mercredi 12 mars 2008
Calais: le candidat FN se retire et laisse l'UMP affronter le maire PCF
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édition du 11 mars 2008
Le candidat du Front national à Calais, qui était en mesure de se maintenir au second tour des municipales face au maire sortant PCF et à l'UMP, a renoncé à présenter une liste, contre l'avis de son parti qui l'a suspendu immédiatement, a-t-on appris mardi auprès de l'intéressé et du FN.
"Si je me maintenais au deuxième tour, en triangulaire, le communiste Jacky Hénin était élu", a expliqué François Dubout, tête de liste FN à Calais. "Notre objectif étant de le faire battre, nous nous retirons, sans aucune contreparie de l'UMP, dans l'intérêt de Calais".
M. Dubout est "suspendu sur le champ en attendant son exclusion définitive", a de son côté réagi le secrétaire général du FN Louis Aliot, dénonçant une "méthode qui consiste à prendre en otage 12,5% de la population en les baillonnant volontairement au deuxième tour" et un "détournement de vote".
La vice-présidente du FN Marine Le Pen a pour sa part "condamné fermement" une "manoeuvre d'une particulière déloyauté à l'égard des électeurs qui ont fait confiance au Front national".
Au premier tour, la liste de M. Hénin a obtenu 37,70% des voix, devant celle de l'UMP Natacha Bouchart (36,36%), à la tête d'une liste d'ouverture à gauche, et celle de M. Dubout pour le Front National (12,35%).
M. Dubout dit avoir consulté les militants et avoir pris cette décision difficile par "pragmatisme". "Je crois que j'ai vécu la plus grosse journée de stress de toute ma vie", a-t-il confié.
Il dit avoir voulu faire passer "l'éthique avant l'étiquette", en espérant que sa démarche serait comprise comme "un geste qui nous honore puisqu'on perd le prestige d'avoir peut-être un groupe de trois élus au conseil municipal".
"J'aime autant laisser une chance à celle qui est la mieux placée pour prendre la barre et redresser la situation", a-t-il ajouté, en allusion à Mme Bouchart.
M. Dubout avait proposé lundi à la tête de liste UMP une fusion de listes au second tour pour faire barrage à M. Hénin, mais avait essuyé un refus.
"S'il y avait eu un accord avec l'UMP, on lui aurait apporté des voix mais d'un autre côté, elle aurait perdu les centristes (...) donc elle était morte. A un moment donné, il faut savoir prendre ses responsabilités", a encore justifié M. Dubout.
Plusieurs responsables du FN avaient auparavant tenté sans succès de dissuader M. Dubout de retirer sa liste.
