LKPYves Jego le ministre en charge de l'Outre-mer est arrivé aujourd'hui dans les Antilles. Pointe-à-Pitre ressemble à une ville morte, les stations-services sont à sec, les services publiques ont tirés les rideaux, la quasi-totalité des magasins sont restés fermés en cette fin de semaine et la seule véritable activité à être visible fut une éniemme manifestation organisée par  le collectif syndical et associatif "Lyannaj Kont Pwofitasyon" (Collectif contre l'exploitation outrancière, LKP) dirigé par l'indépendantiste Elie Domota. Ce calme apparent arrive au lendemain d'une manifestation monstre qui a réunie dans la ville près de 30 000 habitants de l'île.

A la vue d'un tel mécontentement on peut se demander si la Guadeloupe n'est pas un  " essai " de ce que sera la France dans quelques semaines ? Les  dirigeants syndicalistes métropolitains , les cégétistes en tête, doivent se creuser les neurones afin de mobiliser autant ici. Va pour une journée, mais pour huit jours et plus ? C'est à la lumière des manifestations de jeudi et, sans aucun doute, le regard posé sur la Guadeloupe, que les syndicats vont " causer " demain de la suite des évènements, du moins, en ce qui concerne l'hexagone " intra muros ".

Mais à l'opposé de ce qui se passe en France métropolitaine, la Guadeloupe mais aussi l'ensemble des départements et territoires français d'outre-mer est particulièrement touchée par l'augmentation des prix. Alors le collectif exige des augmentations de salaire en arguant du fait que le gouvernement peut fort bien verser une prime de 200 euros pour les guadeloupéens car il a versé des milliards aux banques. Oui ! mais il n'y a pas que les habitants des Antilles qui trouvent cela injuste !

Derrière tout cela se cache un autre enjeu, celui de la " chasse aux blancs " qui a lieu depuis déjà de nombreuses années dans ces îles où, il y a longtemps, les colons européens ont " exportés " les esclaves africains. Aujourd'hui les descendants de ces derniers se revendiquent comme étant les seuls et uniques possesseurs de ces terres et Elie Domota ne cache pas sa ferveur  " Si ça marche, c'est peut-être grâce à notre slogan." "La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup a pa ta yo, yo péké fè sa yo vlé an péyi an nou" (La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur appartient pas, ils ne feront pas ce qu'ils veulent dans notre pays") " ( JDD du 1er février 2009 ).

Mais peuvent-ils se définir comme étant les propriétaires de la Guadeloupe parce qu'il y a quelques siècles leurs ancêtres y furent débarqués ? Derrière cette revendication se dresse nettement le racisme anti-blanc. Mais on sait bien que ce racisme là n'a pas les mêmes valeurs que son frère ennemi...

Alors, en Guadeloupe conflit social ou conflit ethnique ?

Yann Redekker