NatoNouvel Observateur

édition du 21 mars 2009

La police a demandé à plusieurs Strasbourgeois de retirer de leurs fenêtres ou balcons le drapeau de la paix aux couleurs arc-en-ciel avec la mention "No to Nato" (Non à l'Otan), à quelques jours du sommet de l'Otan qui se tiendra les 3 et 4 avril prochain, a-t-on appris samedi 21 mars.


"Des policiers sont venus en début de semaine chez moi, en expliquant qu'ils avaient reçu l'ordre de demander aux gens d'enlever ces drapeaux", a expliqué Christian Grosse, membre du secrétariat de la Fédération du parti communiste du Bas-Rhin. "C'est mon fils qui les a reçus. Ils lui ont dit : 'soit vous le retirez, soit on le retire'", a-t-il poursuivi, précisant que le jeune homme avait alors obtempéré. "Mais j'ai raccroché le drapeau dès le lendemain".

 400 drapeaux "anti-Otan"

Christian Grosse n'est pas un cas isolé: "Nous avons eu connaissance de plusieurs autres personnes qui ont reçu la visite de la police à cause de leur drapeau", a-t-il souligné. La préfecture se refusait samedi à tout commentaire à ce propos. La coordination anti-Otan de Strasbourg a distribué quelque 400 drapeaux arc-en-ciel semblables à ceux qui avaient fleuri en Europe à l'occasion de la guerre en Irak en 2003, portant les mentions "Pace" (Paix) et "No to Nato".

"A l'époque de l'Irak, il n'y avait eu aucun problème avec ces drapeaux", relève Christian Grosse. Mais ces nouvelles mesures s'inscrivent "dans un contexte plus général où les autorités cherchent à mettre des bâtons dans les roues des organisateurs du "contre-sommet" de l'Otan", a-t-il estimé.

"Problème de démocratie"

Dans une lettre au préfet, au directeur adjoint de la police nationale ainsi qu'au maire de la ville de Strasbourg Roland Ries (PS) et à son premier adjoint, le PCF a demandé à ce que ces intimidations cessent, a précisé Christian Grosse qui y voit "un problème de démocratie". Le sommet de l'Otan est prévu du 3 au 4 avril à Strasbourg et dans les villes allemandes voisines de Kehl et Baden-Baden.
Outre les vingt-six chefs d'Etat et de gouvernement, dont le président américain Barack Obama, sont aussi attendus pour un contre-sommet entre 30.000 et 60.000 manifestants de quelque 500 collectifs de 23 pays.