IstoeMarianne 2

Article de Bénédicte Charles publié le 30 janvier 2009


En plein incident diplomatique entre le Brésil, qui a accordé l’asile politique à Cesare Battisti et refuse de l’extrader, et l’Italie qui veut sa peau à tout prix, l’ex-terroriste d’extrême-gauche préféré des intellectuels français a décidé de balancer !
Dans une interview au magazine brésilien Istoe, l’ancien responsable du mouvement des « Prolétaires armés pour le communisme », condamné à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres commis en Italie à la fin des années 70, raconte comment il a fui en 2004 la France pour le Brésil. Et dénonce les services secrets français qui l’y ont, selon lui, aidé. Saluons l’élégance du procédé ! « C'est un membre des services secrets français qui a émis l'idée de ma fuite au Brésil », explique-t-il. Dans le bureau de ses avocats, il lui aurait « parlé du Brésil, rappelant qu'il y avait de nombreux réfugiés italiens au Brésil. […] Une semaine plus tard, il a envoyé une autre personne m'apporter un passeport avec ma photo et mes données personnelles ».

Battisti dénonce ceux qui l'ont aidé mais, galant, innocente Carla Bruni

Selon Cesare Battisti, qui s’était réfugié en France en 1990 avec la promesse qu’il ne serait pas extradé vers l’Italie s’il renonçait à toute activité terroriste, promesse rompue par le gouvernement Raffarin en 2004, « il y avait un grand mouvement populaire, intellectuel en ma faveur. Il y avait aussi des fonctionnaires, dont je ne peux citer les noms, qui se sont impliqués envers nous, les réfugiés italiens. Ils avaient du mal à accepter que la France revienne sur la parole donnée ». Parmi eux, donc, des membres des services secrets.

Qui auraient agi sur ordre de qui ? Du ministre de l’Intérieur de l’époque, c’est-à-dire Dominique de Villepin ? Du ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie ? Ou de leur propre chef ? Cela, Battisti ne le dit pas, préférant laisser planer le doute.

En revanche, il « innocente » Carla Bruni Sarkozy, dont la rumeur dit qu’elle est intervenue personnellement pour que le Brésil lui octroie en janvier le statut de réfugié politique. « Je pense que c'est un mensonge, tranche-t-il. Carla Bruni n'avait aucune raison d'intervenir en ma faveur ».

Bref, Battisti a la dénonciation sélective.  Qu’en pensent les innombrables intellectuels qui l’ont soutenu, expliquant que la France se déshonorait en « revenant sur la parole donnée » ?