lui. Le voyage en question est celui de la famille royale saoudienne,
décrit par le menu dans le dernier numéro du Canard Enchaîné. Après un
séjour au ski dans une station savoyarde, la famille et sa suite (80
personnes selon l'hebdomadaire satirique) décide de remonter à Paris le
2 février dernier, avec un jour d'avance sur la date de départ prévue.
Et elle obtient, après négociation entre les services commerciaux de la
SNCF et l'ambassade d'Arabie Saoudite, de réquisitionner deux wagons de
première classe du TGV 6432 faisant la liaison entre Bourg-Saint
Maurice et Paris. Les voyageurs, qui étaient déjà installés dans le
train, ont quant à aux été informés par un contrôleur peu avant le
départ qu'ils devraient déménager à la station suivante de Moûtiers.
En
dépit des protestations, les passagers (40 étaient concernés selon le
Canard), dont deux femmes enceintes, ont dû s'exécuter et rejoindre un
autre wagon de première classe à l'autre bout du train. À Chambéry, où
aucun arrêt n'était initialement prévu, les membres de la famille
royale saoudienne et leur suite ont pu monter à bord à la faveur d'une
«escale technique».
«Une procédure fréquente»
La
SNCF, qui confirme l'information, tient toutefois à la relativiser,
arguant notamment qu'il s'agit d'une «procédure fréquente». «On l'a
fait pour la famille royale saoudienne, cela aurait pu être pour un
comité d'entreprise», explique-t-on au service presse. «Nous disposons
d'un outil nous permettant de visualiser l'état de l'occupation des TGV
et, lorsque c'est possible, on fait en sorte que les groupes, quels
qu'ils soient, puissent voyage ensemble dans la même voiture». Et
l'entreprise de souligner qu'en réalité, «seule une personne a
protesté». «Cette personne travaille comme technicien pour une radio
publique et c'est elle qui a donné l'information au Canard Enchaîné»,
explique au figaro.fr, le chef du service de presse de la SNCF. «Le
journal me l'a confirmé», ajoute-t-il.
Interrogé sur le fait
de savoir si un passager enjoint de changer de place est tenu
d'obtempérer, le service de presse de la SNCF peine à donner une
réponse définitive. «Théoriquement on n'a pas le droit d'imposer un
changement de place mais généralement, il n'y a pas de problème. On
procède avec courtoisie et on tente de trouver une solution avec les
voyageurs incommodés». Pourtant, selon le Canard Enchaîné, le
contrôleur aurait tenu ce discours aux passagers : «Si vous ne
descendez pas, le train ne repartira pas et la police viendra vous
faire sortir!»
Et le chef du service de presse de conclure : «Si
une union d'anciens combattants était amenée à réquisitionner une
voiture sur TGV, ce qui est tout à possible, personne n'en parlerait.
Seulement là il s'agit de la famille royale saoudienne, alors …»
Dernière
précision : la délégation saoudienne a bien payé ses places. «Plein
pot, comme pour une réservation de dernière minute», confirme la SNCF.
Note YR : Tout est possible à la SNCF, surtout sous le règne de Nicolas Sarkozy qui il est vrai l'a confirmé il y a peu : nous partageons avec l'Arabie saoudite la même civilisation...
