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édition du 9 juillet 2008

La droite nationaliste veut interdire les minarets. Elle a remis mardi son initiative populaire munie de 114.895 signatures à la Chancellerie fédérale. Démarche peu courante, le gouvernement a pris position publiquement dès le dépôt du texte.

Le comité, composé de membres de l’Union démocratique du centre (UDC / droite nationaliste) et de l’Union démocratique fédérale (UDF / chrétiens fondamentalistes), a réaffirmé ses griefs à l’encontre d’une «accélération de l’ rampante de notre pays».

«Le minaret en tant qu’édifice n’a pas de caractère religieux, mais est le symbole d’un impérialisme», a ainsi déclaré le député UDC Walter Wobamnn devant les médias. (…)

Dans des pays de tradition tolérante, comme les Pays-Bas, l‘intégration ne se fait plus, a critiqué le député UDC Dominique Baettig.

Les fondamentalistes n’hésitent pas à lancer des menaces contre les quelques esprits libres, caricaturistes et autres défenseurs de la liberté d’expression, qui oseraient résister à une culture religieuse «certes respectable, mais violente, archaïque, sexiste, homophobe et ne séparant pas le politique du religieux», a-t-il ajouté.

Sa collègue Jasmin Hutter a entonné le même refrain au nom de la défense des droits de la femme face à une charia qui s’imposerait de plus en plus en Occident.

L’initiative populaire «contre la construction de minarets» a surtout reçu du soutien en alémanique. L’idée y a d’ailleurs germé en pleine polémique autour de plusieurs projets de réalisation de tels édifices, comme à Wangen (Soleure) ou à Langenthal (Berne).

Réaction du gouvernement

Dès son lancement, ce texte, ainsi que les propos tenus par ses partisans, ont provoqué des remous. L’Organisation de la conférence islamique s’en ainsi est inquiétée. Le gouvernement n’a donc pas attendu pour afficher publiquement sa position.

«Il n’y a pas de doute que le gouvernement invitera le peuple et le Parlement à rejeter cette initiative», a fait savoir le président de la Confédération Pascal Couchepin. Les propos se veulent rassurants face à l’étranger. «Il ne s’agit pas d’une initiative du gouvernement ou du Parlement», a encore précisé le président de la Confédération.

Source : SwissInfo