08-03-08
" Le noir de service "
le Quota
envoyé par brackmardcorp
Un proviseur en prison
On nous assure régulièrement que l'Education Nationale a depuis quelques années " mis le paquet " pour mettre ses " brebis gâleuses " hors d'état de nuire sur un sujet particulièrement sérieux et grave : la pédophilie et l'immoralité.
Or, il y a quelques jours, on apprenait que le proviseur du collège de Belleville ( Rhône ) avait été interpelé dans la station de sport d'hiver de Val-Thorens en Savoie alors qu'il se masturbait en présence de petites filles. Cette personne, déférée en comparution immédiate devant un magistrat d'Albertville a été incarcéré. Le plus étonnant dans cette sordide affaire c'est que le proviseur avait déjà des antécédents.
Le monde de l'enseignement ( je pense là particulièrement aux syndicats ) qui donne des leçons de savoir-vivre sur tous les sujets, y compris celui de la moralité, ferait bien parfois de balayer devant sa porte...
Yann Redekker
Jean-Marie Le Pen VS Sophie Marceau

« L'insolence de ces milieux du show-biz est sans limite … C'est la
nouvelle seigneurie de notre temps. On gagne beaucoup d'argent, on est
souvent placé dans des situations prestigieuses, favorables, on est
aimé, alors par conséquent on se croit tout permis »
« Ce sont les
précieuses ridicules. Mme Marceau a du apprendre ça quand elle
apprenait la comédie »
Jean-Marie Le Pen sur Europe 1 le 5mars au sujet de la " colère " de l'actrice Sophie Marceau
Le premier ministre démissionne et convoque des élections
Nouvel Observateur
édition du 8 mars 2008
Le Premier ministre nationaliste serbe,
Vojislav Kostunica, a annoncé samedi 8 mars sa démission et appelé à
des élections législatives anticipées suite à une crise gouvernementale
liée à l'indépendance du Kosovo et au rapprochement avec l'Union
européenne.
"Rendre le mandat au peuple"
"Le gouvernement serbe n'a plus de politique unifiée sur une importante
question liée à l'avenir du pays : le Kosovo. Un tel gouvernement ne
peut plus fonctionner. C'est la fin du gouvernement, nous devons rendre
le mandat au peuple", a dit Vojislav Kostunica lors d'une conférence de
presse.
"C'est pour cela que j'ai convoqué une réunion du gouvernement pour
qu'il décide de dissoudre le parlement et de convoquer des élections
législatives", a-t-il ajouté en proposant la date du 11 mai.
Indépendance du Kosovo
La réunion du gouvernement est prévue pour lundi prochain, a précisé
Vojislav Kostunica. Cette décision du Premier ministre fait suite à une
grave crise gouvernementale après la proclamation de l'indépendance du
Kosovo le 17 février par les dirigeants kosovars.
Après la proclamation de l'indépendance, Vojislav Kostunica, chef du
Parti démocratique de Serbie (DSS), s'est en effet vivement opposé au
président pro-européen Boris Tadic du Parti démocratique (DS) sur la
question du rapprochement avec l'UE. Alors que Boris Tadic souhaite
accélérer l'intégration de son pays à l'Europe des 27, Vojislav
Kostunica estime que la Serbie ne peut accepter aucun accord avec l'UE
sans "le Kosovo en tant que partie intégrante". Le DS, soutenu par la
petite formation libérale G17plus, est majoritaire au sein du
gouvernement.
Union européenne
Reconnaissant que son gouvernement traversait une crise, Vojislav
Kostunica avait déclaré vendredi qu'il ne faisait plus confiance à ses
partenaires pro-européens de la coalition au pouvoir pour s'opposer à
l'indépendance du Kosovo. "Le gouvernement serbe traverse une grave
crise car la volonté de décider que la Serbie en tant qu'État ne peut
devenir membre de l'UE que dans son intégralité, c'est-à-dire avec le
Kosovo, n'existe pas", avait indiqué Vojislav Kostunica dans une
déclaration à l'agence Tanjug.
La veille, le gouvernement s'était opposé à Vojislav Kostunica en
rejetant une résolution qui doit être discutée prochainement au
Parlement, et qui prévoit de geler tout rapprochement avec l'UE en
raison de l'indépendance du Kosovo.
Cette résolution, soutenue par Vojislav Kostunica, avait été proposée par le Parti radical serbe (SRS, ultranationaliste).
D’Ajaccio à Belgrade
Article de Georges Feltin-Tracol publié le 5 mars 2008
La question nationale comme disaient les Européens du XIXe siècle reste d’une brûlante actualité continentale en ce début de XXIe siècle. Deux faits récents nous rappellent son acuité et sa teneur potentiellement explosive.
Le 12 janvier 2008, après avoir occupé le siège de la collectivité territoriale de Corse à Ajaccio, des militants nationalistes corses incendient le bureau du président du Conseil exécutif de la dite-collectivité. Au soir du 21 février 2008, des milliers de personnes protestent dans les rues de Belgrade contre l’indépendance du Kossovo quand de jeunes Serbes s’en prennent à l’ambassade des États-Unis et y mettent le feu.
A priori, ces deux événements ne présentent aucun lien entre eux. Et pourtant, on assiste tant en Corse qu’en Serbe à des exemples virulents d’auto-défense de peuples qui gardent une forte conscience historique et qui refusent leur « sortie de l’histoire », la négation de leur identité ainsi que le bradage de leur passé, quitte à pratiquer l’action directe. D’où, aussi, cette mauvaise image que les médias occidentaux leur donnent afin de les disqualifier définitivement.
Un racisme qui se porte bien, le racisme anti-corse
Gare à quiconque qui, aujourd’hui dans l’aire hexagonale décadente, exprimerait d’une manière crue son mécontentement envers un footballeur, surtout si celui-ci est de couleur, ou bien douterait de l’apport - indéniable - de l’Afrique à la Civilisation humaine, il se retrouverait aussitôt en garde-à-vue et traduit en correctionnel ! On le sait, depuis quelques décennies, le racisme, « ce n’est pas une opinion, mais un délit »… (Et le communisme avec plus de cent millions de morts, n’est-ce pas un crime abominable ?) Or, comme dans La ferme aux animaux d’Orwell, certaines attitudes racistes sont plus égales, plus tolérables, que d’autres. C’est le cas pour le racisme anti-corse.
Ce racisme s’exprime ad nauseam dans les médias et chez les élus. Il ne se restreint pas au seul champ politique. La stigmatisation, insidieuse, de la population corse prend souvent les chemins plus susceptibles à toucher le plus grand nombre, ceux du divertissement et de l’humour. N’est-il pas surprenant que les seules blagues désormais permises portent sur les Belges, les blondes et les Corses ? Ayant en mémoire quelques fâcheux précédents, les humoristes se gardent bien maintenant de se moquer de groupes ethniques ou sexuelles qui n’hésiteraient à crier à la persécution discriminatoire…
Plus intéressant est le traitement de l’information quand elle concerne un fait-divers survenu sur l’Île de Beauté ou dans une « zone de non-droit ». S’ils sont Corses, les auteurs seront vilipendés, mis au pilori médiatique et accusés de presque tous les maux. En revanche, s’ils appartiennent à la « caillera » (terme qui faisait naguère leur fierté), ils bénéficieront d’une surprenante indulgence. « Les pauvres, se lamenteront les “ médiatyrans ”, s’ils dealent du shit, c’est parce qu’ils vivent dans de grands ensembles périphériques ghettoïsés et qu’ils sont rejetés par une société française intimement raciste. » Le Corse, qui lutte pour son identité, sera, lui, forcément un criminel au gène assassin, coupable de défendre un « patois de berger ».
Cette différence de traitement s’explique aisément de la part de journalistes déformés par quelques décennies de politiquement correct. Par delà une condamnation de principe, la Grosse Presse comprend le soi-disant désarroi des caïds des banlieues qui, par l’invective, l’agression gratuite, l’incendie de voitures, cherchent à se faire remarquer des pouvoirs publics. Ils espèrent ainsi retirer de ce jeu des subventions qui faciliteront leur intégration dans la société pourrie de consommation de masse. Les émeutes en banlieues expriment surtout une frustration de consommateurs désargentés, car peu motivés à travailler, qui utilisent l’islam politique comme une bannière revendicative (à moins qu’ils se fassent manipuler par les islamistes, les deux interprétations n’étant pas contradictoires). Les « activistes » corses, eux, défendent l’avenir de leur culture, de leur langue, de leur patrimoine, même si ce combat légitime se retrouve mêlé à des actes de petite et de grande délinquance qui entachent la cause du peuple corse. Par ailleurs, leur mauvaise image provient, malgré une logomachie encore marxisante et un schéma idéologique simpliste fortement marqué par le tiers-mondisme, de l’évocation de thématiques ouvertement identitaires. Ce souci prioritaire de l’âme de leur peuple sur son ventre les dessert sur le plan médiatique puisqu’on les assimile à des « racistes ». Bref, le bourrage de crânes corsophobe les considère non pas comme des résistants à l’uniformisation du monde, mais comme des tricheurs, des terroristes et des fainéants, tout juste capables de poser des bombes.
Mais comment alors expliquer le silence assourdissant de la Grande Presse au communiqué du F.L.N.C. - Union des combattants
du 25 février dernier qui conseille « aux Français étrangers aux
intérêts vitaux de notre terre de ne pas se rendre aux urnes. […] La
colonie française de peuplement […] n’a aucun droit sur cette terre »
(1) ? La corsophobie si décriée ne serait-elle pas une exagération ?
Bien au contraire parce que les journalistes estiment que ce sont les
continentaux qui sont dans le collimateur des clandestins. Or ces
continentaux sont souvent des Français de racine européenne qui
appartiennent à la « majorité invisible » (et non à une quelconque
« minorité visible », nuance de taille), ce qui explique qu’à la
corsophobie ambiante des médias se superpose un insidieux, scandaleux
et incontestable racisme anti-blanc.
De la démocratie falsifiée et verrouillée
Le 14 janvier dernier, lors d’une rapide visite à Ajaccio, le Premier ministre, François Fillon, qualifia d’« acte de délinquance » l’occupation par les nationalistes de l’Assemblée de Corse et l’incendie qui s’en suivit. Très en verve ce jour-là et tout heureux de se défouler enfin de toutes les avanies qu’il a reçues de la part de l’actuel locataire de l’Élysée, le chef du gouvernement déclara que « nous sommes dans une démocratie. Dans une démocratie, quand on veut exprimer ses opinions, quand on veut exprimer ses critiques, ses oppositions, il y a des lieux pour le faire. L’Assemblée territoriale en est un. » Tiens donc, conseils municipaux, conseils généraux, conseils régionaux, Assemblée national, Sénat, Parlement européen seraient donc des lieux d’aisance, pardon !, de critiques et d’expression ? Les millions de salariés angoissés par de probables licenciements induits par les délocalisations et le « laisser-fairisme » (Maurice Allais) seront ravis de l’apprendre. De pareils propos sonnent en fait faux, car de tels lieux n’existent pas. Ces assemblées sont essentiellement des salons ouatés dans lesquels se calfeutrent des politicards cumulards autistes, aveugles et sourds aux légitimes exigences du peuple.
Et le Premier ministre de poursuivre sa belle rhétorique : « La vérité, c’est que ceux qui ont fait ça perdent les élections ». Voilà un exemple flagrant de désinformation ! Les élections actuelles permettent-elles la libre-expression des citoyens ? Non, nullement, car la France, et plus généralement le monde occidental, sont des ploutocraties oligarchiques déguisées en démocraties formelles. La conséquence est que nous vivons dorénavant en monocratie éclatée. Les principaux partis politiques hexagonaux, de Besancenot à Villiers, ne se distinguent plus que sur d’infimes détails secondaires et jouent en réalité une même partition. Par ce rituel sacralisé qu’est devenue l’élection, le citoyen est sommé de choisir entre des potiches pré-sélectionnées qui entérineront des décisions prises avant le scrutin. Et si le peuple s’oppose, se montre réticent ou rejette ce qu’on lui propose ? Les oligarchies lui imposent leurs volontés en le violant. Il existe deux formes de viol électoral : soit elles font revoter le peuple jusqu’à ce qu’il accepte, lassé par ce harcèlement électoral (par exemple, les Irlandais pour le traité de Nice), soit plus subtilement elles le contournent et usent la voie parlementaire comme vient de le faire le gouvernement français. C’est le Congrès à Versailles qui a ratifié le soi-disant « mini-traité », mais maxi-traité de Lisbonne qui est un traité constitutionnel eurocratique bis. À quoi bon dès lors de voter si le bulletin mis dans l’urne ne sert strictement à rien ?
À cette « démocratie confisquée » (pour reprendre le beau titre d’un ouvrage du Club de l’Horloge paru en 1989 sous la direction d’Yvan Blot) s’adjoint une « démocratie falsifiée ». On observe en effet que depuis une dizaine d’années une restriction des conditions de candidature en raison de la mise en place de quotas féminins et de règles draconiennes du financement public des campagnes électorales. Les élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars prochain confirment ce durcissement anti-participatif. La parité entre les deux sexes exigée sur les listes oblige plusieurs partis politiques à renoncer de se présenter dans de nombreuses villes parce qu’il faut trouver des volontaires avec le risque non négligeable, pour les formations les plus politiquement incorrectes, de subir de véritables représailles de la part de quelques voyous « ras-des-neurones ». Par ailleurs, les modalités du financement contraignent les petits mouvements soit à passer sous les fourches caudines des banques qui refusent au final d’accorder des prêts, soit à hypothéquer leurs biens personnels pour un succès aléatoire. Est-il bien nécessaire de se retrouver à la rue pour avoir voulu sonner le tocsin auprès de ses concitoyens butés ? Pessimisme outrancier diront certains. Simple réalisme en fait.
À la falsification s’ajoute un verrouillage habile des opinions. L’usage de modes de scrutin qui empêchent la libre représentation des minorités politiques (alors que le Parlement français, pléthorique, est devenu une simple chambre d’enregistrement des oukases de la Commission eurocratique) allié à une couverture tendancieuse des médias qui se détournent superbement des « petits candidats » rend la participation des citoyens superfétatoire. Le jeu électoral en devient biaisé. Faut-il par conséquent se scandaliser de l’action incendiaire de quelques jeunes indépendantistes corses radicalisés ? Craignons plutôt que le précédent kossovar ne les radicalise encore plus.
Ça chauffe à Belgrade !
La date du 17 février 2008 marque la naissance d’un second État de langue albanaise : le Kosovo. Après neuf années de parrainage administratif onusien, la région serbe du Kosmet (Kossovo-et-Métochie) devient, avec le vif soutien des États-Unis, de l’O.T.A.N. et de l’Union européenne, le quarante-neuvième État du continent européen et ce, malgré la forte opposition de la Russie et de la Chine.
Bien que faisant figure de pro-européen et d’occidentophile libéral, le président serbe Boris Tadic refuse le fait accompli et s’associe avec l’ensemble des forces politiques serbes, à l’exception des libéraux-démocrates de Cedomir Jovanovic, pour protester contre cette sécession. Les débordements du 21 février s’expliquent par le puissant ressentiment des Serbes à l’égard de l’Occident. Les Occidentaux ont vite oublié que le peuple serbe s’indigne encore d’avoir été la victime des bombardements criminels de l’O.T.A.N. voulus par le quatuor sanglant Clinton - Blair - Chirac - Schröder.
La Grosse Presse conformiste et serbophobe (on retrouve les mêmes méthodes qu’au sujet de la corsophobie et du racisme anti-blanc évoqués plus haut) s’était réjouie de la réélection de justesse de Tadic face à l’« ultranationaliste » Nikolic. Elle espérait que la Serbie s’alignerait enfin sur la doxa mondialiste et qu’elle supplierait Bruxelles de l’admettre au plus tôt dans ce grand bagne continental des peuples qu’est l’Union européenne. L’appui occidental au séparatisme albanais du Kossovo risque de reléguer pour longtemps le dessein lucratif de quelques aventuriers belgradois d’entrer dans l’informité eurocratique. Mieux, la conjoncture présente permettrait à la Serbie de nouer une entente durable avec la Russie et la Biélorussie.
Longtemps cantonné à l’Asie centrale et au Moyen-Orient, le « Grand Jeu » revient en force dans les Balkans et chamboule les projets intégrationnistes de l’Hégémonie euratlantique. Comment ne pas envisager dans quelques années des missiles nucléaires russes pointés sur l’Europe de l’Ouest installés en Serbie si les États-Unis persistent à implanter en Pologne et en Tchéquie des éléments de leur bouclier spatial anti-missile ? Ce « Grand Jeu » peut aussi se manifester par une accentuation des revendications nationales en Europe même.
Bruxelles, New-York, Washington, Londres, Berlin et Paris ont beau déclaré que le Kossovo est un cas unique, particulier, original, il faudrait être sot - ou très naïf - pour ne pas croire que les Serbes de Bosnie, les Basques, les Catalans, les Flamands, les Bretons, les Padaniens, les Corses, etc., ne se réclameront pas de ce précédent pour accéder à leur tour à l’autodétermination. Pourquoi les Albanais du Kossovo auraient-ils droit à un État et non les Flamands de Belgique ? Pourquoi l’Occident se montre-t-il si sourcilleux de garantir l’intégrité des frontières kosovares tout en gardant le silence à propos de la violation militaire turque au Kurdistan irakien ? Cette politique du « Deux poids, deux mesures » disqualifie moralement ses chancelleries. Ce nainisme diplomatique se vérifie dès le début de la crise yougoslave comme le souligne Pierre Béhar : « Les Slovènes et les Croates avaient, dans les référendums de décembre 1990, manifesté à leur quasi-unanimité leur désir d’indépendance. Tous les pays d’Europe centrale - l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie - avertis de la réalité culturelle de ces nations, leur apportaient leur soutien. Cette fois encore, Paris crut bon de s’y opposer, pour le coup avec la complicité de Londres. Les deux grands auteurs des traités qui avaient conclu la Première Guerre mondiale prétendaient, contre tout bon sens, s’opposer à la disparition de leur enfant monstrueux qui, sous le nom de Yougoslavie, n’était qu’un empire serbe. Une véritable amitié pour la Serbie eût dicté de lui conseiller la modération et d’aider les nouveaux États à naître sans drame. Les silences de Paris et de Londres, les obstacles diplomatiques qu’ils ne cessèrent de dresser sur la route de la reconnaissance internationale de la Slovénie et de la Croatie, furent conçus à Belgrade comme autant d’encouragements à régler le problème par la force. La responsabilité morale que la France et la Grande-Bretagne portèrent dans le déchaînement du conflit yougoslave fut lourde. Là encore, on vit le peu de cas qu’on faisait à Paris du désir d’autodétermination des peuples ; le peu de cas qu’on faisait également de l’intérêt réel de la Serbie. Sous couvert du principe diplomatique de “ l’intangibilité des frontières ” - dont on avait fait si bon marché en 1919 et en 1945 -, l’opiniâtreté manifestée dans cette affaire trahissait l’acharnement à s’opposer à l’État qui soutenait l’émergence de la Slovénie et de la Croatie : l’Allemagne. (2) »
Helmut Kohl et François Mitterrand portent la lourde responsabilité devant l’histoire de n’avoir pas « européaniser » le problème balkanique. En assurant une dissolution apaisée et contrôlée de la Yougoslavie post-titiste, le moteur franco-allemand aurait donné à la construction européenne le rôle majeur de garant d’un ordre géopolitique continental respectueux des aspirations nationales. L’action trop « national-étriquée » du chancelier allemand et du président français favorisa au contraire l’incandescence passionnelle des susceptibilités locales. Le bilan de cette rivalité franco-allemande, entretenue par les Anglo-Saxons, est un affaiblissement durable de l’idée européenne.
Quelle attitude les « bons Européens » doivent-ils avoir face à la dissolution, imminente ou supposée, des États-nations ? S’il existait un authentique État souverain européen, protecteur du droit des gens et des peuples, toute scission territoriale serait une atteinte majeure à son autorité. Or ce n’est pas le cas pour l’heure puisqu’un tel État continental n’existe pas. L’illisible et abscons traité de Lisbonne n’accorde nullement à l’Union européenne les moyens de la puissance ; il l’assujettit plutôt au Marché mondial, aux lobbies et aux États-Unis. On sait maintenant que les États-membres de l’Union ne transfèrent pas leur souveraineté (ou des pans entiers de leur souveraineté) vers une autorité supérieure, mais vers un véritable trou noir institutionnel. S’il est concevable que des politiques nationales s’intègrent dans une Grande Politique impériale, les faits - toujours têtus disait Lénine - montrent surtout leur substitution par une impolitique continentale. L’absence de toute volition historiale de la part de l’U.E. s’accompagne fort logiquement d’une infra-politique totalitaire (surveillance par satellite des champs agricoles, fichage anthropométrique généralisé de l’ensemble des Européens, élimination pour des motifs pseudo-hygiéniques des variétés fruitières, animales, agricoles et fromagères, etc.). Dans le même temps, cette même entité bureaucratique ne parvient pas à réprimer la criminalité exponentielle qui gangrène le Kosovo.
Bienvenue à Trafficland !
Pas plus grand que deux départements français, le Kosovo est devenu en une décennie la terre de tous les trafics possibles et imaginables. Intermédiaire réputé entre les mafias turques et italiennes - et parfois redoutable concurrente - la pègre albanaise a fait de la région serbe sous occupation otanesque son arrière-cour si bien qu’il aurait été plus parlant de nommer le « nouvel État indépendant » Trafficland ou Lupanarstan.
Vladimir Ovtchinski, juriste, général de police en retraite et ancien directeur du bureau russe d’Interpol, souligne que « nous sommes […] face à un État mafieux en plein cœur de l’Europe » (3). Dans cette région montagneuse toujours régie par de solides solidarités claniques, les parrains kosovars et leurs cousins albanais mettent en valeur les contraintes naturelles locales afin de pérenniser leurs diverses activités économiques occultes. Il est plus que probable qu’émerge à moyen terme d’un autre « Triangle d’or » en Europe du Sud-Est. L’existence de Bondsteele, la plus grande base militaire étatsunienne au monde, et la présence des troupes multinationales de la KFOR ont en outre stimulé les « affaires » telles que la vente d’armes bien sûr, mais aussi le trafic de drogue et une prostitution de masse liée aux bordels d’un autre État auto-proclamé, la République turque de Chypre du Nord. Sur ce sujet assez méconnu, Vladimir Ovtchinski précise qu’en 1999 - 2000, « cette mafia s’est diversifiée, en lançant dans la traite des êtres humains et la prostitution. Elle débuta avec le contingent des soldats de maintien de la paix de l’O.T.A.N., au profit desquels fut mise en place une “ industrie des loisirs ”. Le Kosovo et les territoires serbes attenants furent alors frappés par une vague d’enlèvements de jeunes femmes, qui furent contraintes de se prostituer aux endroits où étaient stationnés les hommes de la KFOR » (4). Qu’elle soit à Pristina, à Prizren ou à Precevo, et malgré les ordres donnés, la soldatesque internationale attend toujours avec impatience les arrivages, quotidiens ou hebdomadaires, de « chair fraîche »…
Comment enfin un territoire avec un taux de chômage supérieur à 40 % peut-il en même temps connaître une fièvre immobilière marquée par la construction dans les campagnes kossovares de somptueuses villas et par une frénésie d’achat de grosses berlines ? Les séparatistes détournent les aides financières étatsuniennes et onusiennes en échange d’une allégeance absolue aux menées subversives des États-Unis. Le tropisme pro-américain de Pristina est connu de tous. « Nous savons bien que tout est décidé par la représentation américaine à Pristina », affirme un musicien anonyme du Philharmonique du Kossovo (5). Cet aveu ne peut que désoler les Européens sincères. L’Europe persiste à être pour l’heure dans les limbes de l’histoire.
Notes
1 : Dans Le Figaro du 28 février 2008 et Libération du 29 février 2008.
2 : Pierre Béhar, Une géopolitique pour l’Europe. Vers une nouvelle Eurasie ?, Éditions Desjonquères, 1992, pp. 89 - 90.
3 : Extraits d’Ogoniok, cités dans Courrier International du 28 février au 5 mars 2008.
4 : Idem.
5 : Dans Le Monde du 16 février 2008.

