D_batLe site Europe Maxima nous donne le plaisir depuis quelques semaines de lire un débat passionnant qui a lieu entre deux personnes que tout semble séparer au point de vue idéologique, l'un, Claude Bourrinet, est assurément un partisan de ce que je résumerai peut-être à tort, de la " ligne Soral " et le second, André Waroch serait plutôt un partisan de la " ligne droite nationaliste classique ". Personnellement, je pose un regard sur l'avenir de notre pays, de notre continent, de notre civilisation de la même manière que André Waroch. Mais chacun est libre d'avoir une opinion et le débat est intéressant.

Je mets en ligne deux textes , l'un de Claude Bourrinet et l'autre de André Waroch, j'espère qu'ils n'y verront pas d'inconvénients de même que le coordinateur de l'excellent site Europe Maxima Georges Feltin-Tracol. YR

De la cuisine en milieu identitaire

Réponse à André Waroch

Article de Claude Bourrinet publié le 7 mars 2009

Si une amputation s’impose, ce sera celle qui verra la chute d’une protubérance superfétatoire dans quelque poubelle de l’Histoire, et ce sera en l’occurrence la maigre compagnie d’André Waroch. Elle sera emportée avec les bataillons de mercenaires atlantistes. Nul doute que ça puera le cadavre en décomposition.

André Waroch n’a pas de veine. Il est atteint de myopie, et survalorise certaines réalités, les sélectionnant pour une improbable cuisine dont le résultat est ce brouet indigeste qu’il nous propose en guise d’agape. Il en va toujours des amateurs de synecdoques et propagandistes éternels, qui tordent les faits en les assénant comme argumentaire (ou contre-argumentaire !).

Il ne serait jamais venu à l’esprit de notre apprenti gâte-sauce de prendre un peu de distance, même si le réduit où mitonne sa marmite est devenu invivable, et de se demander ce qu’il était en train de nous mijoter.

Le coup atlantiste, on nous l’a déjà fait après 45, ce qui a permis aux sionistes de la S.F.I.O. de doter Israël de la bombe atomique. L’U.R.S.S. avait bon dos, si je puis dire, qui portait tous les maux ou les merveilles de la terre et légitimait ainsi toutes les dérives, encourageant, pour une cause ou pour une autre, toutes les pauvres philauties couilloniformes, comme dit le bon Rabelais, à s’ébranler sur le bitume.

André Waroch croit impressionner en assénant une kyrielle d’exemples, méthode qui vaudrait à n’importe quel élève de terminale une note calamiteuse au baccalauréat. Ainsi apprend-on que la communauté juive a contribué grandement à la pensée française. De quelle façon ? Fut-ce pour le bien de la France ? Je ne sais, mais Waroch, lui, oui. À vrai dire, je n’ai rien contre Aron, Bergson, Proust et quelques autres, et j’ai même un faible pour la poésie impressionniste du dernier. Encore aurait-il fallu pousser plus loin la recherche, en-deçà du siècle de Dreyfus.

Mais comment oublier B.H.L., Glucksmann, Attali, Cohn-Bendit, pratiquement tous les leaders de 68, et ceux qui ont sapé la cohérence communautaire en anémiant sa vigueur morale, en ouvrant les vannes à une immigration incontrôlée, ceux-là mêmes qui, ayant été une dizaine d’années auparavant les champions de l’égalitarisme et de l’internationalisme, s’étant servis de Moscou, de Pékin ou de la Havane comme levier, se sont faits les flagorneurs du libéralisme, même assaisonné de sauce libertaire, et du mondialisme, et enfin les adulateurs de la puissance américaine ? Comment oublier que la communauté juive de France a voté en masse pour Sarkozy, sachant pourquoi, et comment ne pas voir que le problème de l’Europe est, comme le dit Chauprade, la trop grande puissance de l’État d’Israël dans ses instances dirigeantes ? Je ne suis pas Madame Soleil, et je ne peux prévoir ce que serait un bouleversement socio-politique auquel les masses immigrées, mêmes francisées, qui ne sont pas, loin de là, islamistes, (sans compter une situation sociale, économique et culturelle, autant dire stratégique, qui n’a rien à voir avec celle qu’occupe la communauté juive) prendraient part. En revanche, je sais ce qui se passe actuellement, et à quel point la France et l’Europe sont étouffées, humiliées, désarmées à tous points de vue. Demeurer dans le giron américain consiste tout bonnement à choisir un esclavage qui existe déjà.

Nous ne sommes plus dans la position de luxe où nous pouvons choisir nos ennemis. Ceux-ci se rappellent à nous. Et entre en Américain et un islamiste, j’ai vite pris mon parti, tout simplement parce que mon maître, en ce moment, c’est l’Américain et toute sa compagnie, y compris les collabos sionisants.

On peut certes rappeler les mannes de l’Histoire, et se référer à 40 (il est d’ailleurs grotesque d’invoquer ce criminel de guerre de Churchill), à l’Algérie, à la Guerre froide etc. Mais comme dit le Messie, laissons les morts enterrer les morts, surtout si l’on ne voit pas derrière la défaite de 40 le sabotage des grèves, la démoralisation et la perte de repères, si l’on ne décèle pas derrière le pathétique départ des Pieds-Noirs la main de l’Amérique, qui avait pour objectif la destruction de l’Empire français, et si l’on n’interprète pas l’Empire soviétique comme une tentative de rasseoir la communauté slave dans l’Histoire (loin des flonflons de la fanfare bolchévique). Céline ne voyait pas d’autre solution que de soutenir les Cosaques contre le cosmopolitisme yankee.

Last but not least ! Pourquoi André Waroch cherche-t-il à réduire l’identité européenne au christianisme ? Il manifeste par là son appartenance à un nationalisme franchouillard qui a fait son temps. Il veut à tout prix que ce qui se passe au Liban, ou que le sort des coptes en Égypte, nous concerne particulièrement. Michel Aoun et le Hezbollah n’ont d’importance que dans une perspective géostratégique, et il serait bénéfique pour l’Europe de les soutenir. La nature des confessions religieuses est indifférente, comme l’octroi ou non d’une carte d’identité française, dont on sait qu’elle est galvaudée. Inutile de s’empêtrer dans ce tapis mis en place par nos ennemis, lesquels voudraient bien qu’on oubliât les urgences, qui est par exemple une lutte inexpiable contre le monde da la marchandise et l’individualisme délétère, dont André Waroch ne touche mot.

Christianisme, judaïsme, islamisme, bouddhisme, etc., sont des réalités idéologiques qui ne sont pas pertinentes dans une vision européenne. À la limite, j’aurais beaucoup plus de considération pour un militant du Hamas qui se sacrifie pour sa terre que pour un chrétien qui tend la joue droite en s’étant fait souffleter sur la joue gauche, comme le préconise Jésus-Christ (et si ce n’est pas là le début du désarmement moral !).

L’Europe dont je rêve n’aura pas à se référer à des idéologies venant du désert ou des forêts tropicales. Elle est celle de ses paysages, variée, riche de ses multiples trésors. Elle est celle des régions, des nations, des communautés, et d’un État qui assumera des fonctions régaliennes, sans plus. Tous ceux qui y vivent et acceptent la place qui leur sera octroyée (en fonctions de droits et de devoirs spécifiques – y compris bien sûr les Israélites, qui peuvent d’ailleurs bien se croire le « peuple élu », si cela leur fait plaisir) seront « européens » (dont la « race » n’existe pas). Ceux qui ne l’accepteront pas feront leur valise.

Le problème, ainsi, n’est pas celui des islamistes (qui sont minoritaires en Europe et ne doivent pas être assimilés aux immigrés), et j’oserais dire que ce n’est pas non plus celui des Américains et des Israéliens, mais celui des Européens. Voulons-nous une Europe indépendante et libre ?

Certains ont d’emblée répondu non.

Réponse à Claude Bourrinet

Article de André Waroch publié le 15 mars 2009

Monsieur Bourrinet,

Pour commencer, je ne vois pas où et en quoi j’ai fais preuve d’un quelconque atlantisme.

Désolé, j’ai beau chercher, dans le texte incriminé ou dans n’importe quel autre de mes textes publiés sur Europe Maxima, je ne vois pas l’ombre d’un soutien à la politique américaine, quelle qu’elle soit.

Ce n’est d’ailleurs pas de ma part l’effet d’un quelconque dogmatisme. Je n’éprouve pas comme certains le besoin de me déclarer anti-américain pour éprouver le frisson, pour une fois, de partager une haine commune avec l’ensemble de la classe politico-médiatique française (ainsi qu’avec la communauté islamique) dans l’espoir d’en faire un élément fédérateur pour l’unité d’un pays qui part en lambeaux.

Je me réserve le droit, ponctuellement, de saluer certaines actions américaines, telles les pressions diplomatiques exercées sur la Syrie, qui l’ont contrainte à évacuer le Liban.

Mais globalement, j’ai, à maintes reprises, fais le simple constat que la stratégie géopolitique américaine est fondamentalement égoïste, qu’elle ne s’embarrasse d’aucune solidarité, d’aucun égard d’aucune sorte à l’endroit des Européens.

Relisez mon texte, voyons. Que dis-je ? Que le problème des Européens, ce n’est pas les États-Unis, ce sont les élites dirigeantes qui ont décidé, d’elles-mêmes, de transférer le pouvoir à nos cousins d’outre-Atlantique. Je cite le général de Gaulle comme exemple d’insoumission et d’indépendance. Après lui, ce fut la dégringolade, puisque les élites françaises et européennes (sauf en Russie) n’ont plus aujourd’hui qu’une obsession : faire disparaître leurs pays de la scène internationale en abandonnant leur souveraineté à l’O.T.A.N. ou à Bruxelles.

Je suis donc encore une fois désolé de vous dire que cette accusation d’atlantisme relève non seulement de la calomnie et du procès d’intention, mais hélas, j’en ai bien peur, d’une cécité intellectuelle qui relève d’une certaine propension à voir des atlantistes partout.

Mettons donc les choses au point une bonne fois pour toutes : je ne suis pas atlantiste. Le projet politique que je défends est le nationalisme européen, et mes yeux sont tournés, depuis quelques années, avant tout vers la Russie, que j’ai défendu à travers plusieurs de mes textes. Je me permets de citer mon dernier texte consacré spécifiquement à la Russie, « La Russie, nouvel espoir des Européens », texte rédigé juste après les événement de l’été 2008 en Géorgie.

J’aimerais citer en particulier le passage suivant, à propos de l’opposition russo-américaine qui se manifesta à cette occasion (les Géorgiens n’étant que les pions de Washington) :

« Il ne fait guère de doute, à notre sens, que l’intérêt des Européens, dans ce bras de fer opposant les deux nations qui auront peut-être le plus marqué de leur empreinte le XXe siècle, est la victoire de la Russie. »

Mais citons également d’autres passages d’autres textes que j’ai publié, cela pourra également être intéressant.

« Étant donnée l’évolution de plus en plus divergente, sur tous les plans, de ces deux parties du monde [États-Unis et Europe de l’Ouest, N.D.L.R.], et en considérant le caractère profondément égoïste de la politique étrangère américaine, qui ne s’embarrasse d’aucune espèce de solidarité " identitaire " à l’égard de la civilisation ouest-européenne (il ne s’agit pas d’une critique mais d’un simple constat), les États-Unis, à notre sens, ne doivent plus être considérés comme des alliés naturels de l’Europe de l’Ouest. La “ civilisation occidentale ” doit être considérée comme caduque. »

(À propos de la Russie) : « La question qui se pose aujourd’hui est de savoir vers quel autre pays peut se tourner un Européen qui ne s’est pas encore décidé à la dissolution de son identité dans l’immigration de masse, et à celle de son pays dans l’U.E., ou l’O.T.A.N. (c’est la même chose).

Face à la soumission totale des autres nations d’Europe à l’impérialisme américain et à l’idéologie mondialiste kouchnérienne, le seul motif de satisfaction, mais il est de taille, est la renaissance de la Russie suite à l’avènement de Vladimir Poutine. »

« Le seul pays européen qui puisse prétendre actuellement à être autre chose qu’un pion de Washington est aussi le seul qui ait refusé, d’une manière ou d’une autre, la dissolution dans l’Europe politique, je veux parler bien sur de la Russie de Poutine. »

À ce stade, donc, M. Bourrinet, j’estime que j’aurais le droit moral de ne pas répondre au reste de votre argumentaire, puisque vous n’avez manifestement pas lu mon dernier texte, ni aucun autre d’ailleurs. Sinon, à moins que vous soyez stupide, vous ne m’auriez pas accusé d’être atlantiste alors que je suis pro-russe, ce qui, ces temps-ci, relève plutôt de la contradiction absolue.

Néanmoins, comme je suis bon prince, et par un souci progressiste d’édification des masses, voilà le reste de ma réponse.

Concernant la communauté juive , je n’ai pas à son égard la haine teintée d’idolâtrie que lui manifestent vos amis. Comment, une communauté représentant moins de 1 % de la population française aurait réussi à prendre le pouvoir en accaparant les postes-clé ? Ce sont donc des surhommes. Diaboliques, malfaisants, certes, mais des surhommes. Ils sont la race supérieure. C’est la seule explication possible.

Pour ma part, ne les considérant ni comme des démons ni comme des Djinns, je ne fais pas de cette communauté le centre de mon univers politique. Les juifs ne dirigent pas la France. Le sionisme est certes plus en odeur de sainteté depuis l’avènement de Sarkozy, néanmoins j’ai un scoop : il y avait des juifs en France avant les élections de 2007. Cela n’a pas empêché la France d’avoir depuis quarante la politique proche-orientale que l’on sait, qui l’a rendue extrêmement impopulaire en Israël.

Une France dirigée par des juifs n’aurait pas sauvé Yasser Arafat des griffes de Tsahal à Beyrouth en 1982, elle n’aurait pas décliné, crinière villepinesque au vent, l’injonction américaine d’envahir l’Irak en 2003, en bref, elle aurait été le contraire de ce qu’elle a été jusqu’à maintenant, c’est-à-dire le pays le plus anti-israélien d’Europe de l’Ouest, malgré les B.H.L., Glucksmann, et surtout les Fabius, Strauss-Kahn, Kouchner ou Attali qui étaient déjà au pouvoir bien avant la présidence de Sarko.

Quant au vote juif, étant donné qu’il représente à tout casser 1 % du corps électoral, son importance est plus qu’anecdotique. Ils peuvent bien tous se mettre à voter Besancenot, cela ne changerait à peu près rien.

L’obsession anti-juive relève de la masturbation intellectuelle. Moi, je suis un politique. Mes objectifs ne sont pas de faire du dandysme pseudo-littéraire, du complotisme de bazar, du Marc-Édouard Nabe de droite, mais d’œuvrer à l’indépendance et à la souveraineté de l’Europe.

Quand il se passe un événement quelconque au Proche-Orient, la première question que je me pose n’est pas : « Est-ce que cela va être profitable ou nuisible à Israël ? » mais « Est-ce que cela va être profitable ou nuisible à l’Europe ? »

Voilà ce qui me sépare de tous les faux nationalistes européens pour qui la priorité n’est plus maintenant la défense de l’Europe, mais la destruction de l’État d’Israël.

Que je réduise l’identité européenne au christianisme, voilà qui est un peu exagéré, mais il est tout à fait vrai que je considère le christianisme comme élément fondateur de l’identité européenne. Je crois, pour rectifier les choses, qu’on pourrait plutôt dire que ce qui a fait l’Europe, ce qui a fait l’unité culturelle de ce qu’on appelle aujourd’hui l’Europe, c’est l’action conjuguée de l’Église catholique et de l’Église orthodoxe (et pas seulement sur le plan religieux : l’Église catholique a continué la romanisation, l’Église orthodoxe l’« hellénisation » des peuples qu’on allait appeler européens). Je ne vois absolument aucune unité d’aucune sorte, dans l’Antiquité, entre la Germanie et Athènes, par exemple. Les thèses indo-européennes sont venues a posteriori, et relèvent elles aussi d’une sorte d’onanisme idéologique.

Évidemment que ce qui se passe au sud de la Méditerranée nous concerne ! « La nature des confessions religieuses est indifférente » dites-vous ? C’est la meilleure ! Vous êtes le premier à dénoncer le lobby juif !

Je soutiens Israël (comme je soutenais les Maronites, mais la partie est pour l’instant perdue), au-delà de toute considération identitaire, parce qu’il n’est pas dans l’intérêt de l’Europe que tout le sud de la Méditerranée soit islamisé.

La plus grande qualité des Israéliens, à mon sens, n’est pas qu’ils soient juifs, mais qu’ils ne soient pas musulmans. S’ils étaient hindous, chrétiens, bouddhistes, je les soutiendrais tout autant.

Et si je suis Européen, si je suis nationaliste européen, si je suis identitaire européen, il me semble tout à fait évident de soutenir avant tout les peuples les plus proches culturellement des Européens contre ceux qui veulent leur disparition.

À ce sujet, un de vos textes m’a fait beaucoup rire, à propos du dernier conflit à Gaza. Vous vous êtes élevé contre la « propagande » télévisuelle qui façonnait « une vision partiale du conflit » en nous montrant « des Israéliens vêtus à l’européenne, parlant souvent très bien les langues européennes, habitant des quartiers ressemblant à ceux qui se trouvent en Europe ou en Amérique ».

Je ne vous le fais pas dire, M. Bourrinet.

Pour résumer, j’ai donc trois raisons de soutenir Israël. D’abord, la proximité culturelle. Ensuite, l’analyse géopolitique froide, Israël étant un point de fixation tenant en respect le monde islamique (qui est depuis plus de mille ans le pire ennemi de l’Europe). Ensuite, le choix de la civilisation contre la barbarie.

Mais je ne fais pas de la question israélienne, contrairement à vous et vos amis, l’alpha et l’oméga de la politique européenne. C’est un fait important mais secondaire, comme est secondaire l’influence de la communauté juive en Europe.

La question principale est, selon moi, l’islamisation de la France et de l’Europe. S’il n’y est pas mis un terme, nous ressortirons peut-être un jour, selon votre souhait et le mien, de l’O.T.A.N., mais ce sera pour adhérer directement à la Ligue arabe.

Voilà selon moi le problème central. Mais je m’en voudrais de déranger vos transcendantales méditations. Je baisse donc le rideau sur cette triste réalité et vous laisse disserter sur le sexe des anges.