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Article de  Maria Appakova publié le 21 janvier 2009

L'un des principaux résultats de la guerre de Gaza consiste dans le fait que la question s'est posée de savoir quelle voie doit désormais emprunter le monde arabe. Choisira-t-il de rompre les relations avec Israël et de retourner ainsi dans le passé ou il préférera poursuivre la politique visant à régler le conflit de façon pacifique, conformément notamment à l'initiative de l'Arabie Saoudite approuvée par la Ligue arabe en 2002.

Les pays participants au sommet organisé le 16 janvier à Doha ont appelé à geler l'initiative saoudienne. Cependant, les principaux acteurs de la région (l'Egypte et l'Arabie Saoudite, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas) ont été absents de la réunion. En revanche, le leader du Hamas, Khaled Mechaal, y a pris part en tant que participant de plein droit, conduisant la délégation palestinienne. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, y était également présent.

D'ailleurs, au cours du sommet suivant (économique cette fois-ci, qui s'est ouvert à Koweït le 19 janvier mais qui s'est transformé en un sommet politique en raison des événements à Gaza), les leaders arabes ont déclaré à haute voix qu'il importait de surmonter les divergences existantes. Néanmoins, le deuxième jour du sommet, ses participants auraient du mal à se concerter sur le texte de la déclaration finale en raison de divergences quant à la nécessité d'y inclure ou non des dispositions des résolutions adoptées à Doha. C'est justement l'idée de geler les relations avec Israël et de révoquer l'initiative de paix arabe qui ont suscité une vive discussion, mais aussi la question de savoir qui serait le bénéficiaire de l'aide à la Gaza détruite, le Hamas ou Abbas.

Que pense-t-on en Israël ? Selon les sondages publiés un jour avant le cessez-le-feu, 53,1% des Israéliens jugeaient nécessaire de poursuivre et d'élargir les opérations menées dans la bande de Gaza jusqu'à la destruction totale du potentiel militaire du Hamas.

D'après le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, les Israéliens sont parvenus à atteindre les objectifs assignés à l'opération "Plomb durci": les leaders du Hamas s'embusquent, de nombreux terroristes ont été tués, des dizaines de tunnels utilisés pour la contrebande d'armes ont été détruits, ainsi que des dépôts d'armements, l'armée contrôle le territoire depuis lequel Israël avait été attaqué. En outre, Israël s'est entendu avec l'Egypte, plusieurs pays européens et les Etats-Unis sur une coopération en matière de lutte contre la contrebande d'armes à Gaza, en premier lieu celle effectuée depuis le territoire égyptien.

Ces ententes, ainsi que l'arrivée des leaders européens à Jérusalem un jour après la déclaration du cessez-le-feu par Ehud Olmert témoignent du fait qu'Israël n'est pas considéré comme un paria sur la scène internationale, en dépit de toutes les critiques qui lui ont été adressées après le début de la guerre de Gaza. Mais si les Israéliens avaient poursuivi l'opération militaire, la situation aurait pu être différente.

Cependant, selon les prévisions des services secrets, le Hamas reconstruira en quelques mois seulement le système de tunnels utilisé pour la contrebande d'armes dans la bande de Gaza. En outre, le Hamas est toujours à même de bombarder Israël, et si le problème de la contrebande n'est pas définitivement réglé, les islamistes rétabliront leur potentiel militaire d'ici trois ou quatre mois.

Beaucoup dépend également du comportement de l'Egypte et de la position des pays arabes. Inciteront-ils le Hamas à mener une guerre ou à conclure la paix? Permettront-ils à l'Iran de mener son jeu dans la région? En attendant, l'opération "Plomb durci" s'est achevée mais la guerre continue.