ScoolLe Figaro

édition du 29 janvier 2009

Le lycéen qui avait poignardé en plein cours son enseignante, Karen Montet-Toutain, en 2005 à Etampes, en Essonne, a vu vendredi sa peine réduite de 13 ans à 10 ans de réclusion criminelle, la cour d'assises d'appel de Paris considérant qu'il n'avait pas prémédité son acte.

Plus tôt dans la journée, l'avocat général avait requis quinze ans de réclusion contre Kévani Wansale, estimant, lui, que le jeune homme de 20 ans avait bien l'intention de s'en prendre à sa professeure.

En première instance, Kévani Wansale avait été condamné le 1er mars 2008 à 13 années de réclusion après avoir été reconnu coupable d'avoir frappé de plusieurs coups de couteau le 16 décembre 2005 sa professeure d'arts plastiques au lycée professionnel Louis-Blériot. L'enseignante avait été grièvement blessée à l'abdomen et au bras. Les jurés de la cour d'assises d'Evry avaient jugé que Kévani Wansale avait prémédité son geste.

L'accusé décrit comme gentil

Tout au long de son procès en appel, le jeune homme a été décrit comme quelqu'un de gentil par son entourage. Mais pour l'avocat général, François-Louis Koste, il ne s'agit pas de savoir si «un tel crime peut correspondre à un bon garçon». «Tous les assassins ne sont pas toujours de froids calculateurs» ou de «simples tueurs à gages», a-t-il insisté.

Une semaine avant les faits, Kévani Wansale avait été exclu de son lycée. La veille du drame, lors d'un entretien avec la mère du lycéen, Karen Montet-Toutain lui avait indiqué qu'un conseil de discipline était envisagé et qu'il pouvait être exclu définitivement. De retour de ce rendez-vous, la mère l'avait réprimandé pour son comportement de «voyou» en classe.

Le 16 décembre au matin, l'enseignante aurait demandé à l'élève de retirer le blouson qu'il conservait en classe. Après avoir refusé, l'élève se serait levé avant de s'approcher d'elle et de la poignarder.

Au cours de l'enquête, Kévani Wansale a reconnu être l'auteur des faits, mais a affirmé qu'il n'avait aucune intention de tuer l'enseignante. Il avait expliqué qu'il était venu au lycée avec un couteau afin de se suicider, avant de se raviser.

Alors que Karen Montet-Toutain avait auparavant alerté sa hiérarchie sur des problèmes en classe, un rapport de l'Inspection générale a estimé en janvier 2006 que l'Education nationale n'avait pas commis de «faute caractérisée» ayant pu entraîner l'agression de l'enseignante.