13-03-08
Municipales : où sont passés les candidats de la diversité ?
Le Monde
Article de Soren Seelow publié le 13 mars 2008
Si 7 % des candidats dans les villes de plus de 30 000 habitants étaient
issus d'une minorité visible à la veille du scrutin, seule la moitié
d'entre eux pourraient être élus, selon les estimations du Conseil
représentatif des associations noires (CRAN). Les candidats de la
diversité étant quasiment absents des petites villes, cette proportion
devrait s'effondrer à l'échelle nationale : ils ne représenteraient
plus, selon le CRAN, que 0,4 % des quelques 520 000 conseillers
municipaux du pays.
Pour dérisoire qu'il soit, ce chiffre constitue un réel progrès par rapport aux élections de 2001. "C'est faible, mais c'est la première fois qu'il y en a autant dans ce pays",
note Patrick Lozès, président du CRAN et animateur du Comité national
pour la diversité créé au début de l'année avec des membres du PS, de
l'UMP et du MoDem en vue de ces élections municipales. "Je suis très inquiet. Les
responsables politiques doivent assumer leurs responsabilités. Si ça
continue, l'électorat de la diversité risque d'être capté très vite par
des apprentis communautaristes", redoute-t-il.
Des têtes de liste " monocolores "
Du côté des têtes de liste, où les minorités sont les plus visibles, la situation est encore plus "monocolore".
Dans les 900 villes de plus de 10 000 habitants, le MoDem a présenté
trente têtes de listes issues de la diversité (soit 0,08 % du total du
MoDem), le PS vingt (0,05 %) et l'UMP seize (0,04 %). Le meilleur moyen
de se soumettre au suffrage universel quand on est issu de
l'immigration est encore de se présenter "sans étiquette", comme l'ont
fait quarante candidats.
Déjà fort modeste à la veille du scrutin, le contingent de minorités visibles a été littéralement décimé dès le premier tour. Sur les treize têtes de liste présentées par l'UMP dans les 254 villes de plus de 30 000 habitants, une seule devrait ainsi être élue à l'issue du deuxième tour : Rachida Dati, ministre de la justice, dans le 7e arrondissement de Paris. Les autres ont été envoyées en "terres de conquêtes" et sont en ballottage très défavorables quand elles n'ont pas été éliminées dès le premier tour. Le ratio est à peine meilleur du côté du PS : sur sept candidats, seule Samia Ghali a été élue dès le premier tour dans le 8e secteur à Marseille, tandis que Hussein Mokhtari (Garges-lès-Gonesses) et Seybah Dagoma (Paris 1er) sont en ballottage plus ou moins favorable. A quelques exceptions près, les candidats de la diversité sont souvent "parachutés" dans des communes imprenables, ce qui explique en grande partie leur faible rendement électoral, estime le CRAN.
" La diversité n'est qu'un slogan "
Le MoDem a de son côté mis au point une stratégie radicalement différente de celles du PS et de l'UMP. La moitié de ses trente têtes de listes s'est présentée dans la banlieue parisienne, essentiellement en Seine-Saint-Denis, pour "profiter" du bassin d'électeurs issus de l'immigration. Une fausse bonne idée derrière laquelle Patrick Lozès décèle même une dérive "communautaire". Pour pragmatique qu'elle puisse paraître, cette approche s'est en outre révélée totalement inefficace, puisqu'aucune des trente têtes de liste du MoDem n'est en position d'être élue.
Jean-Claude Beaujour, candidat UMP noir dans le 20e arrondissement de Paris (7,24 % au premier tour), est sans illusion sur la gestion des minorités par les partis politiques. "La diversité en politique n'est qu'un slogan, une mode. Il n'y a aucune politique réfléchie, aucune gestion. Dans le secteur privé, quand on repère un talent, on l'accompagne dans son développement. Quand on veut vraiment promouvoir un candidat, on sait comment le faire connaître...", fait-il remarquer. A ses yeux, la mise en orbite de Rachida Dati dans le 7e arrondissement, historiquement ancré à droite, n'est qu'une illustration supplémentaire de ce "slogan" qu'il dénonce, un effet de manche sans vision politique.
Une analyse largement partagée par Patrick Lozès. "On ne demande pas aux politiques de favoriser l'éclosion d'un Obama français, mais seulement de ne pas faire obstacle à l'émergence d'hommes politiques issus de la diversité", plaide-t-il. "Au-delà de la diversité ethnique, renchérit Jean-Claude Beaujour, c'est tout le problème du renouvellement du personnel politique. Il y a une vraie consanguinité en politique, une peur de la nouveauté."
La belle réussite de la « croisade » de l’Oncle Sam…
édition du 13 mars 2008
Près de deux semaines après son rapt par des inconnus, Mgr Paulos
Faraj Rahho, archevêque chaldéen de Mossoul, a été retrouvé mort dans
les environs de cette grande ville du nord de l’Irak, ont annoncé jeudi
des responsables catholiques à Rome et à Bagdad. Selon les autorités
ecclésiastiques, la cause exacte de sa mort est incertaine - assassinat
ou décès des suites de son mauvais état de santé. Le pape Benoît XVI a
fait part de son émotion après la mort du prélat.
Le père Philip Najim, représentant au Vatican du patriarcat chaldéen
et ami de Monseigneur Rahho, récuse la dimension religieuse du conflit,
mais est aussi très pessimiste :
«Cet homme, c’est un homme qui était innocent. Il a toujours aimé sa
patrie. C’était un Irakien, un citoyen de Mossoul. Il a toujours servi
sa communauté, toute la population de Mossoul. C’était à la fois l’ami
des musulmans et des chrétiens, de tout le monde en somme. La
situation est dramatique pour les chrétiens, comme elle l’est pour tout
le peuple irakien d’ailleurs parce que ce qui arrive aux chrétiens
arrive aussi aux musulmans. Il y a une force obscure qui veut détruire
ce pays. Ils sont en train de parvenir à le détruire ».
La Russie défendra sa position sur le Kosovo
Ria Novosti
édition du 13 mars 2008
RIA Novosti. La Russie ne renoncera pas à sa position de
principe sur le Kosovo et les conflits "gelés" dans l'espace
postsoviétique, a déclaré jeudi à Moscou le secrétaire d'Etat
vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine.
L'indépendance du Kosovo proclamée par le parlement de la province le 17 février a été reconnue par 32 pays, dont les États-Unis et plusieurs pays membres de l'Union Européenne (UE). La Russie a considéré la proclamation unilatérale de l'indépendance comme une violation des normes du droit international.Selon M. Karassine, la reconnaissance d'indépendance du Kosovo a provoqué une crise. On a assisté à une violation du droit international, a ajouté le diplomate.
"Cela ne signifie pas du tout que la Russie entend renoncer à ses
principes et à sa ligne politique. Il est évident que nous défendrons
notre prise de position tant sur le Kosovo que sur les questions de
l'Abkhazie, de l'Ossétie du Sud et de la Transnistrie", a-t-il
souligné.
(L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud sont des républiques autoproclamées sur
le territoire géorgien. La Transnistrie est une république
autoproclamée sur le territoire moldave- ndlr.)
La mort du dernier poilu de 14-18
Article de Jean-Philippe Chauvin publié le 13 mars 2008
Le hasard fait parfois drôlement les choses : c’est au moment même où je révisais mes cours sur la « Grande guerre » que je présente aux élèves de mes classes de Première les jours prochains que j’ai appris la mort de Lazare Ponticelli, le dernier poilu, à l’âge de 110 ans. Ainsi, il ne reste de témoignages de cette page sanglante de notre histoire que les monuments aux morts de nos villages, villes, églises et lycées (comme les plaques qui citent les noms des professeurs et élèves de l’établissement tombés pour la France, plaques qui couvrent les murs intérieurs de la chapelle du lycée Hoche), les nombreux textes et images de cette tragédie et de ses acteurs, et puis ce jour férié du 11 novembre, commémoration de l’Armistice, et quelques pages dans les manuels d’histoire…
En fait, il reste beaucoup plus que cela, et je ne suis pas sûr que toutes les traces de cette guerre qui ouvre le siècle des totalitarismes et des horreurs, des progrès techniques de la mort rapide et de masse, de la brutalisation des rapports diplomatiques et politiques, …, soient complètement effacées : la guerre de 1914, dont on connaît les débuts mais dont on ne connaît pas vraiment la véritable fin (8 mai 1945 ? 9 novembre 1989 ?), a bouleversé le monde et ses équilibres, a « tué » un certain mode de sociabilité, déjà bien ébranlé par l’industrialisation du monde, et a ouvert la voie à « l’américanosphérisation » du continent européen.
Jacques Bainville avait bien pressenti cela et il suffit pour s’en convaincre de relire son journal privé des premières années de la guerre (intitulé à sa publication posthume « La Guerre démocratique ») et ses écrits, parfois désabusés et souvent inquiets mais toujours clairvoyants, de son après-guerre… La guerre de 1914 a ouvert de multiples boîtes de Pandore et le principe des nationalités, et celui de la « guerre du Droit », ont tendance à nier les règles classiques de la diplomatie et de la politique au profit d’une « morale » (symbolisée par les fameux « quatorze points de Wilson »…) en définitive grosse des futures guerres qui surgiront dès la génération suivante…
C’est aussi cette guerre qui ruine les sociétés d’Europe et les rend bientôt dépendantes de ceux qui en sont partis, s’en sont déracinés pour créer une société idyllique « sans le passif de l’Histoire », une société où « tout est possible » et dans laquelle cette simple formule autorise tous les moyens pour la vérifier, y compris les moins honorables…
Nous sommes les héritiers de cette Histoire, héritiers lointains et insouciants de ce bouleversement : après tout, on ne revient pas en arrière et il nous faut aller de l’avant ; mais cela ne nous empêche pas de connaître les raisons de ce qui est désormais, et de chercher à fonder (à refonder ?) un nouvel équilibre sans refaire les erreurs qui « nous ont tant coûté »… Bien sûr, la guerre est finie, et c’est tant mieux ; désormais, les ennemis d’hier sont devenus amis, et Strasbourg, d’enjeu, est devenu un « pont entre la France et l’Allemagne ». Cela en finit-il, pour autant, avec les dangers et avec les guerres ? Rien n’est moins sûr, et le souvenir des horreurs, pourtant bien présent dans les années 20-30, n’a rien empêché entre 1939 et 1945…
Le dire, le rappeler n’est pas faire preuve d’autre chose que de cette prudence qui doit présider aux exercices de la responsabilité politique et humaine que nous devons aussi à nos contemporains et aux générations qui viennent, qui viendront. Pour éviter de revivre, en farce tragique ou pire encore (même si, Dieu merci, le pire n’est pas toujours certain !), les « ballets noirs » de l’Histoire, mieux vaut s’armer, politiquement comme militairement, en espérant que la dissuasion sera assez forte pour écarter les tentations bellicistes ou terroristes de ceux pour qui notre pays reste une « terre à conquérir », ou « à convertir »…
Pour que Lazare Ponticelli repose en paix, sur une terre de France (cette terre qu’il a tant aimée et pour laquelle il s’est, avec amour et sans haine, si bien battu) définitivement (ou le plus longtemps possible) « paisible »…
France 3 refuse d’inviter Louis Aliot
Front National
Communiqué du Front National du 13 mars 2008
La chaine de télévision publique France 3 refuse d’inviter Louis Aliot à une émission qu’elle organise ce soir à Perpignan dans le cadre du
second tour des élections municipales de cette ville.
Le scandale est
grand ! Le CSA ne semble pas pouvoir contraindre cette chaine à
respecter un minimum de pluralisme. Louis Aliot tente d’obtenir en
référé de la part du Président du tribunal de Perpignan une injonction
à France 3 de l’inviter. France 3 viole ainsi sans vergogne l’article
premier de la loi de 1986 sur la communication audiovisuelle et son
cahier des charges. Est en cause ici la liberté publique essentielle
que constitue le droit à l’information, surtout dans le cadre
électoral. Le citoyen a droit à être informé, il a droit à
l’impartialité, particulièrement s’agissant de la société de télévision
publique financée par l’impôt de tous !
Au Muy comme à Calais
Calais n'est pas la seule ville de France où un dirigeant local du FN décide de ne pas se représenter au second tour des municipales de dimanche : Jean-Claude Chaine qui était la tête de liste de " Le Muy fait front " dans le Var a décidé de se retirer au profit de la candidate UMP Liliane Boyer. Au premier tour, la liste " Le Muy fait front " a obtenue 19,24 %... c'est donc de nouveau une prise en otage des électeurs de la droite nationale qui n'ont décidément pas de chance, puisque par la seule décision de quelques uns ils ne pourront compter sur des conseillers du FN !
L'honnêteté en politique se doit d'abord de se tourner envers ses électeurs et non vers des considérations personnelles. Dommage. Je rappellerai que les voix n'appartiennent qu'aux électeurs et que ces derniers choisiront en âme et conscience !
Au Muy comme à Calais, les électeurs frontistes auront donc le choix entre la peste et le cholera. Sublime !
Yann Redekker
Info : http://www.frejus-saintraphael.maville.com/-Le-Muy%C2%A0-Jean-Claude-Chaine-
Un policier de la BAC blessé par balle sur l'A6
L'Express
édition du 13 mars 2008
Un policier de l'Essonne a été blessé à la tête
mercredi soir par arme à feu lors d'un échange de tirs sur l'autoroute
A6 dans le Val-de-Marne avec des malfaiteurs que les fonctionnaires
poursuivaient, mais ses jours ne sont pas en danger, a-t-on appris de
sources concordantes.
Selon le ministère de l'Intérieur, des policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) de Palaiseau (Essonne) avaient pris en filature un véhicule suspect. "L'un des trois occupants" du véhicule a ouvert le feu avec un "fusil" sur les policiers qui ont riposté. Les faits se sont produits près de Villejuif (Val-de-Marne).
Les malfaiteurs auraient braqué un camion Chronopost
Les
jours du policier, atteint à la tête par balle et hospitalisé, ne sont
"pas en danger", ont indiqué le ministère de l'Intérieur dans un
communiqué, ainsi qu'une source judiciaire.
Selon cette source, les malfaiteurs auraient braqué,
dans des circonstances qui restent à éclaircir, un camion Chronopost à
Massy (Essonne) en début de soirée dont le chauffeur aurait été
séquestré.
Ils ont été pris en chasse par la BAC et ont emprunté
l'autoroute A6, où l'échange de tirs s'est produit, après que le
véhicule des malfaiteurs et celui des policiers se furent percutés,
selon la même source. Selon une source syndicale policière, certains
malfaiteurs se sont enfuis avec une autre voiture.
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a
exprimé son "émotion" et adressé "ses voeux de prompt rétablissement"
au blessé. Elle a fait part à la victime et à l'ensemble des policiers
de "son soutien dans l'exercice de leurs difficiles missions, dont cet
événement illustre une nouvelle fois les risques quotidiens". "Tout est
fait pour retrouver les malfaiteurs afin qu'ils répondent de leurs
actes devant la justice", a conclu la ministre.
Un responsable du syndicat de policiers Alliance dans
l'Essonne, Rénald Buson, a déploré que, "une fois de plus, une fois de
trop, on n'hésite plus à tirer sur nos collègues".
Révélatrice sauce béarnaise
Philippe Randa
Chronique de Philippe Randa publiée le 13 mars 2008
Nicolas Sarkozy, avant son entrée à l’Élysée, avait débauché Éric
Besson, un des plus proches conseillers de sa rivale socialiste… avant
de lui offrir une place de figurant ministériel en même temps qu’à
Bernard Kouchner et à Jean-Marie Bockel. Il demanda ensuite un rapport
sur « la libération de la croissance » française à Jacques Attali,
ancien conseiller de François Mitterrand et laisse entendre depuis à
Claude Allègre, Jack Lang et à d’autres gloires socialistes d’hier et
d’avant-hier que leur tour de piste est pour bientôt. Le nouveau Chef
de l’État entend ainsi affaiblir son opposition en la désorganisant. Le
résultat n’est guère concluant après ce premier tour d’élections
municipales, mais le but recherché n’était que de donner le change à
une opinion prête à y croire !
Aussi, on s’interroge cette semaine
sur la stratégie de François Bayrou… Fait-elle perdre toute lisibilité
à la politique française ? Quelques grincheux rétorquent bien que pour
ce qu’elle en avait, elle ne perd pas grand chose… Les alliances du
Modem passées autant à gauche qu’à droite et conclues tout autant à
l’aune d’une ambition présidentielle en 2012 qu’à celles de douteux
marchandages locaux, démontrent bien que ce n’est pas le bipartisme qui
menace les libertés politiques en France, mais véritablement un Parti
unique de fait.
Certes, ce Parti unique trompe son monde en offrant
à échéances régulières le spectacle vu et revu de la même comédie
électorale. Cela sauve les apparences et amuse la galerie en laissant
des candidats s’affronter pour se faire élire et bénéficier d’avantages
abusifs, tant au niveau de leur vanité que de leur porte-monnaie… à la
seule condition, évidemment, qu’ils portent les couleurs politiques
autorisées. Rares et marginalisés sont les élus qui ne participent pas
à cette mascarade démocratique et encore, l’indépendance de la plupart
d’entre eux reste toute relative.
Dénoncer le bipartisme comme « une
anomalie, une malédiction » tout en se positionnant « à droite autant
qu’à gauche » au nom d’un « courant démocratique républicain français »
dont il exclut le Parti communiste en refusant de cautionner la fusion
de sa liste locale avec celle du maire sortant d’Aubagne… est sans
doute une grave imprudence de François Bayrou. Bien malgré lui, il
révèle ainsi la réalité du Parti unique à la française qui, pour sauver
les apparences, doit continuer à faire croire à la pluralité politique,
même et surtout parce qu’elle est fictive.
Pardonnera-t-on au Béarnais sa dangereuse inconscience ?


