JMLP_Evian

Front National


Discours de Jean-Marie Le Pen à Evians le 14 septembre 2008

Mes chers camarades,

Mes chers amis,
 
C’est pour moi une grande joie de clore, par un propos de politique générale, les travaux d’une Université d’été aussi brillante que celle à laquelle nous avons assisté durant ces deux jours, dans le cadre fort agréable de la ville d’Evian, encore rehaussé par le charme discret de notre hôtel, lieu d’accueil idéal des travaux de rentrée de notre formation.
 
En votre nom à tous, j’adresse à Sa Sainteté le Pape Benoit XVI en visite pastorale dans notre pays, nos souhaits de bienvenue et l’expression de nos sentiments de chaleureuse déférence.
A l’instar sans doute de beaucoup d’entre vous, auditeurs studieux des différentes conférences, je crois que la XXIème Université du Front National restera comme un grand cru.
 
Je voudrais chaleureusement remercier chacun de nos orateurs, dont la qualité des travaux n’a eu d’égale que l’aisance oratoire, et chacun sait que cette qualité de communication, particulièrement importante à l’époque moderne, est distincte de la réflexion intellectuelle en elle-même.
 
Merci à Jean-Richard Sultzer pour la hauteur de ses analyses économiques de l’Union européenne,
 
Merci à Philippe Loiseau, auteur d’un poignant témoignage sur le calvaire économique et social des agriculteurs français.
 
Merci à Bruno Gollnisch, pour le parallèle effectivement saisissant entre l’Union Européenne et feu l’Union soviétique.
 
Par la suite, trois interventions ont bien montré comment l’Union européenne, loin des promesses de prospérité qui ont toujours accompagné son développement, a accru les difficultés françaises.
 
Ainsi, Louis Aliot a évoqué le rôle corrosif  de l’Europe dans la décadence de nos institutions ;
Thibaut de la Tocnaye a expliqué comment les choix européistes contribuent à accroître considérablement les difficultés sociales de nos compatriotes,
 
Merci au Professeur Martinez, dont chacun a pu une fois de plus admirer le brio,
 
Merci à nos experts, en commençant par Hubert de Beaufort, pour son travail difficile de prospective et sa capacité à présenter les choix fondamentaux qui s’imposent à notre peuple.
 
Je n’oublie pas Jean-Michel Vernochet, notre expert en géopolitique, pour son analyse du rôle de l’Europe dans la crise du Caucase.
Merci encore à Marine Le Pen, pour sa réflexion sur la mondialisation, cadre à la fois ancien et nouveau du développement des nations européennes, qui, comme la langue d’Esope, peut être effectivement une bonne ou une mauvaise chose selon la réponse que lui apportent les pouvoirs publics.
 
Permettez-moi enfin un mot spécial à l’adresse de Dominique Martin, puissance invitante et de Marie Christine Boutonnet, maître d’œuvre de notre manifestation, tant il est vrai que rien de tout cela ne serait possible, si dans les soutes, dans la machinerie organisationnelle du Front National, nos amis ne s’activaient pas avec l’ardeur qu’on leur connait.
 
I- Puisque nous sommes aujourd’hui dans le cadre d’une manifestation du Front National, je voudrais commencer mon propos par une brève évocation historique.
 
Le Front National, qui pouvait fêter cette année son 36ème anniversaire, a porté depuis sa naissance, contre vents et marées, le drapeau tricolore de la cause du Peuple et de la Nation française.
 
Il l’a porté, avec des fortunes diverses, mais toujours tête haute et mains propres avec honneur et fidélité.
 
Grâces soient rendues à tous ceux et celles qui se sont dévoués en son sein, comme responsables ou simples militants et dont beaucoup sont aujourd’hui disparus, inlassablement remplacés à leur poste de combat par les jeunes générations.
 
Leur souvenir reste vivant dans nos esprits et dans nos cœurs.
 
Le Front National n’a pas encore atteint son objectif principal qui est de mettre au pouvoir les hommes et les femmes capables, en mettant en œuvre son programme de Salut National, d’arracher la France à la décadence et son peuple à la servitude et au déclin.
 
Il a eu, néanmoins, un rôle capital dans la vie politique de notre pays. Bien que scandaleusement tenu à l’écart du Parlement français par une loi électorale scélérate et aussi malgré les millions de voix qu’il obtenait dans les élections essentielles, il a constitué un môle de résistance, et animé une concurrence qui a obligé les partis à lui emprunter une partie importante de son programme, comme Monsieur Sarkozy, en 2007 et ainsi empêché, jusqu’ici, le pire.
 
Parce que l’an dernier, il a connu une déception à l’élection présidentielle et un grave échec aux élections législatives, certains, prenant leurs désirs pour des réalités et les vessies pour des lanternes, ont claironné qu’il était mort.
Vous êtes là, chers amis, prouvant qu’il n’en est rien et qu’ils devront compter avec nous demain plus que jamais.
 
Il est vrai que les conséquences financières de notre échec ont été lourdes.
 
Une majorité de nos candidats n’ont pas pu, pour la 1ère fois dans l’histoire du Front National, passer la barre des 5%, alors pourtant que, arrivé 4ème sur 12 à la présidentielle, j’avais obtenu avec 3 800 000 soit 10.40% des suffrages.
 
Cet échec aux Législatives nous incombe, je crois,  très largement.
En effet, durant cette campagne, nous avons tout misé sur un journal envoyé par la Poste, coûteux, peu lu par les électeurs et démobilisateur pour nos candidats, parce qu’ils ont eu l’impression que la Poste faisait le travail à leur place.
 
Les résultats étant là, le Front National a décidé alors de prendre en charge les frais de campagne de ses candidats, beaucoup d’entre eux étant dans l’incapacité de faire face à cette dépense et c’est pourquoi, il a du assurer la prise en charge de ce qu’ils devaient à leur imprimeur Fernand le Rachinel, par ailleurs, Député européen et membre du Bureau Politique du Front National.
 
La subvention annuelle du Front National étant réduite des 2/3, nous avons dû prendre des décisions drastiques et difficiles, comme celles de licencier une partie du personnel et supprimer nos journaux.
 
De surcroît, il fallait soit, trouver un emprunt, soit vendre le Paquebot, notre siège national.
 
En l’absence d’un emprunt, c’est ce que nous nous sommes résignés à faire, mais dans le même temps, nous avons du trouver et remettre en état un nouveau siège et préparer les futures batailles.
 
Mais l’adversité a au moins une vertu, c’est de révéler les caractères des hommes.
Comme le Paquebot avait de l’eau dans ses cales, mouillant les bottes de ceux qui s’activaient aux pompes pour sauver le bateau, les rats quittaient le navire et couraient sur le quai en s’agitant dans l’espoir de s’embarquer sur un autre navire.
 
Hélas, pour les YA KA et les FAUT QU’ON, souvent plus vrais que nature, il n’y avait pas de bateau à l’horizon, non plus d’équipage, seulement des candidats capitaines qui en venaient déjà aux mains.
 
Encouragés par certains dissidents passés à l’ennemi depuis longtemps, certains même de ces déserteurs cessaient de reverser au Front la petite part de leur indemnité d’élu, comme ils s’y étaient engagés.
 
Ceux-là seront exclus et leurs adhérents informés de cette trahison.
 
Cela étant, qui est blessant, mais non mortel, ne nous empêche pas de continuer à nous battre pour notre cause.
 
Tous ceux-là qui n’ont d’autre titre politique que d’être des félons du Front National, vont disparaître de la vie publique, dans les oubliettes ou les poubelles de la petite histoire.
 
Pour nous tous, les patriotes, les fidèles, le combat continue. 
Une fois réglées nos dettes et nous étant établis dans notre nouveau siège de Nanterre, nous entrerons en campagne d’abord européenne pour 2009 et régionales pour 2010.
 
Deux élections à la proportionnelle, pleines d’espérance, à la condition que nos électeurs ne s’abstiennent pas, puisque nous sommes surs de pouvoir leur donner des élus, qui défendront leurs idées au Parlement européen et dans les Conseils Régionaux.
 
Nous devrons faire un effort tout particulier d’adhésions.
 
Chaque responsable, chaque militant doit considérer qu’il s’agit là de la tâche principale, car elle conditionne notre force politique et notre autonomie financière.
 
Le mot d’ordre est donc clair !
 
Adhérez, faites adhérer, renouvelez et faites renouveler, autour de vous, les sympathisants et électeurs du Front National. C’est un acte militant, une source de revenus pour le Front, et un levier important de diffusion de nos idées.
 
Un effort d’organisation, de communication interne et externe, sera également fait à tous les niveaux.
Le journal « Au Front » qui a remplacé FDA et NH doit recueillir beaucoup d’abonnements et chacun se fera un devoir de militer dans le cadre des campagnes électorales.
 
En somme, mes chers camarades, cette épreuve est l’occasion de bousculer nos habitudes, de redoubler d’ardeur, et de retrouver l’esprit pionnier qui fit notre succès au cours des années passées.
 
Les temps qui viennent seront durs et la France va avoir besoin de nous, menacée qu’elle est dans sa substance par une immigration massive, par la crise financière et économique dont les conséquences sociales vont faire souffrir nos concitoyens.
Mais pour soigner les maladies françaises et proposer les bons remèdes, il faut s’interroger sur les causes profondes de nos difficultés.
 
Sans revenir sur le fond de nos travaux, j’observe moi aussi cette étrange dualité contemporaine, celle d’une Europe qui bride nos libertés individuelles et nationales par des règles contraignantes, arbitraires ou injustes, tandis qu’une anarchie sans précédent semble présider aux destinées politiques et économiques du monde.
 
 
 
 
Le comble, c’est que la France subit ainsi l’addition des inconvénients : ceux d’une Europe toute puissante, qui décide de tout à notre place, et ceux qui naissent de la suppression volontaire de nos frontières politiques, économiques, migratoires, sanitaires et internationales, mettant la France à la merci des grands courants démographiques et économiques mondiaux, au détriment flagrant de notre identité, de notre sécurité et de notre prospérité.
 
Bref, l’Union européenne est dans la situation d’un tuteur qui manifesterait une autorité implacable sur les enfants dont il a la charge, tout en laissant entrer librement dans la maison tous les autres enfants, sans intervenir lorsqu’ils casseraient ou pilleraient tout.
Initialement, l’Union européenne se présentait comme une alternative possible à la mondialisation ; dans les faits, elle en est le fourrier, l’accélérateur et même le démultiplicateur.
 
En effet, loin d’instaurer des préférences communautaires, comme c’était prévu par le Traité de Rome, loin d’ériger des frontières extérieures communes, comme prévu par les traités de Maastricht et de Schengen, l’Europe a délibérément supprimé toutes ses frontières, économiques ou politiques.
 
Elle professe et promeut l’inverse de la protection, c’est-à-dire la construction d’une vaste zone ouverte à tous les échanges humains, économiques et financiers.
 
Par exemple, monsieur Mandelson, le Commissaire au Commerce, n’agit jamais en représentant des intérêts de l’Union, mais en défenseur idéologique du libre-échangisme mondial.
 
Il n’est pas le seul. Toute la technostructure de la Commission est mondialiste, depuis plus de 30 ans.
 
Toutes les politiques suivies vont dans le sens, non pas d’une Europe européenne, mais d’une Europe-monde, ce que l’on voit particulièrement bien lorsqu’on regarde les élargissements envisagés : la Turquie, le Maroc, Israel, et demain, pourquoi pas, le Caucase, puis enfin l’Asie du Sud est, l’Afrique et l’Amérique.
 
Comme l’a dit un jour l’ami Martinez,  « l’Europe est un pavillon de complaisance qui couvre une marchandise mondiale ».
 
Cette dénaturation de la construction européenne, toute à la fois supranationale et anti-nationale, doit être impérativement et inlassablement dénoncée à l’opinion française.
 
Et c’est ce que nous faisons, inlassablement !
 
C’est le devoir de tous les partis patriotiques, et plus particulièrement du Front National, vigie du peuple français depuis plus de 35 ans.
 
C’est en effet cette politique européiste et mondialiste qui explique la montée du chômage de masse depuis 1974, comme l’a excellemment rappelé, à de nombreuses reprises, le Prix Nobel d’Economie Maurice Allais.
 
C’est cette politique suicidaire qui explique l’effondrement de notre commerce extérieur, parce que la politique dite de « l’euro fort » pénalise les exportations françaises, tandis que l’ouverture commerciale entraine l’invasion de nos marchés et la destruction de pans entiers de notre économie.
 

C’est encore l’absence de frontières politiques qui explique le déferlement migratoire qui s’abat sur le Vieux Continent, et plus particulièrement sur la France, et dont il faut bien comprendre qu’il n’en est qu’à ses débuts, tant les réservoirs humains du Sud de la planète sont gigantesques, alors que la dénatalité vide l’Europe de sa population d’origine.

 
Si nous restons plus longtemps dans cette entité à vocation fédérale, dans cette logique mortifère d’Etat supranational, si nous continuons dans des politiques suicidaires, alors disons le tout net, c’en sera fait de la France et des Français.
 
 
Nous ne perdrons pas seulement notre niveau de vie, nous perdrons aussi notre histoire et nos valeurs.
 
Pour autant, fidèle à l’optimisme proverbial de nos ancêtres gaulois, je vois aussi que des forces considérables de renouveau sont désormais à l’œuvre.
 
II- En effet, nos résultats électoraux sont repartis à la hausse dès les dernières élections cantonales.
 
Nous avons ainsi réalisé 8,1% des suffrages en moyenne dans plus de mille cantons où nous présentions des candidats.
 
 
Les frontistes abstentionnistes de 2007 semblent commencer à revenir aux urnes, en notre faveur.
 
Pour autant, ce mouvement n’en est qu’à ses débuts et il nous faut l’amplifier, avec l’aide involontaire de Nicolas Sarkozy.
 
Le contexte va nous y aider, car tout porte à croire que les idées patriotiques ont le vent en poupe, à l’échelle de la planète entière, de l’Europe et de la France elle-même.
 
Durant les Jeux Olympiques, les différents peuples ont fait assaut de ferveur patriotique - les chinois montrant d’ailleurs l’exemple !
 
Chaque peuple a ressenti la communion nationale dans la victoire, en même temps qu’une fierté patriotique légitime à l’occasion de la remise des médailles et de la diffusion de son hymne national.
 
C’est bien la preuve que la nation est le cadre d’identification le plus cher qui soit au cœur des êtres humains.
 
Partout dans le monde, les hommes célèbrent leur patrie, et des millions et des millions d’être humains sont prêts à consentir, pour elle, au sacrifice suprême.
 
Prenez encore le cas de la ferveur patriotique qu’occasionnent les primaires américaines, puis plus récemment les grandes conventions démocrates et républicaines.
 
Outre-Atlantique, le patriotisme est une valeur normale et naturelle. Mais il faut dire qu’il est inculqué dès le plus jeune âge, et qu’il est présent à tous les stades de l’éducation des jeunes américains.
 
Oui, mesdames et messieurs, dans un monde fortement nationalisé, seule l’Europe s’est engagée dans la voie décadente du politiquement correct, du dénigrement du passé, de la culpabilité, de la haine de soi et de la repentance.
 
Elle s’est perdue dans une vague idéologie cosmopolite dont tout laisse à penser qu’elle porte en elle les pires ferments totalitaires.
 
Toutefois, au sein même de l’Europe, la chape de plomb se lézarde, à l’instar du plafond du Parlement de Strasbourg.
 
Des voix, de plus en plus nombreuses, de plus en plus prestigieuses, s’élèvent pour dénoncer la création d’une Europe supranationale sur les corps pantel ants des vieilles nations et des vieilles traditions européennes.
 
- Citons d’abord, en juin dernier, le rejet du traité de Lisbonne par le peuple irlandais, qui vient après le double refus de la Constitution européenne par les français et les hollandais en mai et juin 2005. Soyez certains, mes chers camarades, que si d’autres peuples étaient consultés par la voie référendaire, nombreux sont ceux qui suivraient la voie tracée par les premiers, tout simplement parce qu’il est aujourd’hui évident que l’Europe est un marché de dupe.
 
En échange de l’abandon à son profit de notre souveraineté, elle devait en effet nous donner la prospérité perpétuelle. 
 
Qu’en est-il aujourd’hui, dans les faits ?
 
On nous a dépossédés de nos libertés nationales et en même temps, nous nous sommes appauvris, au plan individuel et collectif, à cause des politiques suivies par Bruxelles.
 
A rebours de leurs dirigeants décadents, les peuples s’en sont bien rendu compte.
 
- Je dois dire cependant que certains chefs d’Etat et de gouvernement sont désormais ouvertement eurosceptiques, comme Vaclav Klaus, le Président tchèque, et Lech Kaczynski, le Président polonais, ainsi, dans une moindre mesure, que le Premier Ministre britannique Gordon Brown.
 
Tous revendiquent les droits fondamentaux des nations pour s’opposer aux initiatives fédéralistes, parce qu’ils ont compris qu’il s’agit là d’une utopie régressive, qui subira les mêmes dérives et d’ailleurs le même sort que la défunte Union Soviétique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’opposition au fédéralisme européen émane d’abord des ex-pays de l’Est, c’est-à-dire des anciennes démocraties populaires.
 
III- Les autres font semblant d’y croire, à commencer par le Président Sarkozy, qui s’en sert pour lustrer et magnifier sa propre image à l’occasion de la Présidence Française de l’Union.
 
Quelle débauche de media, et d’argent public, pour annoncer l’organisation de plus de 500 évènements, soit 2 par jour !
 
Cela coutera 190 millions d’euros au contribuable, soit trois fois plus cher que la précédente présidence française, en l’an 2000 !
 
Mais rien n’est assez beau pour Sarkozy, qui  considère qu’il faut exploiter chaque évènement médiatique jusqu’à la corde.
 
Regardez l’affaire de l’embuscade contre nos soldats en  Afghanistan. Il a été partout.
 
A Kaboul, aux Invalides, à Castres, à grands renforts de caméra et de micros, alternant, dans des discours interminables, formules viriles et improvisations plus ou moins réussies.
 
C’est choquant. Mais, me direz-vous, pourquoi cette surexposition, cette agitation, cette gesticulation permanente ?
 
De Colombie en Georgie, Nick Sarko, illustre la formule attribuée à Cocteau : « Ces faits nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs ».
 
Il lui faut en effet faire oublier les échecs du gouvernement, faire oublier que depuis son élection, les problèmes des Français s’aggravent
 
En terme de croissance, en 2007, la France s’est classée à la 29èmeplace sur les 34 pays les plus riches du monde. Si on la compare à ses voisins, notre pays fait moins bien que l’Allemagne, la Grande Bretagne, l’Espagne. Seule l’Italie réalise une performance inférieure.
 
Et ce sera pire en 2008.
 
Loin des 2 à 2,5 % sur lesquels Fillon a bâti son projet de budget, les ministres parlent désormais de 1 à 1,5%. Dans les faits, ce sera encore moins, comme d’habitude.
 
 
Au-delà–même de la croissance, tous les indicateurs de la conjoncture française se sont dégradés, annonçant des temps plus difficiles :
- Inflation officielle record (3,2 % sur douze mois),
- Diminution du pouvoir d’achat et chute de la consommation des ménages
- Crise du commerce extérieur et de la production manufacturière
- Stagnation du chômage réel à un niveau insupportable et remontée annoncée.
 
Les comptes publics plongent plus profondément dans le rouge.
 
Après 2,7 % de déficit public en 2007, soit près de 50 milliards d’euros, la France devrait connaître, selon les spécialistes, 2,9% en 2008 et 3% en 2009.
 
Le redressement des comptes, promis pendant la campagne, puis annoncé pour 2012, est désormais reporté aux calendes grecques.
 
La dette atteint 2. 200 milliards d’euros, soit 14.500 milliards de Francs, ce qui fait 64% du PIB.
 
Chaque citoyen français est donc endetté de 17.000 euros au titre de la mauvaise gestion des collectivités publiques.
 
Les prélèvements obligatoires atteignent toujours le niveau faramineux de 43,3% du PIB, l’un des plus élevés du monde développé.
 
Là encore, contrairement à ce qu'avait promis le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle, le taux de prélèvement obligatoire français ne sera pas ramené à celui de la moyenne de la zone euro à la fin du quinquennat.
 
Il eût fallu, pour ce faire, le réduire de quatre points de PIB et trouver les 68 milliards d'euros annoncés.
 
Au lieu de cela, l’exécutif aligne les nouveaux impôts et les nouvelles taxes les unes derrière les autres.
Depuis le début 2008, 6 nouveaux impôts sont prélevés par l'Etat : écopastille sur l'achat d'un véhicule neuf jugé polluant, taxe poisson pour financer la filière pêche, taxe de 10% sur les stock-options, taxe exceptionnelle sur les produits pétroliers, franchise médicale etc….
 
Le 1er  mai, une taxe sur les téléphones multimédia ayant une certaine capacité de mémoire a aussi été mise en place.
 
Fin aout, une nouvelle usine à gaz a été annoncée : le Revenu de Solidarité Active, financé par un prélèvement de 1,1% sur, dit-on, « les revenus du capital ».
Je ne sais pas ce que sont les « revenus du capital ».
 
Ce que je sais, c’est que les grandes fortunes, il y a belle lurette qu’elles ne sont plus en France.
 
C’est donc la classe moyenne, et même les petits épargnants et les petits propriétaires qui vont être taxés, au titre de l’assurance-vie ou de leur PEA, sur des revenus, qui, le plus souvent, ont déjà été assujettis à l’impôt sur le revenu !
 
Soyons clairs : la mesure touchera les classes moyennes et les personnes modestes, mais pas les très riches, protégés par la délocalisation financière ou le bouclier fiscal.
 
De surcroît, au moment où le pouvoir d’achat faiblit, cette mesure ne va pas, c’est le moins que l’on puisse dire, dans le bon sens.
 
D’ailleurs, la majorité UMP elle-même est très dubitative.
 
En effet, on est bien loin de la fameuse réforme fiscale, annoncée avec tambours et trompettes depuis septembre 2007 !
 
Et ce n’est pas tout !
 
Est à l'étude en ce moment une taxe "pique-nique" sur les sacs plastiques, assiettes et verres en plastique !
 
Demain, il y aura enfin la taxe destinée à compenser la décision de ne plus diffuser de publicité sur France Télévision.
 
Disons la vérité, aucune des promesses de renouveau économique du candidat Sarkozy n’a été tenue par le président Sarkozy. 
 
Il en va de même en matière d’immigration.
 
Souvenez-vous de la tonalité presque frontiste de la campagne présidentielle de Sarkozy : frein à l’immigration, expulsion des illégaux, limitation du droit d’asile.
 
Que reste-t-il de tout cela ?
 
Rien.
 
Le Gouvernement se félicite de la légère baisse du nombre de réfugiés.
 
Mais il ne parle pas de l’explosion de l’immigration économique et de l’immigration familiale depuis un an et demi.
 
Les flux d’immigration vers notre pays sont toujours aussi importants, dans le silence des instituts officiels, des statistiques publiques et des grands media nationaux.
 
Néanmoins, grâce au courage de rares journalistes indépendants,  quelques vérités éclatent.
 
Par exemple, celle des squatters de Cachan.
 
95% d’entre eux – soit 231 sur 238 –ont  été régularisés. 
 
C’est la fameuse méthode du « cas par cas », évoquée par Brice Hortefeux.
 
Voici ce qu’en a dit il y a quelques mois un responsable CGT :
 
« Le cas par cas, c’est toujours comme cela que cela se passe. Mais en fait, ce sont des régularisations massives. A chacun sa langue de bois.
 
« Lors de la rencontre avec le cabinet d’Hortefeux, nous avons évoqué la grève des sans-papiers qui avait eu lieu au restaurant « La Grande Armée ». Nous avions obtenu la régularisation, au cas par cas, de 8 salariés sur 9. Nous nous attendons à cette proportion-là. Vous le voyez, les régularisations au cas par cas, ce sont des régularisations de masse ».
 
Quel aveu !
 
 
 
Dans un pays qui a accueilli plus de 10 millions de personnes en 30 ans, qui est dans une situation d’appauvrissement économique et social inquiétant, la classe dirigeante, qu’elle soit politique, patronale, syndicale ou médiatique, communie dans l’appel à l’immigration de masse !
 
On croit  rêver…
 
Derrière l’illusionnisme et la magie des mots, l’immigration-invasion continue, la substitution de population s’accélère même. 
 
Eh oui, mes chers amis, avec Sarkozy, tout est verbal et rien n’est réel :
- la fameuse « politique de rupture » n’a conduit qu’à la rupture des engagements.
- la soit-disant « politique de civilisation » n’a pas reçu le moindre début de commencement.
 
Sarkozy a commencé dans le tricolore. Il finira dans le pire des politiquement-correct de gauche, suivant exactement la voie tracée par son prédécesseur Chirac.
 
D’après un connaisseur, Cohn-Bendit, Sarko serait même le dernier soixante huitard !!
 
Malgré sa défaite, la gauche aura donc réussi à imposer ses valeurs.
Il est vrai qu’elle a raté tout le reste.
Au pouvoir la moitié du temps depuis 25 ans, elle a mené une politique de consensus avec la fausse droite, les partis du système communiant dans l’européisme fanatique, le libre-échangisme débridé, l’immigrationnisme délirant.
 
Sarkozy, c’est le déclin, et la gauche, c’est la décadence. Bonnet blanc et blanc bonnet….
 
Voyez en matière européenne.
 
Là encore, ce sont les mêmes politiques qui ont été suivies par la gauche et par la droite, la politique de suppression des frontières nationales et de création ex-nihilo d’une entité supranationale, et surtout anti-nationale.
Là encore, Nicolas Sarkozy trahit ses promesses de campagne.
 
Il avait d’abord promis de ne pas revenir sur le vote des Français contre la Constitution européenne, le 31 mai 2005.
 
Mais rapidement, chacun s’est rendu compte qu’il remettait le couvert, pour, je le cite, « sortir l’Europe de l’impasse ».
 
 
Le traité de Lisbonne, concocté par le Chef de l’Etat lui-même, maquille simplement le traité constitutionnel, afin de dissimuler grossièrement la supercherie.
 
A ceux qui réclamaient, à tout le moins, une consultation populaire, Giscard osait affirmer le 16 janvier 2008, toute honte bue : "la demande de referendum n'est pas justifiée, car c'est tout de même un texte différent (sic) non pas dans les avancées institutionnelles mais dans l'approche".
 
Suffit-il de changer la numérotation des articles pour faire un nouveau Traité ?
 
Bien sûr que non.
 
A la vérité, les européistes, fanatisés au dernier stade depuis longtemps, se moquent bien de la démocratie, de l’opinion populaire et du droit.
 
Sarkozy pourrait faire sien le mot de Charles Pasqua : « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».
 
Un autre exemple montre clairement le cynisme du chef de l’Etat, celui de l’adhésion la Turquie à l’Union.
 
« Non, non, jamais au grand jamais », disait-il.
 
Mais qui a ouvert des négociations supplémentaires pour l’adhésion, sinon Nicolas Sarkozy ? 
 
Qui a fait supprimer l’article de la Constitution qui, pour toute nouvelle adhésion, obligeait à consulter directement le peuple français par referendum, sinon le Chef de l’Etat ?
 
Et qu’on ne me dise pas que ce sont les députés ou les sénateurs qui l’ont imposé. On sait bien que dans notre pays, les parlementaires sont soumis à l’exécutif, pour leur réélection, et même pour l’octroi de crédits budgétaires à dépenser dans leur circonscription.
 
A la vérité, Sarkozy est un partisan de l’adhésion turque, mais il n’ose pas le dire pour l’instant. Et il l’est, parce que telle est la volonté stratégique des Etats-Unis et qu’il s’en est fait le satellite complaisant.
 
Il viendra un beau jour à la télévision dire qu’il est certes contre à titre personnel, mais qu’il ne peut pas isoler plus longtemps la France sur la scène internationale, et que, le cœur serré, il faut se résoudre à l’Europe turque.
 
Il n’en reste pas moins qu’avec les impôts, l’immigration, la Constitution européenne, l’adhésion de la Turquie, cela fait beaucoup de mensonges pour celui qui disait, à quelques jours du scrutin, en 2007, « je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous tromperai pas ».
 
 Si au moins le Chef de l’Etat conduisait une politique extérieure qui rattrape les manques et les carences de sa politique intérieure !
 
Mais sa pratique et ses choix conduisent à un affaiblissement international de la France particulièrement inquiétant.
 
Sous son mandat, les errements de la diplomatie française se multiplient, hypothéquant gravement notre sécurité et limitant considérablement notre marge de manœuvre internationale, donc notre capacité à agir en faveur de l’équilibre des forces, clef de la paix mondiale.
 
Les choix systématiquement pro-américains du Président de la République marginalisent tout d’abord la France au Proche et au Moyen Orient.
 
Il a d’abord justifié, à plusieurs reprises, l’intervention américaine en Irak, alors que tout montre aujourd’hui que celle-ci a gravement déstabilisé la région. Il suffit de regarder l’état de l’Irak pour s’en convaincre.
 
Il a renforcé l’engagement des troupes françaises en Afghanistan, où elles n’ont strictement rien à faire, sinon servir de supplétifs à l’armée de l’Oncle Sam, dans une bataille sans issue avec des moyens matériels et techniques inadaptés.
Nos soldats sont affectés à une mission de figuration, très dangereuse tant sur le terrain qu’en France.
 
Le chef du commando des talibans qui ont mené l’embuscade contre notre élément de parachutistes en patrouille, complaisamment interrogé par les journalistes de Paris Match dans une démarche particulièrement choquante, a ainsi pu expliquer qu’aussi longtemps que la France participerait à cette guerre, elle ne devait pas s’étonner d’être traitée en ennemi.
 
L’aventurisme sarkozien ne s’arrête  pas là. 
 
Non loin de là, dans le Caucase, la France s’est engagée aux côtés du Président Sakachvili contre la Russie, l’Abkhasie et l’Ossétie du Sud, alors que dans cette affaire, la Georgie est l’agresseur de l’Ossétie du sud.

 
A la suite de la riposte des troupes russes, Sarkozy a appelé à respecter l’intégrité territoriale géorgienne, affirmant que la reconnaissance par Moscou de l’indépendance des deux provinces était tout simplement inacceptable.
 
Kouchner a été jusqu’à menacer la Russie de « sanctions ».
 
Bref, ceux-là mêmes qui ont imposé par la guerre l’indépendance du Kosovo, au détriment de l’intégrité territoriale serbe, dénoncent aujourd’hui l’indépendance de l’Abkhasie et de l’Ossétie du Sud.

 
C’est donc un ordre international à géométrie variable que la France promeut désormais, sous les yeux ébahis de l’opinion mondiale.
 
Dans un discours prononcé en février dernier, à Marseille, dans le cadre des élections cantonales et municipales, je commentais ainsi la reconnaissance d’indépendance du Kosovo :
 
 « Ce faisant, l’Europe de Bruxelles, les Etats-Unis d’Amérique et la France sarkozienne créent un dangereux précédent : c’est toute l’Europe, toute l’Asie et toute l’Afrique qui risquent d’exploser demain, car l’indépendance accordée au Kosovo est un encouragement à l’action séparatiste des micro-nationalismes et des régionalismes ethniques ».
 
Ma prédiction s’est avérée juste.
 
Vox clamentis in deserto…
 
Mais au moins les choses sont claires…
 
Alors même qu’il fut longtemps un des chefs du parti gaulliste et à ce titre apparemment attaché à l’indépendance nationale, Nicolas Sarkozy s’est révélé en réalité un chaud partisan du nouvel ordre mondial sous l’égide de Washington.
 
Dans cette configuration, la France, puissance moyenne et banalisée, ne joue strictement aucun rôle, sinon celui de cible du terrorisme international, puisque notre pays sera désormais rangé dans le camp des adversaires à abattre par les ennemis de l’Amérique.
 
 
 
Alors, mesdames et messieurs, je vous le dis sans détour : nous n’avons pas à participer à une quelconque guerre religieuse ou politique contre l’Iran.
 
A l’heure où je vous parle en effet, d’importants mouvements militaires américains, anglais et Français se dessinent en direction du Golfe Persique, tandis que le Congrès américain discute sur le projet d’imposer un blocus maritime à l’Iran.
 
Le blocus maritime, c’est toujours la première étape vers la guerre, comme le précédent irakien l’a bien montré.
 
Une importante armada alliée est désormais positionnée dans l’Océan indien.
 
Elle comprend deux des plus gros porte-avions de l’US Navy, deux porte aéronefs, dont l’un des Marines, un sous marin nucléaire Français ainsi que l’ensemble de leurs groupes de combat associés.
 
Des navires d’assaut amphibie des Marines et leurs groupes expéditionnaires font partie de la Task Force ainsi que des unités des forces spéciales de l’US Navy.
 
Les porte-avions USS Ronald Reagan et USS Roosevelt, flanqués de leurs groupes d’attaque, ont quitté leurs bases respectives du Japon et de Virginie.
Ils se sont déployés dans la zone qui s’étend du Golfe Persique à l’océan indien occidental.
 
Six porte avions et l’ensemble de leurs navires d’escorte sont désormais à proximité du Golfe.
 
En comptant les unités déployées pour les missions de surveillance des côtes somalies, de soutien au déploiement en Afghanistan et de contrôle du Golfe, ce sont plus de 100 bâtiments de combat qui sont sur zone ou à proximité, et plus de 1500 avions de combat, concentrés dans un rayon utile pour un bombardement massif.
 
C’est là une concentration navale sans précédent depuis 1991, date de la première guerre contre l’Irak. 
 
Les essais de la nouvelle bombe américaine anti-bunkers, la MOP, sont terminés depuis début juillet, ainsi que les exercices de bombardements réalisés sur Guam.
 
Le Koweit a mis ses forces armées en état d’alerte et il ya quelques jours, la diplomatie de Sarkozy a fort opportunément détaché de l’Axe du Mal le seul allié potentiel de l’Iran dans la région, c’est-à-dire la Syrie, comme pour mieux isoler Téhéran.
 
Alors, au nom de l’opinion mondiale, qui a le droit de savoir, je pose la question aux autorités américaines : de quoi s’agit-il exactement ?
 
D’une intervention sans l’aval de l’ONU ?
 
Est-ce que l’armada alliée est là pour imposer un blocus sur les produits pétroliers ?
 
Et sur le fondement de quel mandat international ?
 
S’agit-il, au travers de cette concentration de troupes, de créer les conditions d’un incident avec les Pasdarans, les Gardiens de la Révolution iranienne, pour engager une épreuve de force ?
 
Je pose également la question à Nicolas Sarkozy :
 
Pourquoi un sous-marin nucléaire français est-il engagé au côté des américains ?
 
Pourquoi un groupe de six avions Rafale de l’aéronavale française est-il  à bord du porte-avions USS Roosevelt ?
 
C’est la première fois, mesdames et messieurs, je dis bien la première fois, que des chasseurs bombardiers français sont opérationnels sur un porte-avion américain. Le 17 juin dernier, à l’occasion de la réception de la Commission du Livre Blanc, le Chef de l’Etat déclarait pourtant :
 
« La France ne placera jamais aucun contingent militaire sous commandement de l’OTAN en temps de paix ».
 
Là, il ne s’agit même pas de placer nos troupes sous l’égide d’une organisation internationale comme l’OTAN mais de les mettre sous l’autorité d’une autre nation, les Etats-Unis d’Amérique !
 
Nos maigres moyens devraient être exclusivement au service de la défense des intérêts français.
 
Notre armée, hélas, n’est plus aujourd’hui qu’une force marginale.
 
Elle sera demain une administration ridicule. Le Gouvernement a annoncé une baisse substantielle des effectifs des armées, de l’ordre de 54.000 hommes sur 5 ans Nicolas Sarkozy se permettant une fois de plus de reporter à 2012 l’augmentation du budget militaire !
 
Décidément, reporter l’examen du bilan à 2012, c’est une manie !
 
De qui se moque-t- on ?
 
Dans cinq ans, il ne restera que 130.00 hommes à l’armée de terre, donc à peine 30.000 hommes en état de combattre directement sur le terrain !
 
La vérité, c’est que Sarkozy ne croit plus à l’indépendance française, puisqu’il ne croit plus à l’armée française et ne jure que par l’Europe de la Défense.
 
Tout montre que cette Europe de la Défense sera la vassale de l’OTAN, donc de l’armée américaine, soumission rebaptisée « complémentarité vertueuse » dans le Livre Blanc sur la Défense, comme pour dissimuler l’ampleur de nos renoncements.
 
Sarkozy  a d’ailleurs confirmé que la France rejoindrait prochainement le commandement militaire intégré de l’OTAN.
 
La boucle est bouclée et tout est clair.
 
J’affirme pour ma part que cette politique est plus qu’une erreur, une faute terrible, dont nous risquons de payer la note bientôt.
 
La politique d’alignement inconditionnel sur Washington n’est pas conforme aux intérêts de la France, et de surcroît, elle hypothèque gravement la paix mondiale, mes chers camarades, et nous ne devons cesser de la dénoncer.
 
 Nous n’avons rien contre nos amis d’outre-atlantique, mais nous savons qu’en politique, lorsqu’on a tous les leviers en main, on a souvent une inclination vers le pouvoir absolu, dont les excès peuvent se révéler catastrophiques pour la paix et la sécurité internationale.
 
C’est cette tentation qu’il faut conjurer, par une diplomatie autonome, qui doit viser à l’équilibre mondial des forces.
 
Notre pays doit prendre l’initiative de la constitution d’une Europe des nations de Brest à Vladivostok.
 
L’importance démographique, économique, militaire et géopolitique de cet arc boréal permettra de contrebalancer la superpuissance américaine, et celle des grands pays émergents comme la Chine et l’Inde.

 
L’Europe de Brest à Vladivostok  est d’abord un espace de solidarité culturelle, historique et chrétienne.
 
La Turquie n’en fait donc pas partie, car ce pays, ami, n’est européen ni par sa géographie, ni par son histoire, ni par sa religion, ni par sa culture.
 
 
 
 
La Grande Europe Boréale est aussi une zone d’intérêts économiques convergents : les immenses espaces riches en énergies fossiles de la Sibérie sont indispensables à l’autosuffisance de l’Europe, et, en même temps, il faut assurer la mise en valeur de ces immensités vides d’hommes, dans une zone qui risque demain de subir le déferlement de la marée démographique asiatique.
 
Cette politique de solidarité continentale, conforme à notre géopolitique et à nos besoins, nous sommes les seuls à la défendre.
 
Sur ce sujet comme sur bien d’autres, nous sommes la seule opposition, la seule force de contre-proposition.
 
C’est la raison pour laquelle, voix de la France libre, indépendante et prospère, nous devons impérativement nous faire entendre de l’opinion.
 
IV- Pour ce faire, notre premier devoir est de mettre le Front en ordre de bataille pour les européennes, et pour toutes les autres échéances électorales qui vont s’étaler jusqu’en 2012.
 
Du point de vue interne, les choses sont claires.
 
Le Congrès du Front national, qui s’est tenu en novembre 2007, m’a réélu pour 3 ans à la tête du Front National.
 
J’entends donc remplir ce mandat pour remettre le Front national sur les rails des succès auxquels sa lucidité et son courage lui donnent droit.
 
Notre mouvement est riche des militants et des personnalités qui le composent. Chacun et chacune a ses qualités propres, son enracinement local, sa façon de porter nos couleurs.
 
Que les hommes manifestent leur dilection ou leur préférence pour tel ou tel de nos dirigeants est naturel, si cela reste dans le cadre de l’affectio societatis qui doit présider au combat commun.
 
Bien évidemment, nos ennemis tablent sur les forces centrifuges inhérentes à la vie publique, et à la vie tout court, pour espérer la désintégration du Front National.
 
Comme en 1998, ils espèrent que les rivalités personnelles, les aigreurs et les petites rancunes vont prendre de l’ampleur et de l’importance, pour finir par détruire le parti de l’identité française, le parti de l’avenir Français.
 
Si humains que nous soyons, nous ne sommes pas assez sots pour leur prêter la main dans cette manœuvre.
 
 
Nous savons que nous n’avons pas le droit de laisser nos sentiments personnels l’emporter sur les intérêts de la patrie.
 
Nous sommes des militants nationalistes, soucieux avant tout de l’avenir de leur peuple et de leur terre.
 
Nous ne devons pas dévier de cette ligne directrice et concentrer tous nos efforts pour convaincre le plus grand nombre de la justesse de nos analyses, de la pertinence de notre idéal politique.
 
Cet objectif étant fixé, nous devons au plus vite engager notre réflexion sur les élections qui s’approchent.
 
Quoi qu’il en soit, un premier principe s’impose à l’évidence : il faut faire une campagne nationalisée. Les super-régions nous sont imposées par Bruxelles pour des raisons idéologiques anti-nationales, nous ne sommes pas tenus de nous plier au découpage arbitraire que l’on tente de nous imposer.
 
Il faut également mettre en œuvre une campagne percutante en affirmant et en répétant inlassablement les points fondamentaux de notre programme :
 
« Immigration-zéro, Tolérance-zéro, Préférence nationale totale »
 
Avec cette thématique simple, le Front National apparaîtra comme ce qu’il est : le fer de lance de la résistance nationale.
 
Dans son dernier ouvrage, Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires Etrangères de François Mitterrand écrivait à juste titre : "Il est temps de rompre avec ce courant de pensée - décliniste et post-national - qui postule depuis des années le déclin inexorable et même souhaitable des Etats".
 
Oui, il est temps de rompre avec le parti de la trahison et de l’abandon.
 
Oui, il est temps de rendre à la France son indépendance bafouée, sa souveraineté confisquée, son identité menacée.
 
Notre pays n'est pas militairement occupé ; mais il est mentalement asservi, moralement épuisé et par-dessus tout trahi par ses élites et par ses chefs.
 
Toute l’histoire montre que la volonté des hommes est le moteur des grands changements historiques.
 
Alors sortons de notre réserve,
 
Portons haut l’étendard de nos valeurs!
 
Portons haut les couleurs de la France éternelle !
 
Portons haut la flamme du Front National, pour qu’à nouveau la passion française dévore d’un feu ardent l’âme de notre jeunesse !
 
Brandissons fièrement l’étendard de la renaissance !
 
Vive la Vie !
Vive le Front National !
Vive la France !