UDC_logoLe Temps

édition du 26 juin 2010

A une année et demi des élections fédérales, l’UDC relance l’un de ses principaux chevaux de bataille, l’Union européenne. Christoph Blocher appelle les Suisses à s’opposer à tout rapprochement avec Bruxelles. S’adressant aux délégués de l’UDC réunis en congrès à Delémont, le tribun a ensuite dénoncé la gestion de la crise libyenne par Berne.

Le vice-président de l’UDC a dressé le portrait d’une Union européenne (UE) en pleine déroute avec une monnaie qui perd de sa valeur et des États confrontés à d’importants déficits. «Cette UE est condamnée à l’échec. Non pas l’Europe, mais l’UE», a déclaré avec virulence Christoph Blocher.

Pour la figure charismatique de l’UDC, la Suisse se trouve dans une situation bien plus enviable que d’autres pays européens grâce à la démocratie directe. Christoph Blocher estime que la Suisse ne doit plus conclure de nouveaux accords avec l’Union européenne pour préserver sa souveraineté. Conseil fédéral fustigé

Comme le président du parti Toni Brunner, Christoph Blocher a dénoncé la gestion de la crise libyenne par le Conseil fédéral, parlant d’amateurisme. Il s’en est pris tout particulièrement à la conseillère fédérale socialiste Micheline Calmy-Rey.

«Nous ne voulons pas d’une armée qui fasse des engagements à l’étranger», a lancé sous les applaudissements Christoph Blocher. L’ancien conseiller fédéral a estimé qu’une action militaire suisse à l’étranger pour libérer les deux otages aurait pu déclencher des actions de représailles.

Sans surprise, l’UDC se présente comme le seul parti politique à même de défendre ces valeurs. «La majorité du Conseil fédéral, de l’administration et du Parlement veut toujours entrer dans l’UE malgré le désastre évident de cette organisation». Le parti dit être prêt à se battre tout seul si nécessaire.

Par ailleurs, les délégués de l’UDC soutiennent à une très forte majorité la révision de la loi sur l’assurance chômage. Cet objet sera soumis en votation le 26 septembre. Le référendum lancé par la gauche et les syndicats a recueilli 120 000 signatures. Réunis samedi à Delémont, les délégués ont accepté la révision par 240 voix contre 2 et 11 abstentions, essentiellement des Romands. La majorité estime urgent de procéder à l’assainissement de cette assurance. Ils estiment que si la révision échoue, les prélèvements sur les salaires vont augmenter.

Le projet adopté par le Parlement a pour but de réduire le déficit structurel de l’assurance chômage. Le référendum contre cette révision a déjà recueilli 120 000 signatures alors que 50 000 sont nécessaires. Le délai échoit le 8 juillet.

L’assemblé de Delémont a été marqué par deux absences de marque. Le vice-président démissionnaire de l’UDC Yvan Perrin n’a pas fait le déplacement. Le coordinateur romand de l’UDC Claude-Alain Voiblet écarte toutefois tout lien entre cette absence et le malaise de certains parlementaires romands après le vote sur l’accord UBS. Pour sa part, le Valaisan Oskar Freysinger qui lui aussi a dénoncé le poids des ténors zurichois sur les décisions du parti. «Oskar Freysinger est en vacances», a précisé Claude- Alain Voiblet