FerrandNations Presse Info

édition du 15 mars 2009

Intervention d’ Edouard Ferrand, Docteur en science politique, ancien Chargé de recherches à la Fondation pour les Etudes de Défense - Hôtel national des Invalides.

Pour une Europe des nations

1ère partie : « Ils » ont échoué

A l’origine de la construction européenne les pères fondateurs, Robert Schumann, en France, Alcide de Gaspari en Italie et Konrad Adenauer en Allemagne, tous unis par les mêmes convictions démocrates-chrétiennes, ont un mot d’ordre qui orientera toute leur action : “Plus jamais la guerre”. La seconde finalité de cette Europe d’hier consistait à faire front commun face à la menace du bloc soviétique.

Mais en fait de paix, la construction européenne est porteuse de conflits. Il y a l’impossibilité de toute politique de sécurité et de défense commune européenne et même du danger qu’il peut y avoir à engager la France et l’Europe dans une telle voie. L’Europe démocratique fut une totale utopie voir un marché de dupes. Jean-Marie Le Pen est un des rares parlementaires à avoir voté contre le Traité de Rome en 1957. Sous couvert d’instituer la communauté européenne ce traité est un marché de dupes dont le principe directeur est la domination économique américaine. Jean Monnet n’explique t-il pas dans ses Mémoires que “la communauté européenne elle-même n’est qu’une étape vers les formes d’organisations mondiales de l’avenir ?”. L’exemple type est celui du Traité de Maastricht qui vise indéniablement la mise en place d’un Etat fédéral, c’est-à-dire un transfert de la souveraineté des Etats vers un Super-Etat européen, un fédéralisme maquillé mais bien réel. Cette pensée mondialiste n’a pas pris une ride et a été actualisée.

Le choc des civilisations de Samuel Huntington, publié en 1993, veut démontrer que l’Occident est aujourd’hui mené par les Etats-Unis contre les autres nations. Huntington nous dit qu’il faut désormais penser les conflits en termes non plus idéologiques mais culturels. La construction européenne est donc organisée pour assurer aux États-Unis une prépondérance économique, culturelle et stratégique. C’est donc l’américanisation et la perte par les Européens de leur héritage culturel.

- Démographie : De moins en moins de bébés européens. Si rien n’est fait, c’est la fin de l’Europe. Et d’ici 2025, l’ONU veut imposer aux Européens 159 millions d’immigrés supplémentaires. « A la fin du siècle, les Européens seront devenus minoritaires ». C’est donc la survie même de l’Europe qui est à l’ordre du jour.

- La Géorgie : Les Etats-Unis ont joué un rôle majeur dans la crise de l’Ossétie du Sud et dans le déclenchement de la riposte russe. Les Européens n’ont pu exiger la condamnation de la Géorgie.

- La Serbie : Fin mars 1999, l’OTAN lançait une attaque violente contre la Serbie. Le but essentiel implicite était de “libérer” le Kosovo de l’emprise serbe. Les buts réels étaient plus larges : aussi bien l’affirmation de la puissance américaine.

- Le Kosovo : Création d’un Etat musulman en Europe. Le drame de cette province historique serbe perdure dans cette zone des Balkans occidentaux, échappant totalement au droit international avec la complicité de l’OTAN.

- La réintégration du commandement intégré de l’OTAN : Après l’éclatement de l’URSS, superpuissance eurasiatique, toutes les administrations américaines successives s’étaient fondées sur la thèse que Zbigniew Brzezinski avait exposé dans son livre Le grand échiquier en 1997 : “Pour que les Etats-Unis puissent conserver leur primauté sur le monde, il faut qu’ils réussissent… à prévenir l’émergence d’une puissance eurasienne dominante qui viendrait s’opposer à eux”. Sous Bill Clinton et George W Bush, la géostratégie américaine pour l’Europe” s’était au fond réduite à des efforts visant la désintégration “préventive” du “grand espace” eurasiatique. A noter que ce retour va coûter 420 millions d’euros sur 5 ans notamment en personnels.

- L’entrée de la Turquie dans l’Europe programmée : Ce serait tout simplement la fin de l’Europe, notamment parce qu’il y a 75 millions de Turcs. Ce pays est aussi peuplé que l’Allemagne, d’une part, et ils ont des taux de natalité diamétralement opposés, d’autre part. D’ici un siècle et demi, il n’y aura pas soixante-quinze mais cent cinquante ou cent soixante-dix millions d’habitants en Turquie.

En conclusion, l’Europe de Bruxelles, c’est le viol de la nation, c’est le viol de l’Histoire. En effet, les européistes sont intimement convaincus que les nations n’ont pas d’avenir, que l’histoire va dans le sens d’une disparition des nations. C’est l’idéologie de la nation européenne.

2ème partie : L’irréductible permanence de la nation

L’Europe est un fait historique mais c’est aussi une réalité culturelle et non politique. Le seul principe d’unité possible est l’unité de civilisation. La diversité des souverainetés est toujours allée de pair avec l’unité de civilisation. C’est un enseignement à méditer, car les Européistes ont échoué. “La véritable Europe a besoin des patries comme un corps vivant de chair et de sang”, citation de François Mitterrand dans Le coup d’Etat permanent publié en 1964. Il y a donc nécessité à organiser le continent européen. Pour des raisons de bon sens, les relations de proximité, mais aussi parce que les Européens se sentent confusément menacés par les mêmes menaces comme la concurrence économique mondiale, l’immigration, la crise démographique, elle-même signe d’une grave crise de civilisation. Ce sont les mêmes menaces, qui risquent de détruire les fondements même de notre civilisation. Alors, pour préserver celle-ci il faut s’unir, oui, pour faciliter la résolution de ces problèmes, mais librement, en laissant chaque pays maître de son destin et responsable de son devenir.

L’histoire nous montre la voie à suivre : la coopération volontaire entre Etats, au service de la puissance, au sein d’une communauté de civilisation retrouvée. Aujourd’hui, il convient de rechercher un nouvel « équilibre européen », par une coopération au service d’un projet géopolitique : l’Europe de la puissance. Son but : faire survivre l’Europe et lui assurer une place mondiale.

Conclusion : pour une Renaissance Française

Les nationalistes sont les seuls à défendre la véritable Europe : celle de la civilisation, de la culture, de l’esprit. De l’esprit européen, fier de son histoire et de ses traditions trois fois millénaires. Et riche de ses diversités nationales et politiques. Pas d’Europe sans Patries européennes, et donc pas d’Europe sans la France : pour faire renaître l’Europe, il faut d’abord faire renaître la France, et ne pas se résigner au déclin ! Car la Renaissance française est possible : c’est une question de volonté politique ! Aujourd’hui, cette volonté politique existe : c’est le Front national. C’est même la seule volonté politique qui existe en France… contre le déclin français et européen.

Si nous restons fidèles à la France, nous resterons fidèles à l’Europe !