11-03-08
Coup de barre à gauche
FDA
FDA Quotidien du 10 mars 2008
On s’attendait à une déferlante de la gauche à l’occasion des élections
municipales, le tsunami annoncé n’a été qu’une grosse vague. Bertrand
Delanoë à Paris, Gérard Collomb à Lyon, Martine Aubry à Lille ont pris
une sérieuse option pour la victoire. L’UMP Jean-Claude Gaudin est
talonné à Marseille par le socialiste Jean-Noël Guerini, Toulouse
pourrait basculer à gauche. Les caciques socialistes Jean-Marc Ayrault
à Nantes, François Hollande à Tulle, Laurent Fabius à Grand-Quevilly,
François Rebsamen à Dijon, Manuel Valls à Evry, Michel Delebarre à
Dunkerque sont réélus dès le premier tour. A l’instar d’autres caciques
locaux du PS à Lorient, Tourcoing, Limoges, Besançon, ou encore
Poitiers. Des villes détenues par la droite comme Alençon,
Chalon-sur-Saône, Dieppe, Laval, Rodez, Rouen, Saint-Benoît passent à
gauche dès le premier tour. Pour autant, nombreux sont les membres du
gouvernement à être réélu dès le premier tour dans leur fief comme
Jean-Louis Borloo, Xavier Bertrand, Jean-François Coppé, Luc Chatel,Laurent
Wauquiez ou Eric Woerth. Alain Juppé à Bordeaux, ou encore
Jean-François Coppé à Meaux ont été également réélu dès dimanche soir.
Le Modem sera en position d’arbitre dans un certain nombre de grandes
villes – à Pau, François Bayrou a été devancé par son adversaire
socialiste – et ce parti marchandera son soutien au plus offrant et au
cas par cas. Le Parti communiste, malgré sa déroute historique à la
présidentielle, limite la casse grâce à son art chevronné du
clientélisme et à ses réseaux locaux. Il sera en mesure de se maintenir
au second tour dans les 800 communes qu’il contrôle encore et a même
remporté dés le premier tour les villes de Dieppe et de Vierzon.
Le FN remonte la pente
Jean-Marie Le Pen s'était montré prudent sur la capacité du Front
National à attirer les voix des déçus du sarkozysme à l’occasion des
scrutins de mars. « J'ai peur que ce soit la gauche qui bénéficie » des
difficultés actuelles du Président de la République, déclarait-il il y
a quinze jours à Bordeaux, et ce sans avoir aucun mérite particulier,
simplement par le fait d'exister, d'être implantée et d'avoir son filet
ouvert ». Or, « la gauche ne mérite pas d'être l'alternative du pouvoir
sarkozien ». Malgré les très petits moyens financiers qui sont ceux du
Front National, et qui l’ont contraint à présenter un nombre réduit de
listes ; malgré la sociologie électorale de grandes villes comme
Bordeaux, Lyon ou Paris notamment très peu favorable au Front ; malgré
un type d’élection qui fait la part belle aux grosses machineries de
l’UMPS et un scrutin dans lequel les considérations d’ordre purement
politique ne sont pas les seuls critères de vote, le FN a obtenu des
résultats encourageants.
Mais il y a aussi des déceptions dans de
nombreuses communes, notamment en Avignon, à Vitrolles, à Lorient, à
Valencienne, où les listes frontistes ratent leur entrée au Conseil
municipal dès le premier tour ou leur qualification pour le second à
quelques voix seulement. A Hénin-Beaumont, le ticket Steeve
Briois-Marine Le Pen obtient 28,5% des suffrages (44% pour la liste
Dalongeville-Lienneman) là où l’opposition nationale était en droit, au
vu du bilan désastreux du maire sortant et de la très belle campagne
frontiste, d’attendre bien mieux. Reste que le FN réitère son score du
premier tour des législatives de juin dernier sur cette commune, mais
avec 500 voix de plus et augmente de 11 points le score obtenu par
Steeve Briois en 2001. « Nous sommes les seuls à pouvoir battre le
maire sortant au deuxième tour », a assuré Marine Le Pen.
A Marseille,
le Front National frôle souvent la barre des 10% dans les huit secteurs
de la ville, mais ne sera en position de se maintenir que dans le
septième secteur où se présentait la tête de liste Stéphane Ravier qui
a totalisé 11,80%. Dans le huitième secteur Bernard Marandat a obtenu
13,57% (deux élus dès le premier tour). Le FN obtient en moyenne 8,78%
à Marseille. Autres résultats allant dans le bon sens, Patrick Binder a
obtenu 10,31% à Mulhouse, Alain Ricard 10,70% à Béziers, Yvan Benedetti
11,16% à Vénissieux, Jean-Pierre Kleinpeter 11,27% à Harnes, Dominique
Joly 11,39% à Villeneuve Saint-Georges, Bernard Pinet 11,41% à
Romans-sur-Isère, Patrick Bassot 11,58% à Carpentras, Monique Lartigue
11,81% à Cagnes-sur-Mer, Bernard Touchagues 11,91% à Vernon, François
Dubout 12,35% à Calais, le Secrétaire général du FN Louis Aliot 12,29%
à Perpignan, David Rachline 12,50% (deux élus dès le premier tour) à
Fréjus, Joël Cheval 14,50% à Bourg-de-Péage, Michel Guiniot 16,98% à
Noyon, Franck Briffaut 18,64% à Villers-Côteret, Claudine Chaussois
19,29% à Oignies, Jean-Claude Chaine 20% à Le Muy, Dominique Martin
23,60% à Cluses …
De bon augure
Mais ce sont surtout les élections cantonales, scrutin plus politique,
qui confirment ce redressement du FN puisque dans de très nombreux
cantons, le FN a souvent doublé ce dimanche son score des législatives
comme l’a noté Marine Le Pen. Nous serons en mesure d’y revenir plus en
détail dans notre prochaine édition. Présent dans environ 1050 cantons
contre 1700 en 2001, restrictions financières oblige, le FN obtient
logiquement au niveau national un pourcentage moins élevé – 4,86% des
voix, contre 7% en 2001 et un total de 640 675 voix. Pour autant dans
de très nombreux cantons le FN passe allégrement la barre des 10%.
L’exemple de L’Eure-et-Loir est à ce titre assez emblématique nous a
confié le Secrétaire départemental Philippe Loiseau. « Le FN a eu des
résultats décevants aux municipales, notamment à Lucé, mais sur les
quinze cantons renouvelables, tous ont dépassé la barre des 5% et
quatre ont dépassé la barre des 10%, soit une moyenne de 8,5 %, contre
6% aux législatives de juin. Nous avions obtenu 8,96% en 2001 et un an
après, Jean-Marie Le Pen se qualifiait pour le second tour de la
présidentielle ! Nous sommes de nouveau sur la pente ascendante,
d’autant qu’habituellement les cantonales sont plus difficiles que les
législatives pour le FN. Cela est de bon augure pour les échéances des
européennes et des régionales » a relevé le cadre frontiste. Le Bureau
politique du FN se réunissait lundi matin pour analyser plus avant ce
premier tour. Le Président du FN se félicitait d’ores et déjà hier d’«
un net redressement du Front national qui était annoncé comme à
l'agonie par beaucoup de nos concurrents ».
Des élections municipales sans surprise
Article de Kreuzer publié le 10 mars 2008
Bien qu’il y ait eu une poussée notable de la gauche, ces élections municipales ne se sont pas transformées en référendum anti-Sarkozy. Les résultats montrent bien que ce sont les enjeux locaux qui l’ont largement emporté sur les enjeux nationaux.
Ce qui frappe le plus à première vue, ce sont les excellents scores obtenus par les maires sortants. La fameuse prime au sortant est un état de fait et cela a bel et bien eu lieu. Le maire est l’élu préféré des français et ces élections sont là pour le prouver.
La droite mondialiste, hormis Strasbourg et Rouen, s’en sort plutôt bien dans les villes où elle avait un maire sortant. La plupart des maires sortants de l’UMP ont été réélu dès le premier tour avec des scores staliniens.
Pour ce qui est de la droite nationale, celle-ci a enregistré d’une manière générale des scores médiocres. Le FN tout d’abord qui a fait un score inférieur à celui des élections municipales de 2001 (avec certes un nombre de listes réduit). Malgré des scores médiocres, le FN a quand même réussi à remonter la pente dans certaines villes (Marseille, Mulhouse, Perpignan et Toulon). Le FN, contrairement aux fantasmes de certains, n’est pas mort (son score correct aux cantonales le prouve d’ailleurs), mais il n’est pas dans un excellent état non plus (vivement le renouveau en haut lieu…). Pour le MNR, c’est aussi simple que ça : c’est la fin. Le MNR va sans doute se dissoudre dans les prochaines semaines. Pour les identitaires, même si le combat électoral n’est pas leur priorité, c’est un échec également sur toute la ligne puisqu’ils ont enregistrés des scores anecdotiques (même si Philippe Vardon a fait un score honorable de 3% aux élections municipales niçoises).
Deux motifs de satisfaction à titre personnel sinon concernant ces élections municipales. Tout d’abord la raclée subie par l’ignoble Dominique Perben à Lyon, je suis très heureux de sa défaite face au socialiste Gérard Collomb. Autre motif de satisfaction, cette fois-ci à Mulhouse, avec la chute de Gérard Freulet (officiellement candidat MPF et officieusement candidat sous-marin de Jean-Marie Bockel) qui s’est fait écraser par le candidat frontiste Patrick Binder.


