08-05-08
Le Manifeste de Zénon
Article de Yvan Benedetti Conseiller municipal de Venissieux, Secrétaire Départemental adjoint de la fédération du FN du Rhône publié le 7 mai 2008.
"On ne peut qu’être abasourdi par les réactions
primaires et irrationnelles que suscite, à nouveau, ces derniers jours,
ce que l’on pourrait qualifier d’ « Affaire du Détail 2 ».
Abasourdi que tant de bonnes consciences moralisatrices s’effraient de
la libre parole d’un homme précisément libre et sensé, s’exprimant avec
honnêteté et courage, dans le pays qu’on ne cesse de définir comme la
terre d’élection de la Liberté et de l’Esprit et qui se veut l’héritier
audacieux de la Divine Philosophie des Lumières.
Abasourdi
qu’on dénie à un homme politique aussi incontournable que Jean-Marie Le
Pen le droit élémentaire à la libre pensée. Est-il nécessaire de
rappeler en effet que Le Pen n’est pas le premier venu, qu’il
représente des millions de Français et qu’il fait partie - cela n’est
tout de même pas anecdotique - de cette petite minorité de politiques
qui eut l’honneur d’accéder au deuxième tour de l’élection
présidentielle?
Est-il nécessaire aussi de rappeler, malgré
ses défauts, l’acuité de son sens politique, les qualités de
visionnaire qu’il a démontrées tout au long de sa carrière, ainsi que
son bon sens, l’étendue de sa culture, la cohérence, la constance et la
solidité de sa pensée, la pertinence et l’efficacité de son discours,
la probité de son long engagement quand la plupart de nos hommes
politiques se distinguent, au contraire, par leur vacuité, leur vanité,
leur goût immodéré pour le mensonge et la rhétorique creuse, leur
opportunisme et leur incompétence!
Le Pen n’est pas un «
parvenu » de la politique, c’est un homme de la IVème, un « vieux
cheval » qui a connu la Seconde Guerre Mondiale, l’Indochine, l’Algérie
et la constitution de la Vème République. Il possède une expérience de
longue durée. Expérience au cours de laquelle il a sans cesse prouvé
son attachement au système démocratique et parlementaire, ayant
d’ailleurs ramené la droite nationale dans le giron républicain quand
celle-ci, écoeurée et désespérée après la tragédie algérienne,
n’envisageait guère d’autre issue qu’un coup de force.
Sa loyauté
incontestable à l’égard du modèle républicain - que certains dans notre
camp ont vivement dénoncé - ne lui a cependant pas ôté son
libre-arbitre et son indépendance d’esprit. Lui fait-on payer autre
chose aujourd’hui que son refus définitif d’être assujetti, « vassalisé
» au despotisme d’une idéologie simpliste, créée à des fins peu
morales, en vérité, par le gros argent et ses inféodés de la sphère
médiatique, qui nous rebattent les oreilles des mêmes poncifs dangereux
et absurdes et qui, pour préserver leur pouvoir absolu, brûlent et
questionnent publiquement l’impudent qui ose s’en écarter?
Un
homme politique, digne de ce nom, n’a pas à se soumettre à la doxa. Il
doit, à l’inverse, se comporter en guide, en pédagogue, en précurseur.
Si les esprits les plus éclairés quant aux arcanes de l’Histoire et de
la Politique ne parlent plus, alors qui le fera? Quelle compréhension
aurons-nous des règles du jeu qui président à nos destinées ? Qui nous
aidera à construire notre réflexion et notre jugement? Veut-on vraiment
réduire définitivement nos esprits en esclavage et nous ravaler au
statut de troupeau aveugle et bêlant?
On nous expliquera qu’on
cherche simplement à bâillonner les « voix du mal » afin de mieux
garantir notre bonheur à venir. Mais « l’enfer n’est-il pas pavé de
bonnes intentions? » Qu’on se souvienne de ces paroles de Diderot,
penseur autorisé de notre époque sectaire: « Un des plus grands
malheurs qui pût arriver à une nation, ce serait deux ou trois règnes
d’une puissance juste, douce, éclairée, mais arbitraire: les peuples
seraient conduits, par le bonheur, à l’oubli complet de leurs
privilèges, au plus parfait esclavage (…) Malheur aux sujets en qui
l’on anéantit tout ombrage sur leur liberté, même par les voies les
plus louables en apparence. Ces voies n’en sont que plus funestes pour
l’avenir. C’est ainsi que l’on tombe dans un sommeil fort doux, mais
dans un sommeil de mort, pendant lequel le sentiment patriotique
s’éteint, et que l’on devient étranger au gouvernement de l’Etat. »
Ne
nous y trompons pas: l’impossibilité de plus en plus radicale
d’exprimer, en France, son opinion librement est une tyrannie extrême
qui s’attaque à une fonction vitale de notre peuple: sa faculté de
penser et donc, ô malheur, de s’opposer ! De plus en plus d’idées,
légitimes et saines sont décrétées « immorales » par la nouvelle
théologie imaginée par certains despotes qui se sont crus autorisés à
ériger de nouveaux tabous prétendument supérieurs, après avoir
soigneusement et patiemment détruit les anciens qui, seuls,
garantissaient l’équilibre et la vitalité de nos sociétés
traditionnelles. Peu à peu, des problématiques qui ne concernaient que
les seuls domaines sociétal, historique, scientifique, philosophique ou
artistique ont été asservies aux préceptes totalitaires de cette
néo-morale irrécusable, et détournées vers le domaine judiciaire.
Certaines pensées ont été chassées du champ naturel de la discussion et
du débat et tenter de les énoncer expose à de lourdes sanctions. D’une
manière insidieuse, la dictature de la pensée unique a peu à peu
circonvenu notre espace de liberté comme le fait le lierre autour de
l’arbre.
Les mises en examen pour « déviationnisme idéologique
» se sont multipliées ces dernières années. On ne peut, hélas, en
dresser la liste exhaustive et l’on se contentera d’évoquer les
affaires les plus récentes: le traitement ainsi réservé à l’école
révisionniste, au journal Rivarol pour une fois de plus les propos de
Le Pen sur l’occupation allemande; à l’ex-député Christian Vanneste -
condamné pour « homophobie » en 2006; à l’une de nos plus emblématiques
concitoyennes, Brigitte Bardot - déjà condamnée à quatre reprises à des
peines de plus en plus lourdes et au sujet de laquelle le substitut du
procureur, Anne de Fontette, qui officiait déjà contre Rivarol et
Jean-Marie Le Pen, s’est dite « fatiguée » par un cinquième procès pour
« haine raciale »; à Bruno Gollnisch, chassé comme un pestiféré de
l’université et condamné très lourdement pour contestation de crime
contre l’Humanité; à Renaud Camus et à Dieudonné condamnés pour
antisémitisme; à Alain Finkielkraut contempteur de l’équipe de France
de football « black-black-black »; à Kemi Seba de la Tribu Ka,
emprisonné pour antisionisme; à Pascal Sevran ayant osé critiquer la
fécondité exponentielle des Africains et plus récemment, à Bruno
Guigue, sous-préfet limogé après des propos contre Israël.
La
France croule désormais sous le poids écrasant des lois liberticides.
Le carcan intellectuel se resserre dramatiquement. Après la loi du
député communiste Gayssot en 1990, les lois Perben I et II, après la
loi dite Taubira en 2001 sur l’esclavage, va être entérinée la loi de
2006 relative au génocide arménien… et cela ne fait que commencer car
la logique communautariste doit déboucher sur autant de lois dites «
mémorielles ». On nous imposera bientôt des commandements sacrés sur
l’homoparentalité, l’euthanasie, et nul ne pourra en discuter le
bien-fondé sous peine d’être férocement vilipendé puis excommunié du
Paradis de la Bien-Pensance.
Il n’appartient ni aux
parlementaires ni aux juges et encore moins aux hyènes médiatiques, de
réécrire l’Histoire, discipline ô combien complexe et sujette à débats,
controverses et révisions! De même, il n’appartient ni aux
saltimbanques surmédiatisés ni aux « liseurs » de prompteurs, armés
d’oreillettes inquisitrices de définir la morale politique et
l’éthique. Les défenseurs ardents de la Liberté ne sont guère
indisposés par le simulacre de démocratie dans lequel nous vivons
depuis trop longtemps, les électeurs nombreux du Front National étant,
par exemple, honteusement privés de toute représentation parlementaire.
N’est-ce pas d’ailleurs avec le plus grand fanatisme et le plus grand
mépris pour la liberté de pensée et d’opinion qu’ils organisèrent entre
les deux tours de l’élection présidentielle de 2002 une formidable
chasse à l’homme, au cours de ce qu’il est convenu d’appeler « la
quinzaine de la haine »?
De nombreux intellectuels réagissent
aujourd’hui face à la montée vertigineuse du sectarisme et du
totalitarisme idéologique, craignant de ne plus pouvoir exercer leur
fonction ou même leur travail. Certains esprits audacieux et lucides
exigent l’abrogation des lois liberticides. La liberté d’expression ne
se négocie pas au cas par cas: elle est totale ou elle n’est pas. Le
peuple français - existe-t-il encore suffisamment pour s’en souvenir? -
passait jadis pour le peuple le plus spirituel et le plus épris de
liberté. Ne possède-t-on pas, comme on le dit souvent, l’une des
langues les plus fines et les plus riches au monde, réputée pour sa
capacité à exprimer les plus subtiles délicatesses de l’esprit, ce qui
en fit la langue de la diplomatie? Nous étions hier encore un peuple
d’insoumis, de révoltés, de chicaneurs - diront nos détracteurs - un
peuple de poètes, de philosophes, d’écrivains, de révolutionnaires,
jamais rassasié de liberté et de pensée, passionné de rhétorique et de
conversation, l’esprit critique toujours à l’affût.
Deviendrons-nous les moutons que notre nature profonde nous a empêchés
d’être depuis toujours? Serons-nous demain des veaux comme les autres?
Accepterons-nous la répugnante lobotomie que certains pervers
professionnels veulent nous infliger? La France sera-t-elle changée en
un poulailler industriel et le reste du monde, en planète des singes,
par la politique du nouvel ordre mondial?
Si Le Pen doit
aujourd’hui s’arracher la langue comme Zénon d’Elée, ce philosophe
grec, disciple de Parménide qui, pour protester contre son tyran, se
trancha la langue avec ses dents puis la cracha au visage de son
ennemi, alors il nous faudra à tous également offrir notre organe
lingual en sacrifice à la liberté de parole et de pensée. Si les
premiers de nos dialecticiens ne peuvent plus s’exprimer, nous serons
tous réduits à un silence mortifère qui nous mènera tout droit à la
pire des servitudes. Peut-être même, un jour, après les condamnations
judiciaires, nous fera-t-on taire à coups d’embargos ou de
bombardements comme cela se fait déjà dans de nombreuses régions du
monde.
Car nos bourreaux, ne l’oublions pas, ont des visions et des
visées universelles. Ils voudraient bien nous servir la même bouillie
idéologique de New-York à Tokyo et du Pôle Nord au Pôle Sud! Qu’ils ne
se réjouissent pas trop vite: il y aura toujours un rebelle quelque
part, fidèle à ses traditions, pour leur tenir tête: un Breton entêté,
un Iranien irréductible ou un Russe obstiné…!
Au-delà des
personnes, qu’elles aient nom Le Pen ou Dieudonné, Bardot ou Faurisson,
il s’agit de s’élever au-dessus des chapelles, des réticences
partisanes des tendances diverses, pour défendre un principe intangible
et vitale à notre dignité, et à notre pérennité: la liberté de pensée
et de parole sans condition. Affirmons qu’être libre de parole et de
pensée n’est pas un délit de droit commun. Pour cela, exigeons l’arrêt
de l’Inquisition par l’abrogation de toutes les lois liberticides en
France."
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=129634&pid=9098567
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

