04-03-08
La soupe identitaire à nouveau interdite à Strasbourg...
Solidarité Alsacienne
Article de Chantal Spieler publié le 2 mars 2008
Samedi 1er
mars. L’équipe de Solidarité Alsacienne s’installe comme à son habitude
place de la gare à Strasbourg pour proposer une soupe au lard aux SDF
du quartier.
Nous n’avons pas encore sorti la marmite, rien n’est encore prêt, Robert Spieler présent commence à accueillir les premiers venus, nos jeunes militants partis chercher nos amis sdf ne sont pas encore revenus, mais nous avons déjà de la visite :
Un commissaire et deux inspecteurs, suivis de deux fourgons garnis de policiers en tenue viennent me voir. Le commissaire prend un air terrible pour m’asséner l’article je ne sais plus combien du code pénal et m’explique que je n’ai pas déclaré à la Préfecture cette « manifestation ». C’est donc un délit. J’ai beau essayer de lui expliquer que la « manifestation » en question n’est qu’une simple distribution de soupe aux sans-abri, que nous n’avons pas caché de pains de plastic dans nos provisions et que ça serait bien qu’il s’en retourne gentiment dans son commissariat pour nous oublier un peu, rien ne peut le détourner de son « importante » mission.
Il s’énerve le commissaire et m’explique que si je ne remballe pas tout de suite, ce n’est pas une ou deux heures au commissariat qui m’attend, mais une nuit en garde à vue. J’avoue que la perspective de la compagnie des petites dames de la nuit et autres alcooliques aussi peu repentis que bruyants ne me séduit pas plus que ça. Et je n’ai pas que ça à faire, nous sommes en pleine campagne électorale et nous devons organiser ce soir-là avec les responsables de Strasbourg d’Abord les collages et tractages de la semaine. Nous rangeons. La police partie, nous servons tout de même quelques repas à partir du coffre de la voiture ou en « service ambulant ».
Je ne sais pas pourquoi, alors que nous avons passé tout l’hiver sans embrouille d’aucune sorte avec les forces de l’ordre, le Préfet décide soudainement de s’intéresser à nouveau à nous.
Dès lundi, je vais aller à la Préfecture déclarer docilement notre prochaine distribution de soupe. Interdiction ou pas, nous reviendrons quand même et cette fois-ci il ne sera pas question de céder. Car après tout, nous sommes dans notre bon droit et rien ne doit interdire à une association caritative d’oeuvrer dans la rue.
C’est notre troisième hiver dans la rue. Vous vous souvenez que le premier hiver avait été particulièrement agité : interdictions préfectorales à répétitions (j’étais emmenée au commissariat toutes les semaines) au prétexte que notre action était discriminatoire et que les agités de la LCR venaient régulièrement nous houspiller, ce qui constituait un trouble à l’ordre public. Tout le monde s’en est mêlé : Catherine Trautmann, Fabienne Keller, la Licra, le Mrap, Sos-racisme, les verts, la LCR et d’autres encore. Louis Schweitzer, patron de la Halde y a vu là une urgence et s’est saisi de l’affaire pour nous poursuivre en justice.
Un bazar pour rien. L’année suivante, et cette année encore, comme nous n’avions pas cédé une seule fois, les chevaliers blancs de l’anti-racisme avaient fini par se lasser et ont disparu soudainement de notre vue. Et c’était très bien ainsi. Pas l’ombre d’un képi à l’horizon, nous n’avions même pas besoin de faire de déclarations officielles, nous étions finalement tolérés. Jusqu’à samedi.
Ce que le nouveau Préfet du Bas-Rhin ne sait sans doute pas, c’est que nous avons la tête dure et que les intimidations policières ne nous font ni chaud ni froid. Et puis nous l’avons promis à nos amis sans-abri furieux d’être privés d’une soirée amicale avec nous : nous reviendrons et nous resterons.
« Le FN n'est pas mort » !
FDA
FDA Quotidien du 1er mars 2008
Jean-Marie Le Pen a bouclé samedi par un déplacement à Lyon et à
Beauvais sa première semaine de tournée dans le cadre des élections
municipales et cantonales qui a débuté lundi à Bordeaux. Le Président
du FN était jeudi soir en meeting à Nice à l’Acropolis aux côtés des
candidats de la liste de l’opposition nationale conduite par le député
européen Lydia Schenardi. Lors du point presse qui a précédé ce meeting
Jean-Marie Le Pen a fait part de son optimisme raisonné : « Le FN n'est
pas mort et les gens le verront à l'occasion de ces élections (...). Le
FN n'est pas dans l'état où on l'espère » du côté des politiciens du
Système a-t-il assuré. « La vie politique est une sinusoïde,
quelquefois on est en haut, quelquefois en bas, tous les partis ont
connu ça ! ». Questionné sur l’enquête d’opinion TNS/Sofres-Logica
publié le même jour et créditant le FN de 4,5% dans la cinquième ville
de France, Jean-Marie Le Pen a relevé que « ce sondage a été effectué
il y a huit jours au moment où les Niçois ne savaient pas qui serait
tête de liste. Aujourd'hui ils le savent et le résultat sera différent
le 9 mars », a-t-il assuré renvoyant dos à dos Jacques Peyrat et
Christian Estrosi « deux candidats de l'UMP et de M. Sarkozy ».
« Le FN décolle »
A Marseille « le FN décolle » titrait Paris-Match jeudi dans son long
article consacré aux municipales dans la capitale phocéenne, rendant
compte du sondage IFOP-Fiducial selon lequel la liste frontiste de
Stéphane Ravier se hisserait en troisième position avec 11% des voix
(FDA Quotidien du 27/02/2008), 23% au sein de l’électorat se classant «
à droite ». Dans ce magazine, la tête de liste du FN indique que ce
retour en grâce s’explique par le fait que « les électeurs FN se sont
sentis trahis, ils rentrent à la maison », et qu’il portera jusqu’au
bout leurs aspirations en se maintenant au second tour partout où cela
sera possible. Localement, Stéphane Ravier relève aussi la très forte
collusion au niveau local de l’UMPS, rappelant l’aveu du directeur de
cabinet du sarkozyste Jean-Claude Gaudin : « tout ce dont la gauche
rêvait, Gaudin l’a fait ». Et Stéphane Ravier de citer encore le projet
de mosquée-cathédrale soutenu par les partis de l’Etablissement. Car à
l’instar des autres maires socialo-sarkozystes, « face à la disparition
de l’identité française et provençale de Marseille, la seule réponse de
M. Gaudin a été d’imposer cette grande mosquée. Je ne conteste pas le
droit de prier, mais avec ce qui se passe au Kosovo, je crains pour
l’avenir de ma ville » déclare-t-il à Paris-Match.
Sur le terrain
Selon un premier décompte effectué, le FN sera présent dans 119 villes
de plus de 10.000 habitants (plus de 200 si l’on compte les listes
indépendantes ou d’intérêt communal où figurent des frontistes), contre
150 en 2001 comme l’on relevé les médias qui n’ont pas manqué de gloser
sur ce nombre en retrait. Une situation qui s’explique bien évidemment
par les difficultés financières qui sont celles du Front National
depuis le revers des législatives. Car comme l’expliquait de nouveau le
Président du FN lors de son passage à Albi mardi : « nous n'avions pas
la certitude de passer la barre du remboursement, et comme le FN avance
l'argent, eh bien ces listes se sont vu refuser l'ouverture de crédits
qu'elles demandaient ». Mais mars verra aussi le FN aligner 1.041
candidats aux élections cantonales. Présente jeudi à Lille où elle
était venue soutenir la liste conduite par Eric Dillies, Marine Le Pen
a regretté à ce sujet qu’ « à part la presse locale ou régionale, la
presse nationale ne parle absolument pas des cantonales ». « Cette
élection est totalement sacrifiée au bénéfice des élections municipales
alors même qu'il m'apparaît que ces élections cantonales sont
fondamentales pour les Français ». « Il s'agit d'élire les conseillers
généraux et le conseil général est celui qui gère le social. Compte
tenu de la politique que met en place Nicolas Sarkozy, le social va
avoir une importance manifeste », citant notamment « la situation des
personnes âgées, un des grands défis du 21e siècle » ou « la situation
des personnes démunies ».
Responsables et coupables
La situation économique pèsera en effet à l’évidence sur les élections.
Marine Le Pen rappelait jeudi, alors que pour la première fois l’euro a
atteint la barre de 1,50 dollar, que cette politique de l’euro fort se
fait au détriment des travailleurs français qui voient leurs employeurs
choisir souvent de délocaliser leur activité dans des zones dollar ou à
bas coût, plus compétitives ». Et la Vice-présidente exécutive du FN de
citer l’exemple du groupe d’arts de la table Arc International qui
vient d’annoncer la suppression de 560 emplois en raison de coûts de
production trop importants, ou du groupe Smoby, en Franche-Comté,
dossier suivi de près par le conseiller régional FN Sophie Montel. «
Face à cette véritable situation d'urgence sociale et économique, le
Front National demande au gouvernement d’exiger de la Banque centrale
européenne une baisse immédiate de ses taux d’intérêts, et rappelle
l’absolue nécessité pour des nations souveraines et qui entendent le
rester de garder le contrôle de leur politique monétaire ». De son
côté, Michel Guiniot, directeur national au FN de la campagne des
cantonales s’est arrêté jeudi sur l’importante perte de pouvoir d’achat
des Français, consécutive à l’envolée des prix dans les grandes
surfaces. Or, ce sont les politiciens de l’UMPS qui ont « tout fait
pour faire disparaître le petit commerce et favoriser l’implantation,
le développement et la multiplication des hypermarchés (…). Pire
encore, les intérêts financiers croisés des différentes enseignes, les
ententes sur le dos des consommateurs, des fournisseurs et des
producteurs ont supprimés toute possibilité de concurrence et de
régulation des prix. Sarkozy, l’UMP et leurs amis du capitalisme
financier, du mondialisme et de l’ultralibéralisme portent la
responsabilité de cette situation et des fins de mois de plus en plus
difficiles pour les Français et notamment les plus modestes ».
Rama Yade tente tout…
Alors que le magazine Le Point indique cette semaine que Rama Yade est
pressentie par le chef de l’Etat pour remplacer Christine Albanel au
Ministère de la Culture, l’actuel secrétaire d’Etat aux Droits de
l’Homme n’a pas vraiment apporté la preuve de son humanisme à l’égard
des Français vivant dans la rue. Très forte pour donner des leçons « es
droits de l’homme » à la Russie de M. Poutine, Mme Yade était
interrogée mardi à l’issue d’un meeting sur l’utilisation par le maire
UMP d’Argenteuil l’été dernier d’un répulsif chimique contre les SDF.
Loin de s’offusquer de cette méthode dénoncée en son temps par le FN,
Rama Yade l’a justifiée en estimant qu’ « il faut tout tenter dans une
ville ». Rappelons que l’été dernier Mme Yade n’était pas restée l’arme
au pied puisqu’elle était venue apporter son soutien à des squatteurs
africains clandestins à Aubervilliers… apparemment plus digne de
considération que nos SDF gaulois.
