mardi 31 mars 2009
La stratégie des deux George(s)
Article de David Desgouilles publié le 31 mars 2009
L'auteur de cet article n'est en rien membre du FN ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique et il ne partage pas forcément les idées défendues ici.
Ces derniers jours, dans tous les médias, il a été question de la syntaxe du président de la République. Celui-ci, notamment près de chez moi dans la bonne ville de Gustave Courbet1, maltraite la langue française de plus en plus fréquemment notamment lorsqu’il est dépourvu d’un discours écrit à l’avance.
Le président de la République calcule sa communication au rasoir depuis son entrée en politique. Il est connu pour ne rien laisser au hasard dans ses prises de parole. On ne peut donc pas sérieusement imaginer que cette tendance soit le fruit d’une négligence. Certes, il n’est pas un amoureux de la langue française. La langue, pour lui, c’est juste de la com’. Il ne passe pas non plus pour un lettré, au point même qu’après la triste affaire de La Princesse de Clèves Mme Bruni-Sarkozy se répand en indiscrétions dans la presse sur les lectures qu’elle met entre les mains de son mari. Mais il avait tout de même ressenti le besoin pour sa campagne présidentielle d’appeler Henri Guaino, connu pour avoir déjà écrit pour Séguin dans un style intransigeant sur la qualité de la langue. Même si on le dit “au bout du rouleau”, il est absolument impossible que ce choix de langage dans ses discours et improvisations publics ne soit pas le fruit d’une réflexion délibérée.
Le choix d’utiliser un langage familier alliant extrême pauvreté du vocabulaire et syntaxe plus qu’approximative2, ne peut se concevoir que dans l’objectif de “faire peuple”. Le président de la République souhaite renouer avec la partie populaire de l’électorat qui lui avait permis d’atteindre les 30 % en 2007, performance qu’aucun candidat de droite n’avait réalisé depuis plus de trente ans lors d’un premier tour d’une élection présidentielle. Les sondeurs lui ayant indiqué que cet électorat populaire l’abandonnait, il a donc décidé de passer à l’action et à entreprendre une opération de séduction en direction de ces classes de la population, premières victimes de la crise. Cette séduction se manifeste par le retour du thème de l’insécurité publique3 et notamment par la proposition de législations sur les bandes organisées. Mais cette séduction semble aussi passer par ce qu’il pense être une proximité de langage. C’est là qu’il faut examiner les précédents et en arriver aux fameux deux George(s), Marchais et Bush Junior.
Le premier opérait en France. Secrétaire général du PCF de 1972 à 1994, il était connu pour employer un langage très familier et d’une redoutable efficacité face aux journalistes ou à ses contradicteurs politiques. Le second, aux Etats-Unis, fut réélu triomphalement en 2004 grâce à l’Amérique profonde. C’est bien évidemment à tort qu’on les a pris pour des personnages incultes (pour Marchais et Bush) ou benêt (pour Bush). George Walker Bush est diplômé de Yale. Quand bien même aurait-il été pistonné, il faut néanmoins suivre les cours de cette université, parmi les réputées au monde. Quant à Georges Marchais, il suivit les cours de la fameuse Ecole des Cadres de Moscou. Là encore, ce n’est pas donné à tout le monde. En fait, les deux hommes ont choisi, l’Américain avec ses conseillers et le Français à l’Ecole des cadres du Parti, une stratégie de proximité avec une partie de la population, populaire et souvent peu diplômée. Le PCF de Marchais demeura longtemps le premier parti ouvrier de France, même si la chute de l’Union soviétique et l’émergence du Front national précipitèrent son déclin à la fin de son magistère place du Colonel-Fabien. La stratégie de Dobeliou fut gagnante dans la mesure où John Kerry représentait presque de manière caricaturale l’Amérique côtière et urbaine.
Cette stratégie, donc, pourrait s’avérer payante pour Nicolas Sarkozy ? Je ne le pense pas. D’abord parce que l’exemple américain ne se transpose pas si facilement en France. Les classes populaires françaises ne dédaignent pas, loin s’en faut, qu’une personnalité politique s’exprime dans une langue châtiée. Sinon, Jean-Marie Le Pen, qui n’est jamais pris en défaut sur sa syntaxe et qui emploie un vocabulaire parmi les plus riches du personnel politique français, n’aurait pas fait du FN le premier parti ouvrier de France, et cela pendant des années. Et c’est, précisément, une grosse partie de cet électorat-là que Nicolas Sarkozy a réussi à ramener à lui… en lisant des discours bien écrits. En face, Ségolène Royal tentait justement la proximité avec sa démocratie participative et un lexique volontairement pauvre, que les Guignols de l’Info parodièrent de manière éclatante dans un sketch hilarant où on la voyait parler aux électeurs comme à des enfants : “Les Français, il faut leur parler simplement.” On note aussi que le candidat qui aurait pu s’avérer être le “Kerry français”, Bertrand Delanoë, semble aujourd’hui hors-course.
D’autre part, l’exemple de l’autre Georges qui va dans les usines, parle comme les ouvriers et reste un bretteur hors-pair en toutes circonstances se heurte à deux écueils. D’abord, Georges Marchais était effectivement issu du monde ouvrier, alors que Nicolas Sarkozy a passé son enfance à Neuilly dans un milieu favorisé. Face à un Georges Marchais4 qui leur parlait ainsi, les classes populaires, même lorsqu’elles l’abandonnèrent pour le PS de Mitterrand ou le FN de Le Pen, entendaient quelqu’un qui leur parlait d’égal à égal. Face à Nicolas Sarkozy, cette manière de s’adresser à eux peut davantage être ressenti comme du mépris : “Toi y en a être ouvrier, moi te parler simplement.” Ensuite, comme pour Georges Marchais, le contexte de la crise d’un système (communiste pour l’un, capitaliste pour l’autre) ne plaide pas en faveur du renouvellement de l’expérience.
La stratégie des deux George(s) semble donc inopérante pour Nicolas Sarkozy. D’autant qu’elle n’est guère cohérente avec sa politique. Si le thème de l’insécurité le rapproche des classes populaires, il s’en éloigne sur les choix sociétaux5. Et ses choix en matière économique et sociale, qui ne remettent pas en cause la jungle libre-échangiste, au mépris de sa campagne électorale qui fustigeait les délocalisations et l’euro cher, ont consommé un divorce avec les ouvriers. Ce n’est pas en singeant - mal - le “populo” que Nicolas Sarkozy pourra effacer cette cruelle réalité.
- Ornans, près de Besançon, est une petite bourgade magnifique où naquit le peintre de L’origine du Monde. Je conseille à tous les lecteurs de venir la visiter lors de leur prochain passage en Franche-Comté. Il y a aussi une petite usine Alstom, où le président de la République s’est exprimé. ↑
- Avec l’abandon, notamment, de toutes les négations. ↑
- Statistiques qui ne plaident pas en sa faveur puisque la violence ne fléchit pas, au contraire. ↑
- On peut aussi citer Bernard Tapie dans ce style gouailleur et issu des classes populaires. ↑
- Morano, gouailleuse à l’image du président, mène une politique familiale qui plaît aux bobos urbains. ↑
La crise n'est pas un poisson d'avril !
On se souvient tous que le président Sarkozy était venu, tel Napoléon devant ses grognards, à l'aciérie Mittal de Gandrange dans le département de la Moselle le 4 avril 2008 où il avait promis face à des centaines d'employés aux abois que l'État prendrait en charge ce qu'il faudrait prendre en charge pour assurer les emplois et surtout pour permettre au site de se maintenir. Un an plus tard, l'acierie ferme ses portes laissant 575 personnes sur le carreau.
Le même jour le quotidien londonien The Times nous apprenait que Nicolas Sarkozy depuis son palais parisien faisait le fanfaron en assurant qu'il pratiquerait la politique de la chaise vide si le G20 de Londres qui débute demain ne se concrétise pas en mesures concrètes. Or, Nicolas Sarkozy qui a toujours été un partisan du mondialisme et un fervent partisan du tout libéral serait tout à coup, par la grâce d'une sainte crise devenu un sosie de Bové ou un clône de Besancenot au choix ?
Alors que vendredi s'ouvre à Strasbourg et dans la ville allemande de Kehl le Sommet de l'OTAN qui va y fêter son 60ème anniversaire et au cours duquel le président de la République va annoncer officiellement que la France réintègre le commandement intégré de l'organisation, croyez-vous qu'il va, demain, faire acte de piraterie devant les dirigeants de la planète réunis à Londres ? Nicolas Sarkozy est un spécialiste de l'effet d'annonce, il l'aura prouvé il y a une année à Gandrange...
Pendant ce temps les affres de la crise prennent encore un peu plus une tournure sévère en France avec , depuis quelques jours, une recrudescence des actions de la part des ouvriers de différentes entreprises qui ont annoncées des suppressions d'emplois voir la fermeture de sites. A Grenoble se sont cinq cadres de la société américaine Caterpillar ( groupe de construction d'engins de chantier ) qui sont depuis ce matin retenus en otage dans les bureaux de la direction de l'usine qui a annoncé le licenciement prochain de 733 personnes. A Paris dans l'après-midi c'est le Président de PPR François-Henri Pinault qui a été retenu dans sa voiture alors qu'il sortait d'une réunion du comité d'entreprise de son groupe. PPR a lui aussi annoncé la suppression de 1.200 postes dans ses filiales Fnac et Conforama.
Et ce ne sont que les dernières actions relevées par les médias et il est question de groupes industriels et commerciaux connus. Qu'en est-il des PME de nos régions ? Dans le département du Jura, par exemple, Jura placage, une entreprise spécialisée dans le traitement du bois employant 120 personnes a, la semaine dernière, annoncée que la production allait être gelée et les ouvriers mis au chômage partiel longue durée durant cinq mois ! Notons que l'entreprise appartient au groupe allemand Danzer qui possède une usine identique en République tchèque d'où l'inquiétude des salariés concernant un possible déménagement des machines. Vive l'Europe !
Le monde est bien en crise et ce n'est pas un poisson d'avril !
Yann Redekker
Les Effets de manche de Sarkozy avant le G20
Parti de la France
Communiqué du Parti de la France du 31 mars 2009
Nicolas Sarkozy prétend ruer dans les brancards lors du G20 si "ça n'avance pas".
Alors que le président de la République française est un mondialiste
convaincu, un adepte du libre-échange mondial, un partisan acharné de
l'ouverture des frontières, voilà qu'il se pose en chef de file du "combat pour la moralisation du capitalisme financier et pour la refondation d'un capitalisme mieux régulé".
Comment prendre au sérieux cette agitation médiatique de la part d'un pompier pyromane ?
Afin de lutter contre la crise économique mondiale provoquée par ceux qui feignent de s'en désoler aujourd'hui, le Parti de la France propose la mise en place d'un protectionnisme national et européen basé sur un patriotisme économique et social afin de préserver et de renforcer toutes nos filières de productions, de défendre nos entreprises et nos emplois, de produire en France avec des Français.
Propos de Frêche sur les Harkis : une relaxe scandaleuse et honteuse !
Front National
Communiqué de Louis Aliot du 31 mars 2009
Le Président socialiste de la région Languedoc-Roussillon vient d’être
relaxé par la Cour de cassation ce jour pour ses propos scandaleux
tenus à l’encontre des harkis.
On imagine le tollé général qu’aurait suscité ce genre de propos dans
la bouche de l’un de nos responsables et la persécution judiciaire qui
n’aurait pas manqué de suivre ! La justice en France est désormais à
géométrie variable selon que vous êtes puissant ou misérable…
Il est scandaleux que Frêche utilise la mémoire de la guerre d’Algérie
pour sa promotion personnelle alors que les socialistes, les
communistes et les gauchistes amis du FLN sont les complices des crimes
qui ont été commis en Algérie !
La guerre d’Algérie a été une tragédie pour les Pieds-noirs et pour les
musulmans restés fidèles à la France. Le pouvoir gaulliste a abandonné
l’Algérie à une bande de terroristes socialistes (socialistes comme
monsieur Frêche) coupables des pires crimes contre l’humanité,
assassinant ou chassant les pieds-noirs, torturant et massacrant avec
des raffinements de cruauté plus de 150 000 Harkis.
Après l’exode des pieds-noirs, les massacres et la trahison, l’Algérie
n’a jamais plus retrouvé l’eldorado qu’elle avait connu avec la France.
Censure, barbarie, meurtres encouragent une tradition déjà bien ancrée
dans la société politique algérienne, celle du secret, imposée avec la
clandestinité dans la lutte anticoloniale et favorisée par la culture
de parti unique qui s’installa après l’indépendance avec l’Islam comme
religion d’État.
Aujourd’hui comme hier, insultés et méprisés par une classe politique
moralement corrompue, j’espère qu’ils ne se tromperont pas en juin 2009
et qu’ils se souviendront qu’en septembre 1956, un jeune parlementaire
du nom de Jean-Marie Le Pen prit congé de l’Assemblée nationale, pour
rejoindre en tant qu’officier son régiment de Légion étrangère.
Depuis, avec ses amis, il n’a jamais manqué au combat de cette mémoire et à ses amis harkis et rapatriés.
G20: Sarkozy menace de claquer la porte au sommet de Londres
Moscou, 31 mars - RIA Novosti. Le président français Nicolas Sarkozy a menacé lundi de saper le sommet du G20 programmé pour le 2 avril à Londres, si on ne tient pas compte des exigences de Paris sur la régulation financière, rapporte le quotidien britannique Times.
La France n'acceptera pas un G20 obtenant un "faux succès" avec des paroles qui sonnent juste, mais ne contiennent aucun engagement, a indiqué Xavier Musca, secrétaire général adjoint de l'Élysée pour les questions économiques, cité par le Times.
A la question de savoir si cela signifiait que le président quitterait le sommet, M.Musca a indiqué que la règle de base de la dissuasion nucléaire consistait à ne pas indiquer le moment où on a l'intention d'utiliser les armes.
M.Sarkozy, qui accuse les "Anglo-Saxons" d'avoir provoqué la crise économique, a annoncé la semaine dernière à ses ministres qu'il quitterait le sommet de Gordon Brown (premier ministre britannique), si cela ne marchait pas. La menace française a fait monter la tension à Londres la veille de l'arrivée du président américain Barack Obama prévue pour ce mardi. Si M.Sarkozy met sa menace à exécution, il peut ruiner le sommet que MM.Brown et Obama jugent vital pour la relance économique internationale.
Le renforcement de la régulation des institutions et des marchés financiers sera au centre du sommet du G20, mais la France insiste sur la création d'un régulateur financier global, idée à laquelle les États-Unis et la Grande-Bretagne sont farouchement opposés. M.Brown l'a même qualifiée de ridicule, selon le Times.
L'Allemagne et d'autres pays sont aussi hostiles à la création d'un régulateur financier global et M.Sarkozy devrait savoir que sa proposition ne sera pas acceptée. Dans le même temps, les pays du G20 reconnaissent que leurs régulateurs nationaux doivent coopérer plus activement en contrôlant notamment les activités des sociétés opérant dans plusieurs pays.
Le sommet du G20 consacré à la crise financière mondiale se déroulera à Londres du 1er au 2 avril. Il réunira une quarantaine de délégations qui comprennent au total quelque 500 délégués.
Sur la plage déserte de Troie
Union Démocratique du Centre
Cet article signé par Ueli Maurer qui est Conseiller fédéral en charge du Département fédéral de la Défense, de la protection de la population et des sports ( DDPS ), en quelque sorte le ministre de la Défense en Suisse, est, certes, consacrée à la vision helvétique des futurs et probables conflits qui pourraient assez prochainement nous toucher de très près. cependant, il suffit de se souvenir de notre position nationale française pour constater qu'il s'adapte fort bien à notre situation. YR
Article de Ueli Maurer publié le 30 mars 2009
Vous connaissez sans doute cet événement marquant de
la mythologie grecque qu'est l'histoire de Troie, cette ville
florissante implantée sur la côte d'Asie mineure qui fut assiégée
pendant dix ans par l'armée grecque. Les Troyens, qui pouvaient voir
leurs dangereux ennemis en chair et en os, étaient fermement décidés à
défendre leur ville et à repousser leurs adversaires, ce qu'ils sont
parvenu à faire…
Jusqu'à ce jour où
les assiégeants ont soudainement disparu. Ils s'étaient retirés. La
flotte grecque était partie. La plage de Troie était déserte. Les
envahisseurs n'avaient laissé derrière eux qu'un cheval de bois. Un
cadeau.
Mais où est donc l'ennemi ?
Qui est l'ennemi ? De l'ennemi, plus aucune trace. Les ennemis sont
devenus des amis. Le cadeau le prouve. La paix est retrouvée. Perturbée
seulement par la malheureuse Cassandre qui ne veut pas croire à la
paix, et qui les avertit d'un danger. Et puisque personne ne veut
gâcher leur joie, on chasse promptement cet oiseau de mauvais augure
hors de la ville. S'il est encore un ennemi, c'est bien elle qui ne
veut pas croire à la paix.
Et c'est
ainsi que s'accomplit un destin funeste: les Troyens déposent leurs
armes. Ils démolissent le mur d'enceinte de leur ville pour permettre
au cheval gigantesque d'y entrer. Insouciants, ils fêtent le
commencement d'une nouvelle ère, sans ennemi ni dangers.
Mais: l'ennemi revient la nuit même. Troie est réduite en cendre et sa population massacrée.
Une armée pour la paix et la liberté
Lorsque
l'armée soviétique s'est retirée d'Europe orientale après la chute du
Mur de Berlin, elle n'a pas laissé de cadeaux derrière elle, mais des
Etats économiquement ruinés. L'effet était pourtant similaire:
Celui
qui, à l'heure actuelle, s'engage pour une armée, pour une armée forte,
pour une armée qui garantisse notre paix et notre liberté, doit
sempiternellement répondre à ces questions: Où est l'ennemi ? Qui est
l'ennemi ?
Ces questions semblent
pertinentes et subtiles. Car pourquoi devrions-nous investir dans des
millions de jours de service et des milliards de francs des
contribuables pour une armée si l'on ne sait pas exactement dans quel but nous l'engageons?
La réponse va de soi: parce que nous savons pourquoi nous
l'engageons. Cela seul suffit. Car nous savons très bien pourquoi nous
l'engageons: nous l'engageons parce qu'elle est le garant de notre paix
et de notre liberté.
La question de
l'ennemi est donc secondaire. Car elle passe à côté de l'essentiel. La
question fondamentale doit être: Faut-il renoncer à un moyen ultime
pour assurer la liberté ? Doit-on effectivement abattre les murs de la
ville pour la seule raison que la plage de Troie est déserte, pour la
seule raison que la menace ne nous saute pas aux yeux ?
Il
faut faire preuve d'un peu d'imagination et de jugeote lorsque l'on se
trouve sur la plage déserte de Troie. Il ne faut jamais oublier que
l'histoire est un éternel recommencement.
Les
faits historiques ne se répètent pas, mais l'histoire, dans ce qu'elle
a de fondamental, repose, de tout temps, sur des constantes. Et une de
ces constantes s'appelle la volonté de puissance. La volonté de
domination, d'ascendance sur autrui, sur les plus petits et les plus
faibles, voilà la vraie raison des conflits, des crises et des guerres.
Et ce depuis toujours. Ou tout au moins depuis la chute de Troie, car
la beauté d'Hélène s'est évanouie peu après la destruction de la ville.
L'histoire est un éternel recommencement
La
volonté de puissance perdure, quelles que soient les époques, quel que
soit l'objet de la domination ou les raisons d'un déploiement de force.
Le type de puissance et de domination varient en fonction de
l'évolution de la société, de la situation économique et des
technologies.
Une fois, la volonté de puissance porte sur l'endroit où les gens vivent. Sur le territoire. Une fois, elle porte sur les moyens qui permettent aux gens de vivre. Sur l'argent, les débouchés et les ressources. Une fois, elle porte sur la manière de vivre. Sur les idéologies ou la religion.
Et
toujours, la volonté de puissance porte sur les possibilités qu'ont les
hommes à entretenir des contacts. Sur les voies de communication par
terre ou par mer. Et désormais aussi sur les liaisons virtuelles du
cybermonde.
Prenez les conflits
actuels. C'est la volonté de puissance, quelle que soit sa forme, qui
est à leur origine. Dans le cas des Balkans et du Caucase, il s'agit de
conflits territoriaux.
Et les combats
pour la répartition des ressources, du pétrole, du gaz, de l'eau, de
l'argent, de l'assiette fiscale ou des parts de marché. Les uns
cherchent une issue en recourant à la brutalité d'une guerre
traditionnelle, les autres en recourant aux moyens plus subtils des
conflits économiques ou aux pressions diplomatiques, juridiques ou
pseudojuridiques.
Ou
l'importance politique de la religion: avec la chute du bloc
communiste, c'est toute une époque de conflits idéologiques qui a pris
fin. Les années du pragmatisme n'ont été qu'éphémères. La religion
remplace l'idéologie. Le combat et les visions autour de l'organisation
de notre société, autour de ce qu'il faut considérer comme le bien ou
le mal, renaissent.
Le terrorisme
islamiste, qui touche désormais l'Europe, montre que notre société des
libertés a des ennemis prêts à recourir aux armes. Le danger ne s'est
pas estompé: ainsi, la Grande-Bretagne veut désormais instruire 60'000
personnes aux moyens de défense contre le terrorisme. Actuellement, le
gouvernement britannique considère comme "élevé" le risque d'une
attaque terroriste imminente.
Lorsqu'on
tente de lire entre les lignes, on voit surgir la compétition pour la
domination sur les voies de communication. Le dernier exemple en date
est la Somalie: les grandes puissances du monde, les Américains, les
Chinois, les Indiens, les Russes, les Iraniens, tous envoient des
navires de guerre croiser sur la route qui mène à Aden. A cause des
pirates ? Non. Ceux-ci ne sont qu'un prétexte pour envoyer des troupes
dans une zone géostratégique brûlante. Car il s'agit, en fin de compte,
de la route qui relie l'Europe à l'Asie.
Conséquences pour la Suisse
Quelle
est maintenant l'importance de ces quatre types de conflit pour la
Suisse ? Quelles conséquences en tirer pour notre politique de sécurité ?
Si les chercheurs en matière de
conflit tiraient leurs conclusions sur la base de longs délais de
préalerte pour des guerres en Europe, un seul type de conflit leur
viendrait à l'esprit: une guerre territoriale conventionnelle entre
Etats. Et si l'on prenait les guerres mondiales comme base de
référence, on pourrait, le cas échéant, leur donner raison.
Mais
les conflits territoriaux changent aussi: est-il possible que la lutte
archaïque pour le pays et le sol reviennent en Europe sous une autre
forme ? Des signes avant-coureurs le montrent. Je pense à certaines
zones des grandes villes d'Europe occidentale où l'ordre étatique a
quasiment disparu. Aux banlieues dominées par des bandes de jeunes qui
se battent entre elles ou avec la police pour obtenir la suprématie sur
quelques bouts de rues. Je le dis clairement: ce danger peut aussi
guetter la Suisse !
L'actualité nous
donne l'occasion d'observer quotidiennement le fait que la domination
sur les ressources est souvent à l'origine des conflits. Il suffit de
regarder attentivement les nouvelles en provenance des régions les plus
ensanglantées de la planète pour s'en convaincre.
Mais
la lutte pour les ressources touche aussi des endroits de la Terre
réputés pacifiques et civilisés. Et les signes précurseurs n'épargnent
pas l'Europe. Ainsi, l'hiver dernier, la "guerre du gaz" entre
l'Ukraine et la Russie a plongé les habitations des pays d'Europe
orientale dans le froid. Le combat pour la répartition des ressources
devient plus âpre. Les conflits se rapprochent. Secoués par la crise
financière, les Etats défendent de nouveau plus fermement les intérêts
qui leur sont propres. Je le dis clairement: les premiers effets se
font déjà sentir en Suisse.
L'émergence
de nouvelles religions dans notre pays également ne peut être ignorée.
A Madrid et à Londres, le combat contre l'ordre social occidental gagne
en puissance. Je le dis clairement: la Suisse n'est pas immunisée
contre de telles menaces; nous aussi nous pouvons être la cible des
extrémistes.
Les voies de
communication ont toujours joué un rôle majeur dans l'histoire de la
Suisse. Ils ont donné à notre pays une importance stratégique et, dès
lors, un certain poids. La forteresse du Gothard en est une preuve
solide dans le plus pur sens du terme. Dans les sociétés de plus en
plus axées sur l'informatique, la lutte s'étend à présent aux liaisons
du monde virtuel. Je le dis clairement: il serait naïf de croire que
nos transversales alpines et nos liaisons informatiques ne constituent
pas des cibles de choix pouvant justifier des attaques.
L'être
humain ne change pas. C'est pour cela qu'il s'efforce toujours
d'accroître sa puissance en maîtrisant les rouages de la politique
internationale. Le monde reste un endroit peu sûr. Le monde de la
grande fraternité humaine où tous les êtres humains se donnent la main
est une utopie et un pieux souhait.
Quant
à la question de l'ennemi, nous y répondons en attirant l'attention sur
le caractère varié que présentent les menaces et les risques. Lorsqu'on
installe une alarme pour protéger son argent, son foyer et ses biens,
le nom des cambrioleurs potentiels importe peu. Cependant, si l'on
évalue les possibilités d'un éventuel cambriolage, on bloque les
possibilités d'accès à la maison ou à l'appartement, et on contrôle les
serrures des portes et les fenêtres.
Il
en va de même pour notre pays: tant que l'on est susceptible de nous
prendre quelque chose, nous sommes menacés. Territoire, argent et
capacités économiques, axes de liaison ou même notre ordre social
libéral. Ce sont là des raisons qui ont déclenché des conflits par le
passé, et qui pourraient bien en déclencher d'autres à l'avenir
également.
Des leçons tirées de cet
état de fait dépend la formulation d'une politique de sécurité globale.
Une politique de sécurité qui n'écrit pas ses scénarios-catastrophes en
fonction d'un budget, mais, au contraire, qui adapte son budget selon
les dangers. Donc une politique de sécurité que l'on peut définir de
globale puisqu'elle couvre toute la palette des dangers.
Une
politique de sécurité qui tienne aussi compte de tout ce qui pourrait
améliorer effectivement la sécurité du pays. Il s'agit donc de voir si
les coopérations et les engagements internationaux accroissent vraiment
la sécurité de la Suisse ou s'ils nous entraînent dans des conflits
internationaux et se traduisent par de l'insécurité pour le pays. Car
la notion qui prime dans celle de la politique de sécurité, c'est bien
la sécurité et non pas la politique.
Devant
ce constat, l'organisation, l'importance et les tâches de l'armée
doivent aussi faire l'objet d'un examen. Ne se préparer qu'en vue des
scénarios les plus probables et les plus pratiques ne suffit pas. Nous
devons aussi être armés pour affronter le scénario le plus dangereux
qui soit. Et nous en pourrons relever un tel défi que si nous disposons
d'une armée qui soit prête à l'engagement.
Le président de SocGen toucherait un million d'euros de retraite
édition du 31 mars 2009
PARIS (Reuters) - Daniel Bouton, président de la Société Générale, pourrait toucher une retraite d'un million d'euros par an, rapporte L'Express sur son site internet.
L'hebdomadaire explique que, selon le "document de référence 2009" de la banque déposé auprès de l'Autorité des marchés financiers le 4 mars, la banque a provisionné près de 33 millions d'euros pour les retraites de ses six mandataires sociaux, dont fait partie Daniel Bouton, avec pour hypothèse le versement d'une pension pendant vingt-trois ans.
Il en résulte, explique L'Express, un montant moyen de 240.000 euros par an perçu par chaque mandataire.
S'ajoute à ce montant une retraite de base de 727.500 euros par an pour Daniel Bouton, précise L'Express, dans la mesure où le président de la banque a obtenu le droit de conserver le bénéfice d'un régime surcomplémentaire de retraite qui lui était applicable quand il était encore salarié du groupe.
"Au total, la retraite de Daniel Bouton pourrait donc approcher, voire dépasser, un million d'euros", affirme le journal.
Karim Benzema, plus gros salaire de Ligue 1
20 Minutes
édition du 31 mars 2009
À défaut d’occuper la première place du classement des buteurs, Karim Benzema se console avec le titre cher à son banquier de joueur le mieux rétribué du championnat de France en 2008.
Avec un salaire annuel de 4,8 millions d’euros à verser sur son compte
jeune actif, le Lyonnais de 21 ans devance le Parisien Claude Makelele
(4,6 millions) et son partenaire de club, Juninho (4,5 millions).
A l’étranger, les billets sont encore plus verts. David Beckham
est pour la quatrième fois depuis 1999 le footballeur le mieux payé au
monde avec 32,4 millions de revenus, dont 26 millions proviennent de
ses revenus publicitaires. Avec 28,8 millions, Lionel Messi talonne l’Anglais. Et lui ne peut compter que sur ses pieds. Le premier Français, Thierry Henry, reste 5e (17 millions d'euros).
Du côté des entraîneurs, Luiz Felipe Scolari (12,5 millions) devance
José Mourinho (11 millions) au bénéfice d’une prime de licenciement de
trois millions d’euros versée par Chelsea.
A 21 ans, Karim Benzema vaut encore trois fois moins qu’un entraîneur sexagénaire au chômage. Il a encore le temps de progresser.
lundi 30 mars 2009
Le manifeste de Zénon
Yvan Benedetti
Article de Yvan Benedetti
On ne peut qu’être abasourdi par les réactions primaires et
irrationnelles que suscite, à nouveau, ces derniers jours, ce que l’on
pourrait qualifier d’ « Affaire du Détail 2 ».
Abasourdi
que tant de bonnes consciences moralisatrices s’effraient de la libre
parole d’un homme précisément libre et sensé, s’exprimant avec
honnêteté et courage, dans le pays qu’on ne cesse de définir comme la
terre d’élection de la Liberté et de l’Esprit et qui se veut l’héritier
audacieux de la Divine Philosophie des Lumières.
Abasourdi qu’on dénie à un homme politique aussi incontournable que
Jean-Marie Le Pen le droit élémentaire à la libre pensée. Est-il
nécessaire de rappeler en effet que Le Pen n’est pas le premier venu,
qu’il représente des millions de Français et qu’il fait partie - cela
n’est tout de même pas anecdotique - de cette petite minorité de
politiques qui eut l’honneur d’accéder au deuxième tour de l’élection
présidentielle?
Est-il nécessaire aussi de rappeler, malgré ses défauts, l’acuité de
son sens politique, les qualités de visionnaire qu’il a démontrées tout
au long de sa carrière, ainsi que son bon sens, l’étendue de sa
culture, la cohérence, la constance et la solidité de sa pensée, la
pertinence et l’efficacité de son discours, la probité de son long
engagement quand la plupart de nos hommes politiques se distinguent, au
contraire, par leur vacuité, leur vanité, leur goût immodéré pour le
mensonge et la rhétorique creuse, leur opportunisme et leur
incompétence!
Le Pen n’est pas un « parvenu » de la politique, c’est un homme de la
IVème, un « vieux cheval » qui a connu la Seconde Guerre Mondiale,
l’Indochine, l’Algérie et la constitution de la Vème République. Il
possède une expérience de longue durée. Expérience au cours de laquelle
il a sans cesse prouvé son attachement au système démocratique et
parlementaire, ayant d’ailleurs ramené la droite nationale dans le
giron républicain quand celle-ci, écoeurée et désespérée après la
tragédie algérienne, n’envisageait guère d’autre issue qu’un coup de
force. Sa loyauté incontestable à l’égard du modèle républicain - que
certains dans notre camp ont vivement dénoncé - ne lui a cependant pas
ôté son libre-arbitre et son indépendance d’esprit. Lui fait-on payer
autre chose aujourd’hui que son refus définitif d’être assujetti, «
vassalisé » au despotisme d’une idéologie simpliste, créée à des fins
peu morales, en vérité, par le gros argent et ses inféodés de la sphère
médiatique, qui nous rebattent les oreilles des mêmes poncifs dangereux
et absurdes et qui, pour préserver leur pouvoir absolu, brûlent et
questionnent publiquement l’impudent qui ose s’en écarter?
Un homme politique, digne de ce nom, n’a pas à se soumettre à la doxa.
Il doit, à l’inverse, se comporter en guide, en pédagogue, en
précurseur. Si les esprits les plus éclairés quant aux arcanes de
l’Histoire et de la Politique ne parlent plus, alors qui le fera?
Quelle compréhension aurons-nous des règles du jeu qui président à nos
destinées ? Qui nous aidera à construire notre réflexion et notre
jugement? Veut-on vraiment réduire définitivement nos esprits en
esclavage et nous ravaler au statut de troupeau aveugle et bêlant?
On nous expliquera qu’on cherche simplement à bâillonner les « voix du
mal » afin de mieux garantir notre bonheur à venir. Mais « l’enfer
n’est-il pas pavé de bonnes intentions? » Qu’on se souvienne de ces
paroles de Diderot, penseur autorisé de notre époque sectaire: « Un des
plus grands malheurs qui pût arriver à une nation, ce serait deux ou
trois règnes d’une puissance juste, douce, éclairée, mais arbitraire:
les peuples seraient conduits, par le bonheur, à l’oubli complet de
leurs privilèges, au plus parfait esclavage (…) Malheur aux sujets en
qui l’on anéantit tout ombrage sur leur liberté, même par les voies les
plus louables en apparence. Ces voies n’en sont que plus funestes pour
l’avenir. C’est ainsi que l’on tombe dans un sommeil fort doux, mais
dans un sommeil de mort, pendant lequel le sentiment patriotique
s’éteint, et que l’on devient étranger au gouvernement de l’Etat. » Ne
nous y trompons pas: l’impossibilité de plus en plus radicale
d’exprimer, en France, son opinion librement est une tyrannie extrême
qui s’attaque à une fonction vitale de notre peuple: sa faculté de
penser et donc, ô malheur, de s’opposer! De plus en plus d’idées,
légitimes et saines sont décrétées « immorales » par la nouvelle
théologie imaginée par certains despotes qui se sont crus autorisés à
ériger de nouveaux tabous prétendument supérieurs, après avoir
soigneusement et patiemment détruit les anciens qui, seuls,
garantissaient l’équilibre et la vitalité de nos sociétés
traditionnelles. Peu à peu, des problématiques qui ne concernaient que
les seuls domaines sociétal, historique, scientifique, philosophique ou
artistique ont été asservies aux préceptes totalitaires de cette
néo-morale irrécusable, et détournées vers le domaine judiciaire.
Certaines pensées ont été chassées du champ naturel de la discussion et
du débat et tenter de les énoncer expose à de lourdes sanctions. D’une
manière insidieuse, la dictature de la pensée unique a peu à peu
circonvenu notre espace de liberté comme le fait le lierre autour de
l’arbre.
Les mises en examen pour « déviationnisme idéologique » se sont
multipliées ces dernières années. On ne peut, hélas, en dresser la
liste exhaustive et l’on se contentera d’évoquer les affaires les plus
récentes: le traitement ainsi réservé à l’école révisionniste, au
journal Rivarol pour une fois de plus les propos de Le Pen sur
l’occupation allemande; à l’ex-député Christian Vanneste - condamné
pour « homophobie » en 2006; à l’une de nos plus emblématiques
concitoyennes, Brigitte Bardot - déjà condamnée à quatre reprises à des
peines de plus en plus lourdes et au sujet de laquelle le substitut du
procureur, Anne de Fontette, qui officiait déjà contre Rivarol et
Jean-Marie Le Pen, s’est dite « fatiguée » par un cinquième procès pour
« haine raciale »; à Bruno Gollnisch, chassé comme un pestiféré de
l’université et condamné très lourdement pour contestation de crime
contre l’Humanité; à Renaud Camus et à Dieudonné condamnés pour
antisémitisme; à Alain Finkielkraut contempteur de l’équipe de France
de football « black-black-black »; à Kemi Seba de la Tribu Ka,
emprisonné pour antisionisme; à Pascal Sevran ayant osé critiquer la
fécondité exponentielle des Africains et plus récemment, à Bruno
Guigue, sous-préfet limogé après des propos contre Israël.
La France croule désormais sous le poids écrasant des lois
liberticides. Le carcan intellectuel se resserre dramatiquement. Après
la loi du député communiste Gayssot en 1990, les lois Perben I et II,
après la loi dite Taubira en 2001 sur l’esclavage, va être entérinée la
loi de 2006 relative au génocide arménien… et cela ne fait que
commencer car la logique communautariste doit déboucher sur autant de
lois dites « mémorielles ». On nous imposera bientôt des commandements
sacrés sur l’homoparentalité, l’euthanasie, et nul ne pourra en
discuter le bien-fondé sous peine d’être férocement vilipendé puis
excommunié du Paradis de la Bien-Pensance.
Il n’appartient ni aux parlementaires ni aux juges et encore moins aux
hyènes médiatiques, de réécrire l’Histoire, discipline ô combien
complexe et sujette à débats, controverses et révisions! De même, il
n’appartient ni aux saltimbanques surmédiatisés ni aux « liseurs » de
prompteurs, armés d’oreillettes inquisitrices de définir la morale
politique et l’éthique. Les défenseurs ardents de la Liberté ne sont
guère indisposés par le simulacre de démocratie dans lequel nous vivons
depuis trop longtemps, les électeurs nombreux du Front National étant,
par exemple, honteusement privés de toute représentation parlementaire.
N’est-ce pas d’ailleurs avec le plus grand fanatisme et le plus grand
mépris pour la liberté de pensée et d’opinion qu’ils organisèrent entre
les deux tours de l’élection présidentielle de 2002 une formidable
chasse à l’homme, au cours de ce qu’il est convenu d’appeler « la
quinzaine de la haine »?
De nombreux intellectuels réagissent aujourd’hui face à la montée
vertigineuse du sectarisme et du totalitarisme idéologique, craignant
de ne plus pouvoir exercer leur fonction ou même leur travail. Certains
esprits audacieux et lucides exigent l’abrogation des lois
liberticides. La liberté d’expression ne se négocie pas au cas par cas:
elle est totale ou elle n’est pas. Le peuple français - existe-t-il
encore suffisamment pour s’en souvenir? - passait jadis pour le peuple
le plus spirituel et le plus épris de liberté. Ne possède-t-on pas,
comme on le dit souvent, l’une des langues les plus fines et les plus
riches au monde, réputée pour sa capacité à exprimer les plus subtiles
délicatesses de l’esprit, ce qui en fit la langue de la diplomatie?
Nous étions hier encore un peuple d’insoumis, de révoltés, de
chicaneurs - diront nos détracteurs - un peuple de poètes, de
philosophes, d’écrivains, de révolutionnaires, jamais rassasié de
liberté et de pensée, passionné de rhétorique et de conversation,
l’esprit critique toujours à l’affût.
Deviendrons-nous les moutons que notre nature profonde nous a empêchés
d’être depuis toujours? Serons-nous demain des veaux comme les autres?
Accepterons-nous la répugnante lobotomie que certains pervers
professionnels veulent nous infliger? La France sera-t-elle changée en
un poulailler industriel et le reste du monde, en planète des singes,
par la politique du nouvel ordre mondial?
Si Le Pen doit aujourd’hui s’arracher la langue comme Zénon d’Elée, ce
philosophe grec, disciple de Parménide qui, pour protester contre son
tyran, se trancha la langue avec ses dents puis la cracha au visage de
son ennemi, alors il nous faudra à tous également offrir notre organe
lingual en sacrifice à la liberté de parole et de pensée. Si les
premiers de nos dialecticiens ne peuvent plus s’exprimer, nous serons
tous réduits à un silence mortifère qui nous mènera tout droit à la
pire des servitudes. Peut-être même, un jour, après les condamnations
judiciaires, nous fera-t-on taire à coups d’embargos ou de
bombardements comme cela se fait déjà dans de nombreuses régions du
monde. Car nos bourreaux, ne l’oublions pas, ont des visions et des
visées universelles. Ils voudraient bien nous servir la même bouillie
idéologique de New-York à Tokyo et du Pôle Nord au Pôle Sud! Qu’ils ne
se réjouissent pas trop vite: il y aura toujours un rebelle quelque
part, fidèle à ses traditions, pour leur tenir tête: un Breton entêté,
un Iranien irréductible ou un Russe obstiné…!
Au-delà des personnes, qu’elles aient nom Le Pen ou Dieudonné, Bardot
ou Faurisson, il s’agit de s’élever au-dessus des chapelles, des
réticences partisanes des tendances diverses, pour défendre un principe
intangible et vitale à notre dignité, et à notre pérennité: la liberté
de pensée et de parole sans condition. Affirmons qu’être libre de
parole et de pensée n’est pas un délit de droit commun. Pour cela,
exigeons l’arrêt de l’Inquisition par l’abrogation de toutes les lois
liberticides en France.
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