KanaksLe Nouvel Observateur

édition du 12 février 2010


L
e sujet est sensible. Enlisé depuis des années, bien que prévu par l'Accord de Nouméa de 1998, le débat sur les signes identitaires en Nouvelle-Calédonie est relancé cette semaine par l'annonce, par l'UMP local, de son acceptation du drapeau indépendantiste kanak à côté de l'emblème tricolore.

Dans une interview aux Nouvelles Calédoniennes, Pierre Frogier, député UMP, propose d'accepter le drapeau indépendantiste - une flèche faîtière dans un soleil sur fond bleu, rouge et vert - "pour représenter cette part de la Nouvelle-Calédonie mélanésienne et océanienne indissociable de son identité européenne et française".

Il souhaite cependant que les indépendantistes "lèvent toute ambiguïté et l'apportent comme un symbole culturel débarrassé des violences dont il est entaché".

"En additionnant nos deux légitimités, nous aurons fait un nouveau pas l'un vers l'autre", indique-t-il aussi.

 Vers un référendum d'autodétermination

Les déclarations de Pierre Frogier ont surpris alors que le débat sur la définition de l'hymne, du drapeau et de la devise fait du sur-place.

Jusqu'alors le Rassemblement-UMP, présidé par Pierre Frogier, s'était montré réticent sur ces symboles, mais le député a placé sa proposition dans la voie ouverte par le président de la République, lors de ses voeux à l'outre-mer.

Alors qu'un référendum d'autodétermination doit être organisé entre 2014 et 2018 en Nouvelle-Calédonie, Nicolas Sarkozy a souhaité que "bien avant 2014 s'ouvrent des discussions" pour parvenir à la définition d'un statut consensuel, à même d'être approuvé "par une très large majorité".

En avril, un comité des signataires de l'Accord de Nouméa doit se tenir à Matignon.

 Une initiative saluée

Dans les rangs indépendantistes, la concession de la droite a plutôt été bien accueillie.

"C'est l'engagement dans une démarche constructive pour le pays. Le destin commun ne doit pas rester une formule littéraire", a déclaré Charles Pidjot, président de l'Union calédonienne, parti du FLNKS.

Jean-Pierre Djiawé, élu Palika (FLNKS) de la province nord, s'est lui aussi félicité de cette proposition, soulignant cependant que dans sa collectivité et en province des îles Loyauté, également gérée par les indépendantistes, les deux drapeaux flottent déjà côte à côte.

Élu centriste, Didier Leroux a lui estimé qu'il "aurait préféré un drapeau commun", tout en saluant l'initiative de Pierre Frogier "qui est dans l'ordre naturel des choses".

(Nouvelobs.com)

La réaction du FN calédonien

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