m_lenchon_1Le Figaro

édition du 1er février 2009

«Camarades, nous vous tendons la main sans conditions, sans préalable, ne la rejetez pas !» Jean-Luc Mélenchon ne s'en cache pas : il a besoin d'Olivier Besancenot et de son NPA pour réussir son pari des européennes : constituer un «front de gauche» susceptible de devancer le PS.

Un objectif qu'il n'a cessé de rappeler ce weekend lors du congrès fondateur de son parti, le PG (parti de gauche). Devant 600 délégués (sur 4.000 militants revendiqués) réunis à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) depuis vendredi, Mélenchon a évoqué le «devoir d'union et de solidarité» de la gauche face à Sarkozy.

Le sénateur de l'Essonne a fait réaliser par l'Ifop un sondage qui lui sert de base argumentaire. Il montre qu'un front uni rassemblant son parti, le PC, LO et le NPA ferait 14,5% des voix aux européennes. Ce qui lui donne une ambition : battre le PS

Pour le moment, seul le PC a accepté l'idée d'un «front» pour les européennes. Olivier Besancenot est plutôt dans la stratégie inverse : en transormant la LCR en NPA (nouveau parti anticapitaliste), il passe de la logique du groupuscule à celle du parti de masse. Un succès aux européennes confirmerait la légitimité de son approche.

Le PS «n'est pas notre ennemi»

Le jeune leader a donc répété sa position : pas question d'un simple «bon coup électoral», s'il faut s'unir, ce sera sur «un front durable». Avec une condition : l'indépendance totale vis-à-vis du PS dont viennent Jean-Luc Mélenchon et nombre de ses fidèles.

«Indépendants du PS, nous le sommes, une partie d'entre nous vient de le quitter!», a rétorqué le sénateur de l'Essonne, pour qui le PG est «différent et concurrent du PS». Mais ce dernier «n'est pas notre ennemi, c'est la droite notre adversaire», estime-t-il.

«Nous ne vous proposons pas de fusionner, de faire le même parti», plaide encore Jean-Luc Mélenchon, prêt à une discussion sans «aucun préalable» avec le parti trotskiste. «Nous sommes prêts à céder le pas chaque fois qu'il le faut. Nous ne réclamons rien pour nous-mêmes».

Son principal lieutenant, Marc Dolez, a assuré que le PG devait devenir un «parti du combat social mais aussi le parti de l'unité» pour «résister à la droite et au patronat», «infliger à Sarkozy une défaite cinglante» et «imposer le respect de la souveraineté populaire» sur le traité européen. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il dit croire à la «révolution par les urnes» sur le modèle du Venezuela de Chavez.