OmaghJDD

édition du 8 mars 2009


L'IRA-véritable, une branche dissidente de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), a revendiqué dimanche l'attaque d'un commando armé contre une caserne britannique en Irlande du Nord, qui a tué deux soldats. Le gouvernement britannique et le parti nationaliste nord-irlandais Sinn Fe
in ont assuré que cet attentat ne nuirait pas au processus de paix dans la province.

Cette fusillade compte parmi les plus graves incidents survenus en Ulster ces dernières années, sans commune mesure cependant avec l'attentat d'Omagh, qui avait été fatal à 29 personnes quelques mois après la signature de l'accord de paix de 1998. Le dernier meurtre d'un soldat dans la province remontait à 1997. L'attaque contre la caserne britannique, qui a fait deux morts et quatre blessés graves parmi les soldats samedi soir, a été revendiquée dimanche par l'Ira-véritable - une branche dissidente de l'Armée républicaine irlandaise. Le Sinn Fein a jugé dimanche cette opération "inopportune et contre-productive" et estimé qu'elle avait pour objectif de provoquer une réaction violente des milieux loyalistes. "Leur intention est de faire revenir les soldats britanniques dans les rues. Ils veulent détruire le processus de ces derniers temps et replonger l'Irlande dans le conflit", a indiqué le président du parti républicain, Gerry Adams, dans un communiqué.

"Les responsables (de l'attentat) ne disposent d'aucun soutien, ils n'ont aucune stratégie pour parvenir à une Irlande unifiée. Notre responsabilité est de défendre le processus de paix et les progrès qui ont été accomplis pour l'obtention de droits nationaux et démocratiques", a-t-il ajouté. "Aucun assassinat ne parviendra à faire dérailler un processus de paix qui jouit du soutien de l'immense majorité du peuple d'Irlande du Nord. Nous allons intensifier nos efforts pour que ce processus dure et perdure", a déclaré de son côté le Premier ministre britannique Gordon Brown, en évoquant un acte "lâche et infâme".

"Un malaise et de l'incertitude"

Son homologue irlandais, Brian Cowen, a estimé quant à lui qu"un groupuscule de gens malfaisants ne pourra pas saper et ne sapera pas la volonté du peuple d'Irlande de vivre en paix". L'attentat intervient en pleine polémique sur un possible retour en Irlande du Nord des forces s péciales britanniques, et alors que la police provinciale a prévenu que la menace des groupes républicains dissidents était remontée à un niveau sans précédent ces dernières années.

Le chef de la police d'Irlande du Nord, Hugh Orde, a déclaré pour sa part qu'il avait déployé des "spécialistes" pour aider la police dans sa traque des groupes dissidents. Mais il a en revanche nié qu'ils appartenaient aux "forces spéciales". La fusillade s'est produite sur la base de Massereene, près de la ville d'Antrim, à 25 kilomètres au nord-ouest de Belfast. Les quatre blessés ont été hospitalisés dans un état grave. Deux d'entre eux appartiennent également à l'armée. Selon certains médias, les assaillants ont surgi à bord d'un véhicule et ouvert le feu à l'arme automatique alors que des personnels de la base prenaient livraison de pizzas.

Signé à Belfast en avril 1998, l'accord dit du Vendredi-Saint a mis un terme à trente ans de violences confessionnelles en Irlande du Nord entre les républicains catholiques de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) et les paramilitaires unionistes protestants. Mais des groupes dissidents se sont formés et la province reste le théâtre de violences sporadiques. En janvier, une bombe avait été désamorcée à Castlewellan, une ville située à 50 kilomètres au sud de la capitale nord-irlandaise. Pour Pete Shirlow, un universitaire de Belfast, il est peu probable que cet attentat n'entraîne à nouveau la province dans la violence. "Je ne pense pas que nous allons revenir à ce que nous avons connu, mais cela crée un malaise et de l'incertitude", a-t-il souligné.