affiche_fn_80Les 4 Vérités

Article de Pierre Lance publié le 21 janvier 2009

On ne parle plus guère de l’immigration.
Elle a rarement fait la une des médias, mais, depuis des mois, elle est, comme sujet, complètement éclipsée par la crise économique et financière. Cependant on constate ici et là une intensification de l’islamisme, tandis qu’une grande mosquée avec minaret vient d’être inaugurée à Créteil.

L’immigration exotique de masse a été déclenchée par le regroupement familial (décret d’avril 1976, Giscard étant président et Chirac Premier ministre), puis aggravée par l’arrivée en 1981 de la gauche au pouvoir. Mitterrand n’a-t-il pas dit : « Chez nous, vous êtes chez vous. » ?

De cette époque date l’émergence de deux mouvements opposés l’un à l’autre : d’une part le Front National, d’autre part SOS Racisme, dont l’action s’est ajoutée à celle de la Ligue des Droits de l’Homme, du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) et de la LICRA (Ligue Contre le Racisme et l’Antisémitisme).

Il aurait été normal que la droite, revenue au pouvoir, prît des mesures propres à limiter drastiquement l’immigration, mais elle était dirigée par un aboulique à tendances humanitaires en la personne de Chirac.

Les Français navrés de voir leur pays se transformer en une Babel ne pouvaient donc compter que sur le Front national. Celui-ci avait conquis environ 15 % du corps électoral, essentiellement des catholiques traditionalistes et des ouvriers en contact avec les immigrés dans les banlieues pauvres des grandes villes.

Malheureusement, le message du Front avait été brouillé dès l’origine par un grand attachement au gouvernement de Vichy et à l’Algérie française, ainsi que par un anti-gaullisme virulent et par un certain antisémitisme, positions politiques sans rapport avec la question du moment : l’immigration exotique. Nombre d’opposants à celle-ci ont donc refusé de voter pour le parti de J.-M. Le Pen, ce qui, en l’absence d’une alliance avec la droite modérée, lui enlevait toute chance d’agir en profondeur sur les événements.

Cependant, une grande excitation régnait de part et d’autre, exacerbée par quelques voies de fait. Durant une quinzaine d’années, la plupart des partisans de la droite nationale ont cru que le chiffre de 15 % allait être largement dépassé et que leurs idées allaient finalement triompher. Ils parlaient de la guerre civile comme d’un événement inévitable, qui crèverait l’abcès.

Le FN savait occuper ses troupes, notamment grâce au talent d’orateur exceptionnel de son président, que l’on avait la possibilité d’apprécier surtout en deux occasions : le 1er mai, défilé depuis la statue de Jeanne d’Arc place des Pyramides jusqu’à la place de l’Opéra, où des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes applaudissaient le tribun à nul autre pareil ; et, en septembre, sur la pelouse de Reuilly, la fête des BBR (des Bleu-Blanc-Rouge) qui ressemblait un peu à une fête foraine et dans les allées de laquelle on rencontrait des gars du populo en maillot de corps, les bras tatoués.

L’enthousiasme a atteint son sommet en 1995, quand le Front National s’est emparé de quatre municipalités importantes : Toulon, Orange, Vitrolles et Marignane. Tout était donc possible, y compris le sauvetage de la France.

Hélas, l’irritabilité du tribun valait son éloquence !
Lors de la scission Mégret, en 1998, on l’a vu à la télévision, merveilleux personnage de théâtre, qui tuait virtuellement Brutus, le traître. Le public a commencé à se décourager. Les uns ont suivi Mégret, qui a échoué faute de charisme ; les autres sont restés.

Ce qu’on a pris pour une victoire, l’élection présidentielle de 2002, était en réalité une défaite puisque, d’un tour à l’autre, l’électorat de Le Pen n’a progressé que de 17 à 18 %, autant dire rien. Depuis, de dispute en excommunication, les derniers cadres du parti se sont évaporés. Un récent sondage donne le FN à 7 %, un an après que Sarkozy a raflé la mise.

Que conclure ? Les Français sont fatigués. Dès qu’ils ne sont plus aiguillonnés, ils retombent dans l’indifférence. Une trentaine d’années se sont écoulées. Ils se sont habitués au métissage…