dimanche 22 mars 2009

Une nouvelle lutte sociale pointe à la SNCF

CheminotE24

Article de Anne-Sophie Galliano publié le 20 mars 2009

Nouveau combat social en perspective pour Guillaume Pepy, PDG de la SNCF, qui prévoit d'augmenter le prix du billet de TGV payé par les cheminots. Inacceptable pour les syndicats. "La facilité de circulation est un avantage qui compense des salaires très moyen", explique l'Unsa-Cheminots. Toutefois, cet avantage en nature n'est pas inscrit noir sur blanc dans le statut des cheminots. Seule l'obligation d'être mobile est stipulée.

La totale gratuité des transports ferroviaires pour les cheminots date de l'entre-deux guerre. "A l'époque, la compagnie ferrée voulait convaincre les gens de venir travailler dans l'entreprise. Les employés venaient souvent de loin, d'où la gratuité des transports pour eux", explique la SNCF. Le paiement de la réservation (entre 1,50 et 13 euros maximum) n'a été instauré qu'en 1997, avec la multiplication des trains à grande vitesse. "Cela avait déjà été un coût dur psychologique pour les cheminots qui n'avaient jamais payé leurs billets", se rappelle l'UNSA. Mais le montant "n'a pas bougé depuis 12 ans", rétorque la SNCF qui avoue que le manque à gagner engendré par ce système est difficilement chiffrable. Petit calcul: un aller simple Paris-Lyon coûte 53 euros pour un billet non échangeable et non remboursable en seconde, réservé aujourd'hui, vendredi 20 mars pour le 1er avril. Le cheminot pour le même trajet paiera 1,50 euros. Le manque à gagner pour la SNCF est donc de 51,5 euros.

Le cheminot est en plus exonéré de l'acquittement de cette réservation pour huit voyages par an, qui sont cumulables d'une année sur l'autre. Le compagnon ou conjoint et les enfants jusqu'à 21 ans (s'ils ne travaillent pas) bénéficient de ces mêmes avantages. Ensuite, les parents, grands-parents, et beaux parents ont le droit à quatre voyages par an sous réserve du paiement de la réservation. Ces billets ne sont pas reportables d'une année sur l'autre. Enfin, les retraités de la SNCF continuent à bénéficier des tarifs préférentiels. Remettre en cause ce système "c'est pénaliser les cheminots et leurs familles et surtout les retraités qui n'ont pas de grosse pension", s'insurge le syndicat.

Mais cette nouvelle remise en cause du statut du cheminot, en pleine crise économique et au lendemain de la mobilisation nationale, ne passe pas côté syndicats. Surtout, après des négociations déjà houleuses sur d'autres acquis. "L'âge de la retraite a été repoussée de 2,5 à 3 ans, la politique de logement qui permettait à un cheminot de payer un appartement 20 à 30% moins cher que le prix du marché est quasiment inexistante en région parisienne. Notre système de santé est aussi attaqué, les cabinets médicaux propres à la SNCF ferment de plus en plus, obligeant les cheminots à aller consulter un médecin libéral", détaille l'Unsa.

Seul acquis encore intact: le licenciement économique n'existe pas à la SNCF. Enfin, pas encore.

Posté par Redekker à - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires sur Une nouvelle lutte sociale pointe à la SNCF

Nouveau commentaire