Militaires_Fran_ais_DjiboutiLe Point

Article de Jean Guisnel publié le 28 janvier 2009


Le désengagement partiel de la France de trois opérations extérieures (OPEX) actuellement en cours, annoncé cet après-midi à l'Assemblée nationale par le Premier ministre François Fillon, à l'occasion d'un débat sur les missions des forces françaises à l'extérieur du territoire, ne constitue pas une surprise. Cette annonce est intervenue au cours d'un débat à l'Assemblée nationale consacré aux opérations extérieures.
 
  En Côte d'Ivoire, où des troupes françaises avaient été déployées à partir de 2002 (voir le   dossier du ministère des Affaires étrangères   ) en sus de celles qui y étaient déployées en permanence, les effectifs français se montent   actuellement à 2.000 hommes . Ils devraient être progressivement ramenés à 900, par une réduction de la force Licorne de 700 hommes, et par un retrait des 200 soldats français participant à l'ONUCI déployée par les Nations unies. Pour François Fillon, la stabilisation pourtant fragile dans ce pays permet de prendre cette mesure : "En Côte d'Ivoire, les enjeux sécuritaires ont perdu de leur intensité et l'attente d'échéances électorales toujours incertaines ne justifie plus le maintien de notre dispositif militaire en l'état."
 
  13.000 militaires déployés en opérations extérieures  
 
Le Premier ministre a, de plus, annoncé qu'"au moins" 1.000 des 1.650 soldats de la force de l'Union européenne, Eufor Tchad/RCA, chargée de protéger les réfugiés du Darfour et les "déplacés" au Tchad, quitteront ce pays : "Nous avons lancé l'Eufor comme une opération transitoire, en prévision de sa relève par une force des Nations unies : cette promesse sera tenue, puisque le 15 mars prochain, la Minucart 2 remplacera la mission européenne." Nous pouvons ajouter que les missions jusqu'alors assurées par les éléments français de l'Eufor seraient dans l'avenir partiellement assurées par la force Epervier, présente au Tchad depuis plus de 20 ans.
 
Quant au Liban, où les marins français déployaient deux navires venant renforcer la composante terrestre de la FINUL, François Fillon considère également que les choses s'arrangent, en estimant que le "rôle stabilisateur" de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) "ne se dément pas et il mérite le maintien des soldats français au sein de la FINUL renforcée. S'agissant de la FINUL maritime, dont nous assurons le commandement, son dispositif très dense ne se justifie plus vraiment", annonçant que "les deux bâtiments de la Marine nationale qui y participent seront bientôt dirigés vers d'autres missions."
 
  La France déploie actuellement 13.000 militaires dans de   nombreuses opérations extérieures   .