Benghazi

Bloc Identitaire

Communiqué de Richard Roudier du 5 avril 2011

Le Bloc Identitaire considère que la France n’a pas à jouer les supplétifs des Américains dont la stratégie est de réduire l’Europe à une simple zone de libre-échange

C’est à Lampedusa que se joue le destin de l’Europe, pas à Benghazi !

Décidément la politique de la canonnière a la vie dure (*). Le Président américain William McKinley l’avait expérimenté au début de 1898 lorsqu’il envoya le navire de guerre Maine « mouiller » dans le port de La Havane. La mystérieuse explosion du navire déclencha la guerre contre l’Espagne, à Cuba et aux Philippines. De Bush -père et fils- à Obama en passant par Clinton, le chef d'orchestre a changé mais la politique est la même (Bosnie, Irak, Kosovo, Afghanistan, Libye...) et les duettistes de Paris et de Londres marchent à la baguette… Il n’y a  guère que les bourgeois-benêts de Saint Germain des Près pour ne pas sentir l’odeur fétide de pétrole que traine derrière elle l’opération « Odyssey dawn ».

Comme disait l’autre : « Au commencement de chaque guerre, il y a toujours un gros mensonge » et nous savons très bien que, si les Américains veulent aujourd'hui la chute de Kadhafi, c'est uniquement pour garder la main  dans la grande partie de poker mondial en vue de l'appropriation des matières premières.  Inutile de préciser que nous n'avions pas plus de sympathie, hier, pour Moubarak ou Ben Ali, que nous  n’en avons aujourd’hui  pour le roi du Barhein, pour celui d'Arabie saoudite ou pour le sinistre Bouteflika … Mais les barbus enturbannés qui tirent des rafales de kalachnikov en vociférant « Allah akbar » dans les rues de Benghazi vont finir par me rendre le colonel sympathique ; car pour paraphraser Churchill, la France et l'Europe n'ont pas d'amis ou d'ennemis mais seulement des intérêts. Or aujourd'hui il est clair que le colonel Kadhafi est un rempart contre la submersion migratoire de l'Europe ; rappelons aux hypocrites –et ils sont nombreux dans la classe politique-  qu’en 2007 le tout Paris se bousculait  à la « petite sauterie » que le président Sarkozy avait organisée dans les jardins de l'Elysée en l'honneur du maître de Tripoli.

De l’opération « fontaines sanglantes » le 11 novembre 2010, visant à dénoncer la mort de 53 soldats français tombés en Afghanistan, à la protestation, la semaine dernière, devant le consulat de Libye à Paris contre les bombardements américains, le Bloc Identitaire démontre, outre sa présence sur le terrain, qu’il n'a jamais varié de ligne. Il considère que la France n’a pas à jouer les supplétifs des américains dont la stratégie est de réduire l’Europe à une simple zone de libre-échange. On se souvient qu’en 1999  les avions de l’US Air Force bombardaient  Belgrade, une capitale européenne, faisant des milliers de morts...

Comme tous les apprentis dictateurs, Sarkozy  recherche à l'extérieur les succès qu'il ne réussit pas à engranger en France. S'il veut jouer les matamores -aux deux sens du terme- qu'il commence par assurer la sécurité dans nos quartiers et dans nos banlieues avant de vouloir jouer le justicier à l'étranger. Enfin, s'il veut entrer dans l'histoire, qu'il utilise son énergie à protéger les côtes italiennes avec la marine française, car l'avenir de notre civilisation se joue en ce moment à Lampedusa et non à Benghazi.