FemmesPrésent

Article de Jeanne Smits publié le 7 mars 2009

Nous ne fêterons pas, dimanche, le deuxième de ce carême 2009, la Journée internationale des femmes. Enfin, pas moi. Un joli bouquet de roses ? Un coup de main à la cuisine ? Ce ne sera pas de refus, bien sûr. Mais pour ce qui est de la discrimination positive destinée à assurer que je sois traitée à l’égale d’un homme sur le marché du travail, et bien plus encore, que j’y passe autant de temps que lui, non merci.

Rapports et discours affolés se multiplient ces jours-ci pour déplorer le manque de présence des femmes dans les conseils d’administration des grosses entreprises, dans les gouvernements et les assemblées représentatives, dans les professions dominées par les hommes et dans les partis politiques. Toutes ces institutions (dominées par des hommes, on vous le redit), envisagent donc d’employer la manière forte.

Marie-Jo Zimmerman, député UMP, va déposer une proposition de loi exigeant que le nombre de représentants de chacun des deux sexes ne puisse être « inférieure à 40% » dans les conseils d’administration des entreprises. Si le groupe concerné est relativement marginal, l’idée, elle, est claire : il s’agit d’obtenir que de plus en plus de femmes soient au travail, et à plein temps, s’il vous plaît, car c’est seulement à ce prix qu’elles feront carrière. C’est d’ailleurs l’un des objectifs numéro un de l’Union européenne, inquiète de voir le nombre d’actifs diminuer face à la vague montante de retraités qu’il va falloir entretenir. Quitte à ce que les femmes aient de moins en moins de temps pour s’occuper de « l’après » : les enfants qu’il faut pour nous remplacer, nous.

L’égalité de rémunération est elle aussi au centre des projecteurs. Elle est d’ordres divers. La moindre rémunération, en moyenne, des femmes en France (- 18,9% dans le secteur privé et semi-public) est très liée au fait qu’elles sont plus nombreuses que les hommes à travailler à temps partiel et dans des professions essentiellement féminines, qui offrent des salaires moins élevés. L’écart de salaire à travail égal est moins important ; on devine quand même l’une des causes lorsque les partisans de l’égalité suggèrent que l’on doive transformer le « modèle de performance » dans l’entreprise en minimisant le critère « temps de présence ». De vous à mois, le plus insupportable aux idéologues du féminisme ou de l’indifférentiation est bien que des femmes puissent choisir de travailler moins pour gagner moins, certes, mais surtout parce qu’elles préfèrent assurer des tâches plus nobles en s’occupant de leurs familles. Un travail pour l’éternité, pour le coup…

Parmi les cadres, les carrières sont bloquées, explique-t-on, par les grossesses. Et par la difficulté de s’expatrier pour avoir, sur son CV, au moins un poste de responsabilité à l’étranger : un dossier de La Tribune, lundi, expliquait comment il fallait sortir de cette ornière en emportant son compagnon et ses éventuels enfants dans ses valises.

Le Conseil économique, social et environnemental ne voit pas d’autre solution que de résister à ces « résistances » et propose des bonus financiers pour les partis politiques vertueux, de nouveaux quotas plus contraignants, etc. « Seule la contrainte ouvre le chemin vers la parité », déclare Pierrette Crosemarie, « rapporteure » au nom de la délégation aux droits des femmes françaises.

Je pourrais vous parler encore du Conseil de l’Europe et de la Commission de Bruxelles qui y vont chacun de son rapport et de ses recommandations. Mais nous sommes à l’ère Obama, n’est-ce pas ? Il a laissé Hillary Clinton, « sa » Secrétaire d’Etat, s’exprimer dans Le Figaro à ce sujet vendredi matin. Elle se veut le « défenseur audible » de la condition féminine, estimant que « promouvoir les femmes est un investissement à haut rendement » : cela « engendre des économies plus fortes, des sociétés civiles plus vivantes, des communautés plus saines et davantage de paix et de stabilité ». En les séparant de force de leurs jeunes enfants, en privant les foyers de leurs centres et de leurs soleils ?

Regardons autour de nous : c’est réussi…