KarmitzOn a zappé une nomination de Nicolas Sarkozy... il y a de cela une dizaine de jours le président de la République s'est tout à coup rappelé que jusqu'à présent il avait omis de se pencher personnellement, lui-même, tout seul, sur un sujet pourtant majeur : celui de la culture.

Non, pas de l'agriculture, car, franchement ce n'est pas un sujet qui porte malgré son importance, mais la culture et tout ce qui tourne autour.

On sait fort bien que la culture a longtemps été annexée par la gauche et plus particulièrement lors des deux septennats de François Mitterrand qui avait placé pour s'en occuper, le très présent Jack Lang ( très présent au point que malgré que vingt  huit années se soient écoulées depuis sa nomination en 1981 il se croît toujours ministre de cette culture si choyée sous la gauche ). Depuis lors, Jacques Chirac avait légèrement levé le pied, sauf en ce qui concerne les arts primitifs qu'il admire personnellement. Et Nicolas Sarkozy ?

Le président de la République en nommant au poste de ministre de la culture Christine Albanel avait causé bien des émois dans le microcosme culturel qui, il faut bien le reconnaître, domine à Paris. Car la culture, comme je l'écris plus haut, ce n'est pas l'agriculture : un paysan d'un village paumé de la campagne jurassienne ne peut pas comprendre la beauté des colonnes de Buren ( il n' y a pas que lui ! ). Mais trêve de pensée, revenons à la nomination zappée.

Marin Karmitz, producteur et exploitant de cinéma, a été nommé le 13 janvier 2009 délégué général du Conseil pour la création artistique, un machin censé avoir un regard et jeter une impulsion sur la création et qui sera présidé par Sarkozy lui-même ! Lui qui a la réputation de bailler au théâtre et de s'emmerder durant les séances de cinéma va s'occuper de ce créneau ! C'est madame Albanel qui doit être heureuse, la voici entourée par deux hommes et dont l'un, pas des moindre, va dicter les textes...

Le plus drôle c'est que Marin Karmitz qui avait été président d'une Commission " Culture, compétitivité et cohésion sociale " sous Mitterrand est un ancien militant maoïste, communiste et qui fut très proche des socialistes au point que certains le voyaient bien en lieu et place de Jack Lang. En 1995 sûrement déçut de ne rien voir venir, il avait largué les amarres de la politique pour réapparaitre cette année auprès de maître Sarko ! Le président de la République qui avait annoncé lors de la campagne électorale de 2007 vouloir mettre un terme à mai 1968 s'est soit mal renseigné soit assis sur ses convictions.

" Je revendique plus que jamais Mai 68, et j’ai d’ailleurs construit mon entreprise comme un militant " parole de Marin Karmitz.

Choisis ton camps camarade !

Yann Redekker