_pendageLe journal du Chaos

Article de Patrick Parment publié le 24 avril 2009

Je sais bien qu’il ne faut pas affoler les populations, mais ne nous berçons pas d’illusions, nous entrons dans la crise systémique du capitaliste financier qui a littéralement pourri le système au point d’ailleurs de nous faire dériver d’un régime démocratique vers un régime oligarchique.


Parmi les signes les plus visibles de la crise, il y a tout le secteur automobile qui est le plus spectaculaire. Sauf que la crise dans ce secteur va aller beaucoup plus loin qu’il n’y paraît et qu’il serait temps d’imaginer d’autre modes de propulsion, non polluants, comme l’hydrogène par exemple. De surcroît, sur le plan santé, c’est tout bénef. Par la même occasion cela devrait permettre de redimensionner le secteur pétrolier et fournir d’autres objectifs, bien au-delà de la seule pétrochimie. Le pétrole est une matière riche et qui a de multiples emplois. Là aussi, il va falloir faire preuve d’imagination et faire évoluer le bazar. Avoir du pétrole et des idées.

Reste que le secteur automobile, ainsi que celui des sous-traitants va morfler, certains étant même appelés à disparaître. De nombreuses PMI-PME vont également connaître des jours difficiles et il va y avoir de la casse, parce que les banques ne font pas leur boulot. Je pense, à ce sujet, qu’il faudrait nationaliser les banques et coller de vrais fonctionnaires aux ordres qui auraient pour mission de faire circuler l’argent. Prêter aux entreprises et cesser d’arnaquer les particuliers avec leurs combines à la con. Plus de trafics divers et variés (notamment auprès des collectivités locales), l’argent est investi dans l’industrie, le commerce et les biens collectifs.

Il va y avoir aussi deux problèmes à régler en urgence : le travail des jeunes et l’âge de la retraite. Concernant le travail des jeunes, c’est très simple (je sais on va m’accuser de y a-qu’à … fais ceci, fais cela), il faut rétablir la sélection dès les casses primaires et orienter la grande majorité d’une classe d’âge vers l’enseignement professionnel. C’est et ce sera toujours le cas, seule une minorité a accès aux études longues (environ 20 % d’une classe d’âge). Il serait temps aussi de montrer que les métiers manuels ne sont pas des sous métiers et qu’il vaut mieux être un bon artisan qu’un mauvais fonctionnaire qui s’emmerde. Pourquoi y a-t-il autant de chômage chez les jeunes ? Parce qu’ils manquent de formation et que l’école, en l’état actuel des choses, elle les ennuie profondément. Quiconque a un enfant comprendra.


Quant à l’âge de la retraite, hormis les métiers à forte pénibilité, je ne vois pas pourquoi on ne la porterait pas à 65 ans (c’est déjà le cas pour les journalistes !) tout en laissant à chacun le loisir de la prendre largement au-delà si cela lui convient. Cela n’aurait que des avantages. Députés et sénateurs, que je sache, ne décrochent en règle générale jamais (uniquement contraints et forcés). Au passage d’ailleurs, on pourrait supprimer le Sénat qui ne sert à rien.


Autre grand secteur qui va devoir faire l’objet d’une réforme profonde, c’est toute la filière de l’agroalimentaire. Avec la grande distribution est apparu un authentique fléau : l’emballage. Une vraie calamité si l’on considère les tonnes de papier qui pourraient être récupérées, voici un secteur où il est possible de faire des économies. Vient ensuite l’autre hérésie que constitue le calibrage des fruits et légumes par exemple qui nous a coupé totalement de la diversité des espèces. Sa force de frappe lui permet d’exercer un terrorisme sur les prix dont nous pourrions faire l’économie. Il faut casser la grande distribution et reconfigurer marchés et supermarchés. Et puis, il y a au début de la chaîne, ne l’oublions pas, ce brave paysan qui n’est pas brave du tout. Lui, pour cause de rendement, il tue la terre avec ses pesticides et autres engrais, Pour cela, il serait temps d’harmoniser les productions au niveau européen. Mais que l’Europe arrête avec ses règlements à la con dont personne ne veut et qui n’arrangent que les gros consortium qui vivent des subventions.

Voici donc quelques pistes de réflexion destinées à améliorer notre quotidien et à le recycler davantage sur le besoin que sur l’abondance. Reste que le chômage, technique ou non, va continuer de monter et que cela risque fort de déboucher sur les problèmes liés à l’immigration, légale ou pas. Les tensions sociales sont à la hausse et le gouvernement n’a pas intérêt à fermer les yeux comme il l’a toujours fait jusqu’à maintenant.