16-03-08
139 milliards d’euros…
Novopress
Article de Henri Dubost publié le 16 mars 2008
Selon une récente étude du Pentagone, c’est le budget militaire
« réel » de la Chine en 2008, soit l’équivalent des dépenses militaires
de la Russie, du Japon et de la Corée du Sud réunis.
Côté chinois, les chiffres officiels font état d’un budget de 47
milliards d’euros, équivalent au budget français de la Défense, marqué
par une augmentation de 20% sur le budget 2007. Pékin qualifie cette
augmentation de « modeste » en valeur absolue – 9 milliards
d’euros – si on la rapporte au PIB et aux recettes fiscales du pays, et
assure benoîtement qu’elle est essentiellement destinée à
l’amélioration de la paie des quelque 2,3 millions de soldats de l’ «
Armée populaire de libération »…
Ces précisions n’ont pas l’heur de convaincre Tokyo. « Il est impossible pour un pays voisin, et les autres États dans le monde, de comprendre cette croissance [des dépenses militaires] à deux chiffres depuis vingt ans », a déclaré Nobutaka Machimura, porte-parole du gouvernement japonais.
L’effort d’armement de la Chine inquiète également Washington. « La constitution d’une force armée en Chine est caractérisée par l’opacité. Ni au niveau régional ni au niveau mondial il n’est possible de savoir quelles sont ses intentions, » estime David Sedney, sous-secrétaire adjoint au secrétariat de la Défense américain pour l’Asie orientale.
Une partie des intentions de Pékin est pourtant clairement affichée. Selon le Pentagone en effet, la République populaire aurait déjà déployé 1000 missiles balistiques et 500 avions de combat dans les provinces chinoises faisant face à Taïwan et dispose maintenant de plusieurs options d’attaque, dont « une campagne de bombardement, un blocus ou une invasion amphibie. »
Taïwan qui est séparée de la Chine continentale depuis 1949 – année où cette dernière tombait sous le joug communiste – menace de proclamer son indépendance et de poser sa candidature aux Nations Unies. Le 22 mars prochain auront lieu les élections présidentielles à Taïwan. Le président Chen Shui-bian a provoqué l’ire de Pékin en proposant qu’un référendum sur cette candidature se tienne le même jour sur l’île. « S’ils s’entêtent dans cette voie, ils paieront un prix élevé », a prévenu un officiel chinois.
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