Mami

Nouvel Observateur

édition du 13 mars 2009

Le tribunal correctionnel de Bobigny examinera le 2 juillet la tentative d'avortement forcé reprochée en 2005 au chanteur franco-algérien Cheb Mami sur son ex-compagne française, a-t-on appris vendredi 13 mars, de source judiciaire. Au total, quatre hommes, dont la star du raï en fuite en Algérie et son manageur, seront cités à comparaître devant la 14e chambre correctionnelle.

Cheb Mami (Mohamed Khelifati à l'état civil) "n'a pas encore pris sa décision" de revenir, ou non, en France pour y être jugé, indiquait-on vendredi dans son entourage, "il aimerait avoir la garantie de comparaître libre et qu'il n'ira pas en prison".

 Mandat d'arrêt international

Le chanteur de 42 ans encourt 10 ans de prison et 150.000 euros d'amende pour "violences" ayant entraîné une incapacité totale de travail de 30 jours avec trois circonstances aggravantes : réunion, préméditation et faits commis sur personne vulnérable. Il est également accusé de "complicité d'enlèvement et séquestration", "complicité d'administration de substance nuisible" et "menaces et intimidations pour ne pas porter plainte". Mis en examen en octobre 2006, le chanteur a été incarcéré trois mois à la prison de la Santé avant d'être libéré après versement d'une caution de 200.000 euros. Depuis mai 2007, le chanteur est sous le coup d'un mandat d'arrêt international. En janvier 2008, Interpol a demandé à l'Algérie de le livrer à la France.

Droguée et séquestrée

Cheb Mami affirme que l'idée du curetage était une idée de son manageur et nie avoir été présent dans la villa au moment des faits. La victime, une photographe de presse, avait été droguée et séquestrée dans une villa où deux femmes et un homme de main auraient, sans succès, cherché à retirer le foetus qu'elle portait. Une fois rentrée en France, la femme a constaté la viabilité du foetus et décidé de garder l'enfant, une fille, née en mars 2006.

Le manageur, Michel Lévy (Le Corre à l'état-civil), est accusé de complicité présumée dans l'enlèvement, les violences et l'administration de substance nuisible. Les deux autres personnes renvoyées devant le tribunal sont un proche de Cheb Mami qui aurait fait boire le jus drogué à la victime, et l'homme de main qui l'a acheminée à la villa et aidé à la tentative d'avortement.