FabiusLes 4 Vérités

Article de Pierre Baudoin publié le 18 mars 2009


Un sondage Ifop publié dans le « Journal du dimanche » du 15 mars montre que 69 % des Français estiment que le Parti socialiste ne ferait pas mieux que le gouvernement, s’il était au pouvoir.

Mieux, 39 % seulement de nos compatriotes considèrent que le PS a des dirigeants de qualité. Il faut dire que la « bronca » qui a accompagné l’annonce des listes pour les élections européennes n’a pas dû améliorer l’image déjà peu glorieuse du principal parti d’opposition. Pour ne rien dire des parachutages contestés par les parachutés eux-mêmes !…

L’actualité nous offre une illustration de ce que les Français entendent lorsqu’ils doutent que le Parti socialiste ait des « dirigeants de qualité ». Laurent Fabius, l’un des principaux dirigeants de ce parti, a récemment déclaré dans l’émission « Ripostes » (sur France 5) : « Si la politique du gouvernement ne change pas, je crains qu’au printemps, il y ait des mouvements profonds et radicaux de révolte. »

Et d’ajouter, sur un ton faussement modéré, pour justifier d’avance les émeutes qu’il annonce : « Les gens peuvent comprendre parfaitement qu’il y a une crise internationale, mais ce qu’ils n’acceptent pas, c’est qu’on considère qu’il y a des gens qui sont surpayés et qu’il y a des gens qu’il faut mettre dans le caniveau. Ils ne l’acceptent pas et moi non plus ! » Traduction : « Puisque le PS n’est pas capable de proposer un projet alternatif à la politique du gouvernement, le seul mode d’opposition possible reste l’insurrection. »

Autrement dit, l’un des principaux dirigeants du PS justifie sereinement les appels à l’émeute de l’extrême-gauche.

Se trouvent ainsi confortées les craintes maintes fois exprimées dans nos colonnes : l’inexistence d’un véritable parti social-démocrate en France n’aura pas pour conséquence un succès durable de la droite, comme le pensait naguère Nicolas Sarkozy. La vraie conséquence de cette situation est le triomphe de l’extrême-gauche.

Et ce triomphe ne tient pas seulement à la personnalité de Besancenot. Il tient surtout au fait que les principaux dirigeants du PS continuent à adhérer aux thèses et à la tactique marxistes-léninistes : la lutte des classes et la conquête du pouvoir par l’insurrection restent l’alpha et l’oméga de la culture socialiste.

Non, décidément, ce parti n’a pas de dirigeants de qualité ! Mais la droite non plus, qui persiste contre tout bon sens à vouloir faire avec Besancenot « le coup du FN » au PS…