greveSNCFLe journal du Chaos

Article de Patrick Parment publié le 31 janvier 2009

Je n’ai rien contre les syndicats sur le principe, sauf qu’au fil des ans, la légitimité syndicale ne tient plus qu’au fait de la reconnaissance par le gouvernement lui-même.
Et ce depuis des décennies. Parlons-en de la grève de jeudi dernier. Ne sont descendus dans la rue que des fonctionnaires qui ont la sécurité de l’emploi. Quand le taux de syndication dans les transports publics est très élevé et que l’on trouve là, comme par hasard, le plus grand nombre de cinglés pour défendre des intérêts purement catégoriaux, on se pose la question de savoir pourquoi le gouvernement ne fait pas un peu de ménage dans son personnel. Comme si, être à la SNCF, à la RATP ou ailleurs, était une rente de situation et un laisser passer pour emmerder tous les vrais prolétaires qui partent au chagrin chaque matin.

Donc, cette grève de jeudi dernier n’est représentative de rien du tout et d’ailleurs je n’ai toujours pas compris ce qu’il fallait comprendre. Evidemment, Sarko a rebondi illico sur le sujet et on va avoir droit à un « message à la nation » dont on n’a rien à foutre et qui n’est, une fois de plus, qu’une séance de pub pour gogos en mal d’UMP. Bertrand va sortir la brosse à ripoliner, en en voiture Simone.

Je constate qu’il n’y a plus aucune opposition dans ce pays – hormis bien sûr les Français et les Gaulois avec qui je cause toute la journée et qui ne sont pas dupes.

Normal, tous les « révolutionnaires » estampillés par la Kommandantur, les Besancenot de poubelle, les Laguiller de mes deux, Ch’titine Aubry, Buffet et autres guignols sont tous des fonctionnaires. A-t-on jamais vu un fonctionnaire faire la révolution ? C’est comme si l’on me disait que l’armée française était capable d’organiser un coup d’Etat. Tous ces mecs et toutes ces nanas, de gauche et d’ailleurs, ne pensent qu’à une seule chose : leurs points de retraite.

Et pourtant, il en rajoute le Sarko. Il vient de déplacer un préfet et un chef de la police au motif de lui avoir pourri un déplacement à Saint Lô où l’attendaient 2000 braillards de profs qui avaient décidé de transformer sa promenade et son grand message à l’Education nationale en foire du trône. Il est extraordinaire, en démocratie, qu’un chef de l’Etat ne veuille pas entendre 2 000 clampins lui gueuler dessus. C’est le jeu, non ?

Mais ce n’est pas la première fois qu’il nous fait le coup. Souvenez de la Corse et de la baraque de son pote Clavier. Là aussi, on a atteint des sommets dans le ridicule.

A « Question pour un champion », la question pourrait être la suivante : dans quelle régime sommes-nous ? C’est marrant qu’un Michel Denisot de service sur Canal+ de conneries, espèce de Drucker en négatif, n’ait jamais posé la question à tous les intellectuels des cavernes qu’il ne cesse d’inviter dans son émission. Bon, d’accord, ça fait des lustres que lui aussi il l’a vidé le tube de vaseline. Mais, jamais un esprit éclairé, résistant de la première heure comme Pierre Arditi par exemple, n’a posé la question. Y-a-t-il un prof de fac, constitutionnaliste comme Guy Carcassonne par exemple, labellisé à gauche, pour nous éclairer. Ah, j’oubliais, il vient d’avoir un casse-croûte avec Ballamou sur la réforme de chez plus quoi.

Moi, un chauffeur de taxi m’a répondu : «  Monsieur, nous sommes en dictature. Même les Belges sont plus libres que nous
». Ainsi soit-il.