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Communiqué du Bloc Identitaire du 7 février 2009

En annonçant jeudi soir, la suppression de la taxe professionnelle, le président de la République a prouvé une fois encore le caractère imprévisible de ses déclarations qui relèvent davantage de l’annonce médiatique que de la décision d’un chef d’Etat.

Imprévisible car il a pris de court ses ministres du budget, de l’économie et des finances. Imprévisible car il a annoncé cette suppression pour 2010. Or, en temps budgétaire, 2010 ce n’est pas demain, ni tout à l’heure, mais dans un instant.

Nicolas Sarkozy a également montré une fois encore sa totale méconnaissance des dossiers en affirmant que cette suppression couterait à l’Etat 8 milliards d’euros. Or, le montant est, selon les estimations, de 3 à 4 fois supérieur.

La raison qui a incité Nicolas Sarkozy à annoncer cette disparition est, de ses propres dires, simple : il veut « garder des usines en France ».

Là encore, le président de la république établit son ignorance des réalités des délocalisations : les usines partent non à cause de la taxe professionnelle mais du coût du travail en France. En supprimant la taxe professionnelle, on soulage sans doute de petites entreprises, dont par nature l’activité interdit toute délocalisation, mais on ne stoppe pas une délocalisation d’usine qui obéit à des stratégies mondiales au sein d’un marché mondial.

Cette suppression de la taxe professionnelle ne sauvera donc aucune usine française. Elle pose cependant de nombreux et complexes problèmes. Le revenu de cette taxe constitue une ressource essentielle, quand ce n’est pas quasiment la seule dans le cas des intercommunalités, des collectivités locales et territoriales. Sarkozy promet que l’Etat suppléera à cette disparition. Comment ? Par d’autres taxes. Lesquelles ? Sarkozy est resté discret sur ce point, agitant le hochet d’une taxe écolo « carbone » dont le revenu serait de toute manière marginale.

Doit-on comprendre que Nicolas Sarkozy accepte de creuser le déficit de l’Etat en créant de nouvelles dotations aux collectivités ? Doit-on aussi penser que ce même Etat qui, depuis plus de dix ans, pousse les communes à se rassembler en intercommunalités, à créer des taxes professionnelles unifiées, revient en arrière et dit à ces groupements de communes : je vous supprime votre seul moyen de subsistance, la taxe professionnelle, pour le remplacer par une dotation étatique et quelques nouvelles taxes éparses ?

Au-delà de l’aspect technique, c’est bien l’incroyable légèreté du chef de l’Etat et de son gouvernement qui apparaît au grand jour. Sarkozy est non seulement incapable de réformer la France mais il ne comprend rien au fonctionnement de l’outil qu’il entend réformer. Pire : il ne s’y intéresse pas, imaginant que son ego vibrillonant suffira à tout faire plier devant lui, le chômage, la crise, Angela Merkel, France Télévision, Patrick Devedjian ou l’Iran…

48 heures après cette annonce, les ministres de Sarkozy ont commencé, prudemment, à revenir sur l’annonce de leur chef. Il ne s’agirait plus d’une totale suppression, mais d’une suppression partielle, celle qui porterait sur les biens de production. En attendant un recul supplémentaire ?

En attendant, une baisse de la TVA n’est toujours pas à l’ordre du jour. Vous savez, la TVA, cet impôt que paient tous les Français, à chaque fois qu’ils achètent leur pain, leur lait, leur viande, leur énergie, leurs biens d’équipement…