JMLP_5Nouvel Observateur

édition du 24 mars 2009

Les socialistes et Verts au Parlement européen ont proposé, mardi 24 mars, de modifier le règlement interne pour éviter que le leader d'extrême droite français Jean-Marie Le Pen ne préside la prochaine session inaugurale en tant que doyen.


"Je suis préoccupé par le fait qu'un négationniste de l'Holocauste puisse présider la session inaugurale du Parlement européen" en juillet au lendemain des élections européennes, a souligné le social-démocrate allemand Martin Schulz, président du groupe socialiste, assurant que la solution était de "modifier le règlement".

 Non aux "croulants"

En effet, "il n'est pas impératif que le doyen d'âge préside la session inaugurale" et il est "inacceptable, inadmissible", que le leader du Front national, "qui est un négationniste pour qui Auschwitz est un détail de l'Histoire" puisse le faire, a estimé Martin Schulz devant la presse.

Il a reçu le soutien du co-président des Verts, Daniel Cohn-Bendit, qui a précisé que son groupe avait "toujours été pour changer le règlement, parce que le fait que le doyen préside (la session inaugurale) est ringard".

"Nous sommes pour que soit la députée la plus jeune qui ouvre la session, non pas à cause de Le Pen, mais parce que c'est un signe pour l'avenir. Allons jusqu'au fond du symbolisme: on ne veut pas des croulants", a martelé l'ancien leader de Mai 1968.

Un scandale

Prendre une telle décision ne sera néanmoins "pas facile", a pronostiqué Daniel Cohn-Bendit.

Jean-Marie Le Pen, qui fêtera ses 81 ans le 20 juin prochain, siège depuis 1984 au Parlement européen. Il se représentera encore cette année, en tant que tête de liste FN dans la circonscription du Sud-Est de la France, et pourrait se retrouver doyen d'âge du Parlement.

En juillet 1989, l'ex-cinéaste français Claude Autant-Lara avait déjà provoqué un scandale au Parlement européen. Elu sur une liste du FN, il avait eu l'occasion de prononcer un discours à l'occasion duquel une grande partie de l'hémicycle s'était vidée, en signe de protestation. Entretemps, le règlement intérieur a été modifié et le doyen n'a plus le droit de prononcer un discours.

Note YR : La démocratie dans ses œuvres les plus sordides ! Martin Schulz en insultant le président du Front National nous montre, s'il le fallait, la conception socialiste de la liberté d'opinion et d'expression ! Quant à Cohn-Bendit...