Banni_re_Bloc_IDBloc Identitaire

édition du 15 mars 2009

Réclamée en Guadeloupe par le LKP et en Martinique par le Collectif contre la vie chère, la « préférence régionale à l’embauche », déjà en vigueur à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie (et même en Corse), ne doit pas rester une spécificité îlienne.

Fabrice Robert, président du Bloc identitaire, vient d’écrire à Eric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, et à Brice Hortefeux, ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité. Il souhaite les rencontrer afin de les convaincre de la nécessité d’instaurer en France métropolitaine, au nom du principe « Les nôtres avant les autres », les justes mesures préférentielles en vigueur dans les collectivités d’outre-mer.

Voici la lettre qu’il a adressée à Eric Besson :

" Monsieur le ministre,

J’ai l’honneur de solliciter de votre part de bien vouloir m’accorder un entretien afin que je puisse vous présenter, sur les bases que je vais vous exposer, les propositions que le Bloc identitaire souhaite voir mises en œuvre au bénéfice des Français de métropole et du continent.

En effet, c’est avec le plus grand intérêt que j’ai suivi les négociations que le gouvernement auquel vous appartenez a accepté de mener en Guadeloupe avec le LKP, à partir de la plate-forme de revendications présentée par ce « Collectif contre l’exploitation outrancière », plate-forme dans laquelle figurent (partie 4) la « priorité d’embauche pour les Guadeloupéens » et l’« embauche obligatoire de Guadeloupéens dans toutes les entreprises qui bénéficient d’aides publiques ».

A la Martinique, le « Collectif du 5 février 2009 contre la vie chère et pour l’emploi », tenu lui aussi par votre gouvernement et par votre ministère pour un interlocuteur valable, fait figurer parmi ses revendications : « Promotion et priorité martiniquaise à l’embauche ».

Si de telles exigences ne sont pas formulées dans le conflit social en cours dans l’île de La Réunion, c’est que, comme le notait Mme Dominique Voynet à l’occasion de sa venue lors de la campagne présidentielle de 2007, la « préférence régionale [est] une expression qui est devenue familière à La Réunion » (entretien à Clicanoo.com du 21 février 2007), de telle sorte qu’il n’est plus besoin de réclamer ce qui est entré dans les mœurs. La « préférence régionale à l’embauche » est en effet devenue une évidence depuis l’accord signé, en septembre 2004, entre France Telecom et une intersyndicale unanime (FO, CFDT, CGTR, CGC, SUD), accord par lequel France Telecom avait renoncé à embaucher deux cadres métropolitains et s’était engagé à recruter, à compétences égales, « sur la base du concept de préférence régionale ».

Je pourrais multiplier les exemples :

• avec la Loi organique n°2004-192 du 27 février 2004 portant statut d'autonomie de la Polynésie française, qui donne pouvoir à celle-ci de faire jouer un droit de préemption lors de la vente de biens fonciers afin de « préserver l'appartenance de la propriété foncière au patrimoine culturel de la population de la Polynésie française et l'identité de celle-ci », soit, clairement, à empêcher qu’ils ne soient vendus à des « non-Polynésiens ».
• ou encore avec la Loi organique n°99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie qui permet à celle-ci, entre autres dispositions de nature à « soutenir ou promouvoir l’emploi local », de « prendre des mesures visant à restreindre l'accession à l'exercice d'une profession libérale à des personnes qui ne justifient pas d'une durée suffisante de résidence » (article 24).

Je n’ignore pas que, hormis concernant la Nouvelle-Calédonie, qui disposait déjà d’un statut particulier, toutes ces lois organiques et revendications ont été permises par la révision constitutionnelle du 28 mars 2003. Et que, depuis cette date, l’article 74 de la Constitution de la Ve République offre la possibilité aux Collectivités d’outre-mer (COM) d’adopter « des mesures justifiées par les nécessités locales […] en faveur de sa population, en matière d'accès à l'emploi, de droit d'établissement pour l'exercice d'une activité professionnelle ou de protection du patrimoine foncier ».

Toutefois, à l’automne 2004, le gouvernement de M. Jean-Pierre Raffarin, auquel appartenait M. Nicolas Sarkozy, avait validé l’accord conclu entre le Syndicat des travailleurs corses (STC) et la Société nationale maritime Corse Méditerranée (SNCM), qui prévoyait une « priorité à l’embauche » pour les Corses, pratique par ailleurs tacitement acceptée sur l’île par l’Education nationale.

Si je souhaite vous rencontrer, Monsieur le ministre, c’est que les problèmes sociaux et économiques qui se posent aux collectivités d’outre-mer et à la Corse ne sont pas différents de ceux auxquels sont confrontés nos compatriotes de métropole et du continent. Aux mêmes maux, les mêmes remèdes ?

Il est urgent que les mesures autorisées dans les collectivités d’outre-mer et en Corse soient maintenant permises sur l’ensemble du territoire national, et cela par l’adoption d’une loi organique que le Conseil constitutionnel, ayant validé celles des collectivités d’outre-mer, ne pourrait qu’entériner.

Au nom du Bloc identitaire, je souhaite donc étudier avec vous la possibilité de mettre en œuvre dans les meilleurs délais les dispositions suivantes :
priorité d’embauche, à compétence égale, pour les travailleurs français et européens dans les entreprises installées sur le territoire français ;
• embauche obligatoire de Français ou d’Européens dans toute entreprise installée sur le territoire français qui bénéficie d’aides publiques, et subordination de l’octroi de toute aide publique à l’acceptation préalable de cette condition ;
• restriction de l’accès à l'exercice d'une profession libérale pour les non-Européens, notamment dans le secteur médical ;
• préservation de l'appartenance de la propriété foncière au patrimoine culturel de la population française, par l’adoption de mesures restrictives relativement à la vente de biens immobiliers à des étrangers extérieurs à l’Union européenne, comme cela se pratique déjà en Suisse.


L’adoption de ces mesures constituerait un pas très important dans la lutte prioritaire contre la paupérisation croissante de la population française et pour la sauvegarde de l’identité française et européenne de notre pays.

Dans l’attente de vous rencontrer, je vous prie de croire, Monsieur le ministre, à l’assurance de ma considération la meilleure.