BoutinLe Point

édition du 9 juin 2010

Christine Boutin perçoit 9.500 euros net mensuels depuis avril pour une mission sur la mondialisation confiée par l'Elysée, révèle Le Canard enchaîné     à paraître mercredi. L'hebdomadaire satirique la présente comme "le prix payé par Sarko pour calmer Christine Boutin".  

"La rémunération est effectivement de 9.500 euros net par mois", confirme l'ancienne ministre dans un communiqué diffusé tard mardi soir. Mais elle se défend de bénéficier d'un passe-droit en la matière et dément l'interprétation qu'en fait l'hebdomadaire. "Cette mission, écrit-elle, correspond à un travail de fond à mener dans la perspective de la présidence française du G20 (novembre 2010-novembre 2011)." Quant à la rémunération, elle a été "fixée par le secrétariat général du gouvernement, sur la base de textes réglementaires qui encadrent la rémunération des ministres, secrétaires d'Etat et hauts commissaires". "Elle s'apparente à celle d'un directeur d'administration, d'un conseiller maître à la Cour des comptes ou d'un conseiller d'État", poursuit-elle. Christine Boutin précise que ses travaux ont débuté début 2010, en liaison avec les ministères du Travail, des Affaires étrangères et des Finances. Elle rendra un "prérapport" en octobre 2010.  

L'ancienne ministre, qui s'était déclarée publiquement "très choquée" par son éviction du gouvernement en juin 2009, a fait entendre à plusieurs reprises sa différence au sein de la majorité. En septembre dernier, elle estimait que l'électorat de droite était "déboussolé" puis jugeait, à la fin de l'année dernière, qu'une loi interdisant le port du voile intégral en France serait "très difficile".

Le Canard enchaîné écrit que l'ancienne ministre a obtenu une revalorisation de sa rémunération en faisant "savoir habilement qu'elle envisageait de se présenter à la présidentielle de 2012". Christine Boutin se défend et affirme ne pas avoir été "bridée dans son rôle de chef de parti politique (ndlr, le Parti chrétien-démocrate)".