PAFLe journal du Chaos

édition du 24 janvier 2009

Sarkozy est inquiet, paraît-il.
Pour quelle raison notre zébulon national se fait-il du mouron ? Parce qu’en fait, il ne sait rien sur la réalité économique française et encore moins sur son climat social. Dès qu’il sort de sa boîte, il est vrai, les flics font le vide d’ouvriers et de syndicalistes tentés de venir manifester leur mécontentement. Du coup, Sako visite des usines vides, des villes vides où il serre la louche de quelques pékins triés sur le volet. On se croirait en Corée du Nord.

Le problème est que personne n’est en mesure de dire quel est l’état d’esprit des Français, mais il y a des signes qui ne trompent pas. En France comme en Europe d’ailleurs.

Cette semaine, un individu a foutu le souk à la gare Saint-Lazare, obligeant la SNCF à interrompre tout le trafic. Cet événement faisant suite aux incidents de la fermeture complète de la gare quelques jours plus tôt, des passagers exaspérés sont descendus  sur les voies entre Pont-Cardinet et Saint-Lazare, résolus à ne pas attendre encore des heures dans des wagons bourrés jusqu’à la gueule. Ils en ont profité au passage pour s’en prendre aux agents de la SNCF qui depuis des mois leur cassent les bonbons avec leurs grèves à répétition.  Un joyeux bordel généralisé peut commencer comme ça.

En Espagne, qui comme l’Angleterre s’est prise la crise de plein fouet, les Espagnols récupèrent tous les emplois disponibles laissant sur le carreau tous les immigrés qui faisaient des petits boulots pénibles comme le ramassage des oranges ou la cueillette de ne je sais trop quoi.

Que va-t-il se passer avec ces masses d’immigrés inertes et sans ressources ? Ce qui vaut pour l’Espagne va valoir bientôt pour l’Europe entière.

Ce qui n’empêche nullement le gouvernement de nous casser les burnes avec les « zissus de la diversité » dont personne ne veut dans les entreprises, sauf évidemment pour faire les sales boulots, il faut bien le reconnaître. Un quotidien citait le témoignage d’un membre du PAF (police de l’air et des frontières) qui en avait ras-le-bol de voir défiler des Turcs, Marocains et autres Tunisiens par paquet de 100 et avec des visas de six mois pour aller bosser comme cuistots dans les hôtels de montagne des groupes Accor et Club Med. Ce ne sont certainement pas les Turcs et autres qu’il faut pénaliser mais bien les entreprises qui devraient engager d’abord des Français. Mais, l’irresponsabilité patronale ne date pas d’aujourd’hui et il n’y a rien à attendre de la mère Parisot.

Reste qu’à l’image de l’Espagne, quand le travail va devenir réellement rare, le social deviendra de plus en plus limité et les risques d’affrontements plus que réels. Et là, Sarko ne pourra que compter les points.

Histoire d’être, je suppose, politiquement en phase avec l’époque, un hebdo de gauche nous a déniché une quarantaine de diplômés tous « zissus » de l’immigration.
Ce qui n’est guère révélateur. D’une part, parce que personne n’a dit que les immigrés étaient des imbéciles mais au regard des formations professionnelles mises à leur disposition, on constate qu’ils sont peu nombreux à en faire usage et à valoriser ainsi leur situation. A l’exception des Asiatiques qui ont compris depuis longtemps, il faut bien avouer que sur une population de plus de dix millions d’immigrés clandestins ou non, seule une petite minorité émerge du lot. On ne peut que le regretter. Sarko qui prône avec raison une immigration du travail et non de la misère se voit contredit par les faits eux-mêmes.

Une chose est certaine, les Européens, dans leur grande majorité, sont plutôt exaspérés par leurs classes politiques de tous bords à qui ils reprochent de ne pas défendre leurs intérêts et d’avoir laissé l’Europe envahie par des populations qui n’ont rien  foutre ici – sauf pour le patronat qui y trouve son compte mais sciant par là même la branche sur laquelle il est assis.
Aussi, que des escrocs financiers américains aient fait péter le système est une bonne chose. Car la crise va, peut-être, permettre de remettre les pendules à l’heure sur le plan politique pour que disparaissent des zozos à la Julien Dray qui confondent défense du travailleur et collectionner des montres de luxe dont le premier prix correspond à six ans de salaire d’un prol ! Et calmer cette démocratie où l’on fait passer un peu trop souvent les intérêts particuliers avant l’intérêt général. Que vienne la révolution ! Ollé !