KhadafiLe Point

édition du 16 février 2010


La mesure est sans appel. Tripoli a annoncé qu'elle n'accorderait plus de visas aux citoyens de l'espace Schengen. Une décision qui a aussitôt poussé la France et l'Italie à déconseiller à leurs ressortissants de se rendre en Libye.
 
Aucune explication officielle n'a été fournie par la Libye concernant cette interdiction, annoncée dimanche, mais il ne fait aucun doute qu'il s'agit en réalité d'une mesure de rétorsion qui fait suite à la décision récente de la Suisse d'interdire à 188 responsables libyens d'entrer sur son territoire. Parmi eux, le colonel Kadhafi et sa famille, des responsables du Congrès général du peuple (Parlement), du gouvernement, ainsi que des "responsables économiques" et des "dirigeants militaires et des services de sécurité".
 
Une "affaire Hannibal" qui dure depuis 2008  
 
La crise entre Berne et Tripoli a éclaté après   l'interpellation musclée , en juillet 2008, à Genève, d'un fils du colonel Kadhafi, Hannibal, et de son épouse, sur une plainte de deux domestiques accusant leur employeur de mauvais traitements. "L'affaire Hannibal" a depuis envenimé les relations entre Tripoli et Berne, qui ont pris des mesures de rétorsion : retrait d'avoirs bancaires des banques suisses et départ forcé des sociétés helvétiques du côté libyen, politique restrictive de visas Schengen envers les ressortissants libyens du côté suisse. Tripoli retient par ailleurs toujours deux hommes d'affaires suisses accusés de "séjour illégal" et d'"exercice d'activités économiques illégales".
 
Les autorités libyennes ont déjà protesté, en novembre 2009, contre une "politique européenne" qui limitait l'octroi de visas Schengen aux Libyens, dénonçant une "solidarité systématique et programmée" avec Berne. Elle a menacé, plus récemment, de durcir sa politique de visas à l'encontre des Européens. C'est désormais chose faite.