CharleroiTF1 actualités

édition du 11 mars 2010

Une enseignante musulmane, professeur de mathématiques et de physique dans une école communale de Charleroi, a obtenu devant la justice le droit de faire cours en portant le voile, a rapporté jeudi la radio RTBF. En début d'année scolaire, la direction de l'école, qui dépend de la ville de Charleroi, a demandé à la jeune femme de retirer le voile qu'elle portait en classe depuis deux ans et demi, selon la chaîne publique belge.

L'enseignante a refusé et porté l'affaire en justice. En première instance, le tribunal de Charleroi a donné raison à la direction, au nom d'un décret sur la "neutralité" de la Communauté française de Belgique (l'institution compétente pour l'enseignement francophone en Wallonie et à Bruxelles).

Foulard, kippa ou croix

Cette décision a été cassée par la Cour d'appel de Mons, qui a estimé que le décret en question n'était valable que pour les écoles faisant partie du réseau directement géré par la Communauté française. Or, l'école où exerce l'enseignante musulmane ne fait pas partie du réseau de la Communauté française mais est une émanation de la ville de Charleroi, qui n'a pas précisé dans ses règlements qu'elle interdisait à ses enseignants le port de signes religieux, a relevé dans son jugement la Cour d'appel, citée par la RTBF.

"La cour rappelle qu'il faut un texte précis pour déroger au principe de la liberté d'expression, ce que la ville de Charleroi n'a pas fait. Elle est donc condamnée à réintégrer son enseignante dans les 10 jours en l'autorisant à porter le foulard islamique", a déclaré à la radio l'avocat du professeur, Jean-Claude Derzelle. "Dans ses attendus, la cour autorise le port de signes religieux par les enseignants, qu'il s'agisse du foulard, de la kippa ou d'une croix, du moment que l'on ne cherche pas à imposer ses opinions", a-t-il ajouté.